31 mai 2012

Fin de l'année...


Finalement, j'ai réfléchi. Le problème, ce n'est pas ma formation. Au final, c'est assez enrichissant du côté pratique parce qu'après un an, j'ai une tonne d'interview et d'articles à présenter aux professionnels. Je trouvais ça chiant qu'on nous laisse dans la nature et qu'on fasse des trucs créatifs comme de la rédaction d'articles plutôt qu'étudier les théories de la communication mais au final, c'est pas mal. Finalement, c'est ce côté pratique qui m'avantagera pour l'écrit du Celsa : on m'a dit que ce qu'il comptait, c'était sortir du lot. Et les théories de la communication, on trouve ça dans les bouquins sur lesquels bosseront les prépas. Le style et les connaissances seront à peu près uniforme alors que "l'originalité" de ma fac apportera quelques aspérités quand à mes connaissances : j'ai notamment vu l'évolution du Héros des séries nord américaines depuis les années 50, j'ai fait un dossier sur  l'identité discursive de Madmoizelle, un exposé sur une exposition du 104... Bref, des trucs qui me plaisent et assez peu communs ou académiques. Et surtout, je rencontre souvent des professionnels comme des communicants et des journalistes comme le directeur de la rédac de Slate Afrique, un ancien de Libé, des journalistes aux Inrocks comme à Cosmo, du coup ça crée des contacts (hé oui, j'ai leur mail héhé) et une vision du milieu plus proche et pratique. D'autant plus que cet aprèm, la journaliste de Cosmo est une ancienne de la filière et a fortement déconseillé Paris 3 (La Sorbonne Nouvelle) en Master à cause de l'aspect justement trop théorique de la formation. En gros, depuis le début, je me plains peut être un truc qui est bien pour moi...

De cet aspect (que je trouve trop) pratique, je suis habituée à rédiger des articles, à modifier mon style selon les lignes éditoriales (les derniers articles postés sur la télévision sont pour un dossier d'un Causette fake), à traiter de sujets divers... C'est plutôt pas mal pour travailler sa plume, mais du coup, on est appréciés non pas grâce à nos connaissances académiques (primordiale pour les concours) mais pour notre personnalité. Espérons que les correcteurs du Celsa soient du même style... En fait ça me stresse parce que c'est comme si je passais le bac sauf que j'ai ni d'exemples de copies ni d'examen blanc.

En réalité, ce qui me pose problème, c'est l'attitude de certains. Le fait de recevoir le PDG d'un distributeur de films indépendants qui vient nous parler de la promotion d'un film à l'international et qu'on se casse de la salle pour fumer une clope sous prétexte que "nan mais ça m'intéresse pas", ça me laisse plus que perplexe. C'est cette ambiance blasée en permanence qui fait que je déprime. Peu de gens prennent du plaisir à faire ce qu'ils font, s'intéressent aux problématiques qui devraient nous concerner en tant que futurs communicants ou journalistes... Ils ne jouent pas le jeu.

Par exemple, aujourd'hui et demain, on a des débats à faire devant toute la promo (on pioche un sujet et un prof nous attribue le "pour" et le "contre"). Un concept intéressant, qui pourrait être ludique et agréable... Mais moi ça me soule. Y'a pas de coeur à l'ouvrage du coup ça ressemble pas à un talk show comme ça devrait l'être, pour les profs. Du coup, ça me fait trop chier alors qu'à la base, si ça avait été avec des gens qui "jouent le jeu", ça aurait pu être marrant quoi. Je trouve ça plutôt dommage.

Télévision, épisode 25727425


La grille et mon cerveau :
Ambiance barbecue

En famille, entre potes ou en amoureux, la télé nous lie, c’est pourquoi la grille de programmes est savamment construite à partir des activités sociales. Logique commerciale que tu nous tiens… Elle est fondée sur le pouvoir d’achat des différents publics visés : la ménagère et les retraités c’est l’aprèm (ambiance Navarro ou téléfilms romantiques, au choix), les messieurs c’est pendant la pause du PSG-OM et les chômeurs, on s’en fout…


Le matin, je me réveille. Les enfants sont déjà devant la télé devant leur programme favori. Je les emmène à l’école, je rentre chez moi et en tant que parfaite ménagère de moins de 50 ans obnubilée par la propreté du carrelage de ma salle de bain, je regarde le télé-shopping et j’achète à peu près tout ce qui relève du gadget. Puis treize heures sonne, un carrefour de la journée, une heure de grande écoute, un peak time, comme on dit. C’est le JT de Claire qui se finit sur une petite note gentillette, histoire d’effacer la guerre et la faim dans le monde des mémoires. Les enfants retournent à l’école et moi, mère au foyer que je suis, je me prends ma petite pause. C’est l’heure du téléfilm allemand pourri de M6, mais qui est en réalité une bonne leçon de vie et d’espoir. Un peu de paix dans ce bas monde !

Les mioches rentrent. Je leur fait à bouffer en attendant Chéri, pendant l’heure de l’access prime-time, entre 18h et 20h, où entre les jeux télévisés radiophoniques, les publicités matraquent auditivement mon inconscient. Comme ça, je sais que Carglass répare, Carglass remplace, que Groupama sera toujours toujours là pour moi et que les lave-linges durent plus longtemps avec Calgon. Un sacré moyen mémo-technique, encore mieux qu’un post-it.

On mange tous ensemble devant le JT, un ton plus grave et plus sérieux que tout à l’heure. A côté de ça, il y a France 3 qui fait de la contre-programmation avec Plus Belle La Vie (PBLV pour les intimes). Être en marge, c’est vraiment leur truc ! Mais bon, pour finir la soirée, on regarde plutôt une fiction pour se détendre. Hier c’était une série scientifique. Forte captation oblige. Tiens, y’a la Joséphine ce soir. Ambiance bons sentiments et niaiserie dégoulinante : je suis conquise.

En deuxième partie de soirée, maintenant que les enfants sont couchés et que depuis 20h, c’est là où ils vont se faire plus de la moitié de l’argent de la journée, ils ont intérêt à garder notre attention jusqu’au bout. On zappe sur une émission joliment appelé « culture-infos » dans le programme télé. En réalité, on a le choix entre une enquête au cœur des gangs latinos, ultra-sensationnel, et l’intégrale d’une télé réalité non-censurée. En d’autre terme, de la violence ou du sexe. Que de belles représentations du monde j’ai, en allant au lit avec Chéri ! A force, j’en oublierais presque que la télé est un miroir déformant de la réalité.

27 mai 2012

Lonely Boy


Aujourd'hui, je suis allée à la représentation de danse de mon frère au 104. Bon, en soit c'était un mélange douteux de break dance et de danse contemporaine, mais c'était étrange de le voir comme un être indépendant. Genre pas qu'en tant que mon frère quoi. J'étais et je suis toujours très fière de lui qu'il pratique un moyen d'expression artistique et surtout qu'il s'affranchie de sa timidité et de la dépendance du regard des autres. Je sais plus si je l'ai déjà dit mais il est né avec un handicap qui pourrait changer le regard des autres sur lui. Sa fente labiale a été évidemment opérée mais physiquement, il reste des séquelles que les gens pourraient éventuellement trouver bizarre. Je crois qu'il manque un peu confiance en lui et qu'il pense qu'il est inintéressant parce que ma mère ne lui accorde pas d'attention. En parlant d'elle, elle n'est bien sûr pas venue sous prétexte qu'il faisait trop chaud. En mode jmenbalécouy quoi. Moi j'ai trouvé ça extrêmement important de le soutenir parce que c'est pas pour répondre aux préjugés, mais c'est pas comme s'il faisait du foot (il aime bien le foot aussi). Faire de la danse en tant que garçon, c'est un peu difficile vu que ça va à l'encontre des stéréotypes...

Du coup, le voir comme ça, se mouvant sur scène, je sais pas, ça m'a donné les larmes aux yeux. Bon, c'est vite passé, mais ça m'a foutu la boule dans la gorge quand même. Il devient quelqu'un, il se construit et j'assiste à l'élaboration de sa personnalité, de sa façon d'être, ce qui guidera ses goûts et ses choix. Il a arrêté de n'être que mon frère, il devient quelqu'un, enfin. Je repense souvent à mes douze ans et me compare à lui. C'est pas pour faire ma tata Josie mais ça pousse vite ! Je le revois encore tout ptit, me cassant les couilles, et je me revois écrire dans mon journal intime "JE N'EN PEUX PLUS DE MON FRERE" en rayant de toute mes forces son prénom. En vrai, c'est un frère formidable et je pense qu'avec le temps, il n'en deviendra que meilleur. Vu ses fréquentations actuelles, je n'ai pas à m'inquiéter de ce qu'il adviendra (j'ai toujours flippé qu'il vire mal, vu notre contexte socio-économique familial).

Sinon, pour revenir à la question d'indépendance, mais sous un autre angle, j'ai parlé à ma mère de partir de chez moi avec l'argent de la bourse et le salaire que j'aurais peut être si je suis prise dans l'association. Elle a pété un câble et moi aussi. Pour elle, si je pars, on aura plus rien à se dire. La meuf refuse de m'aider. En gros, je vais devoir attendre d'avoir mon premier job stable pour partir, c'est à dire dans pas mal de temps. Elle ne m'aime pas et pourtant, refuse de m'aider pour mon indépendance. C'est une rapiat en soif de pouvoir. Si elle croit que je vais me laisser pourrir chez moi pendant encore cinq ans, elle peut toujours aller courir. Par tous les moyens je partirais de chez moi avant. Si j'entre au Celsa, j'ai décidé de faire un prêt pour vivre toute seule (ou en colocation) trois ans avant d'avoir mon diplôme.

Bon, après la dispute j'étais upset donc j'ai pretexté aller dormir dans mon lit alors que je pleurais. Ma grand mère est venue me voir et on a parlé une bonne heure. Elle a dit que je devais pas en vouloir à ma mère parce qu'elle n'a jamais rien compris à la vie et que c'est comme ça. Puis elle a pleuré de joie parce qu'apparemment, elle est trop fière de moi et qu'il fallait pas que je sois triste parce que tout ce que je fais la maintien en vie (elle a une tumeur). C'était un moment très très très awkward. Je savais plus où me mettre alors que je textotais à mes potes, pur stéréotype de l'ado de la génération Y mais c'était pour me cacher quoi.

PS : Au fait, j'ai retrouvé mon journal intime disparu ! Même que je croyais que les cambrioleurs l'avait subtilisé pour se foutre de ma gueule là. Il était sous un tas de chaussures.

Facts of May

A cause de la reprise de la pilule, j'ai grossi pas mal. Suite à mon haute susceptibilité après un commentaire de la mère de mon copain, à propos de ma ressemblance avec une femme enceinte (oui oui carrément), cela fait deux jours que je fais un régime : j'arrête la viande rouge. Et je bois beaucoup d'eau, chose pas très difficile quand Paris se transforme en Désert du Sahara. ALLEZ ON EST MOTIVE.

J'ai également commandé mes nouvelles lunettes. Je n'ai pris aucune des trois paires que j'avais présenté sur le blog parce qu'elles ne m'allaient pas plus que ça, j'ai donc opté pour les Tracy (Jimmy Fairly). Même la vendeuse s'est jetée des fleurs toute seule n mode "OMGGGGG je les ai prises comme ça mais je pensais pas que ça irait aussi bien !!!!!!!" en mode alone la meuf.

Seul bémol pour le moment : ils sont en mode ouéoué 95€ la paire mais une fois les options rajoutées, elles reviennent au prix d'une paire "normale". J'en ai pour 230 et quelques après avoir pris les anti-reflets et l'amincissement des verres vu que j'ai une très forte correction (c'est-à-dire -5 pour l'oeil gauche). J'espère que je vais pas rapidement m'en lasser et que les avis de ma meilleure amie et de mon copain (et celui de la vendeuse qui se jette des fleurs) seront fiables.

Mon anniversaire est dans un mois, c'est le 30 Juin. Je savais pas quoi faire pour le moment mais Sixtyne m'a proposé de faire un anniversaire groupé chez elle donc voilà, ce sera une fête :) On cherche des idées un peu créatives niveau bouffe ou "animations" ou que sais-je. Si vous avez une idée cool, postez-là svp. C'est mes 19 ans, c'est pas un âge vraiment ouf non plus, donc ça me fait pas grand chose. Mais de manière générale, je sacralise assez les anniversaires. C'est sûrement du aux anniversaires de mon autre meilleure amie, qu'elle fête systématiquement avec un truc plus ou moins fat  et que j'adore depuis le temps que j'y assiste (8 ans) alors que chez mes autres potes, c'est plutôt un jour comme un autre. Mon copain trouve ça mignon qu'on continue d'être en mode gâteau et bougies et tout.

Nevermind. A part ça j'ai fini les cours, il me reste un partiel, la conférence d'une journaliste d'un magazine féminin, un magazine à finir et des débats en amphi à faire puis je commencerai enfin à travailler. J'ai hâte et je me sens anxieuse. J'ai peur de ne pas être à la hauteur ou de ne pas pouvoir assumer toutes mes tâches. Pour regonfler mon ego, j'ai ressorti mon livret scolaire, toujours dans un soupir mélancolique et en manque de mon lycée. "Du caractère !" écrit mon prof de français de première. "Réflexion précise, solide et pertinente. Le meilleur est à venir..." pour mon prof de philo adoré. C'est excessif mais j'ai vraiment le coeur qui se serre en lisant ça. Meuf alone dans son trip. Mais bref, j'ai aussi retrouvé mon relevé de notes du bac, il me manquait 18 points pour en avoir 532 et la mention Bien mais en dépit de mes bonnes appréciations, ils l'ont pas fait. Bâtards, tchiiiip (je sais que le tchip ne me va absolument pas mais je trouve ça drôle).

Je ne veux pas vivre dans le cliché.

Je crois que c'est ça qui m'a toujours perdue. J'ai toujours eu ce besoin de me distinguer. Ca passe par les notes, ou par un furieux esprit de contradiction, mais aussi par un mépris pas possible. Je craque. J'en ai marre de la niaiserie ambiante des filles. Des blogs maquillages aux jeunes filles en perdition genre "han la la, mais qui suis-je au fond ?", j'ai envie de gerber quand je pense à ce que j'ai pu penser de moi il y a quelques mois. Je ne suis pas faible, je ne suis pas fragile. C'est se penser comme tel qui m'a affaiblie. Je me suis victimisé d'une façon phénoménale. C'est fou comme on peut être dépossédée de soi-même quand on connaît une peine de coeur. On ne se reconnaît même plus.

Mais maintenant c'est fini.

Voilà, un petit blablatage inutile.

PS : J'ai aussi décidé de me racheter un IPOD et de me remettre sérieusement à la musique. Pour rappel, je n'écoute presque plus de musique depuis qu'on m'a pris mon IPOD quand je me suis fait cambriolée. Ca m'a un peu traumatisée et depuis, je n'écoute qu'occasionnellement de la musique...

Même en ayant étudié les industries musicales en économie, j'ai du mal à concevoir comment on peut écouter Michel Telo quand des mecs pareils existent :






21 mai 2012

Prix Nobel de la propagande


Fenêtre ouverte sur le monde, vitrine culturelle ou objet de propagande, la télévision n'a pas fini de faire parler d'elle. Le minuscule écran cathodique est devenu grand et plasma. Symbole de la société d'information, il rythme la vie des sociétés économiquement développées. 3h30 par jour en moyenne pour un français, 5h pour un américain. C'est dire si Mademoiselle a eu son petit succès depuis son invention à la fin du 19ème siècle. 

Porteuse de la culture populaire, elle soulève des questions sociétales : une portée médiatique critiquable, une nouvelle forme de journalisme mais aussi et surtout, un rôle de désinformation plus ou moins considérée.

La télé du 21ème siècle, c’est celle du voyeurisme, des sommes astronomiques et du journalisme perdu. Longue vie à la logique mercantile, crient les publicitaires. Sans foi ni loi, ils agissent en toute impunité. Scandale en 2004 quand Patrick Le Lay, président de TF1 parle de son taff de vendeur de temps de cerveaux disponible : « Dans une perspective « business », soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. […] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. » Normal, le type.

*

Ce soir, j'allume la télé. Mauvaise idée. Des gros plans sur le visage, une atmosphère. Il s'agit d'un type qui a été sauvé par un policier : une interview débordante de bons sentiments signé Sept à Huit (TF1). Le jeune policier et père de famille, a risqué sa vie pour sauver celle d'un passant, tandis qu'il était agressé pour son portable. Durant deux jours, son pronostic vital était engagé. Brave homme. Alors que Mamie est larmoyante, moi je gerbe. Le culte de l'émotion est insoutenable. Rien de nouveau jusqu'ici mais j'ai omis un autre détail : les agresseurs responsables du lynchage sont une meute d'immigrés, vendeurs à la sauvette. Par conséquent, l'étranger est donc sauvage et incivilisé, ça ne s'invente pas.

"C'est un ange gardien". Ca y est, le mot est sorti. Derrière le visage ému et reconnaissant de l'homme se cache la glorification des forces judiciaires et la figure du flic héros seul contre tous. On oublie les dérives, ce serait trop crade pour l’image des forces de l'ordre. Et devant le spectateur, la stigmatisation des sans papiers. Inconsciemment, à force de produits comme celui-ci, on enregistre et "immigré" rime désormais avec criminalité. C'est bien tombé pour la politique anti-immigratoire de certains. N’oublions pas qu'ils voulaient doubler les effectifs. Si on avait deux fois plus de brave homme comme celui-là, il n'y aurait plus d'agression, CQFD. L'équation est vite faite : l'immigré doit dégager.

En réalité, le danger n'est pas le visage basané mais cette chaîne télévisée. Même si on parle de reportages, d’enquête exclusive et d’envoyé spécial, le journalisme audiovisuel est au journalisme ce que l’humidité est au brushing.

Une lamentation de plus

Aujourd'hui, résultats de la sociologie. A la dissert, je découvre que j'ai 18. Au travail de groupe, je vois que j'ai 10. Travailler avec les autres revient donc à me porter préjudice, concrètement. Ce n'est pas la première fois mais cette fois-ci, j'en ai la preuve concrète. Ce n'est donc ni du dédain ni du mépris mais une réalité. J'en ai plus qu'assez de dépendre des autres, de devoir travailler pour cinq et que ces mêmes personnes aient la même note que moi. Bah oui, noter individuellement les exposés, ce serait trop pénalisant pour les glandeurs.

La semaine dernière, je suis allée en parler à mon prof. Au final, on aura qu'un point d'écart. Un point, ça n'est pas assez. Un point, ça ne représente pas la distance qu'il y a entre ces gens qui viennent une fois sur trois alors que je me fais chier à venir tout le temps, et qui n'ont rien fait pour l'exposé, même pas le powerpoint. Ce n'est pas un point qu'il y a entre eux et moi, c'est le cosmos. Dans ma fac, il n'y aucune valorisation du travail personnel et les autres ne sont, pour moi, qu'un poids à traîner.

Ils n'ont pas les même ambitions, les même envies ni la même façon de travailler, très bien, mais qu'ils ne viennent pas me gêner dans ma façon de voir les choses. Les profs ne le comprennent pas, ils nous foutent que des exposés à faire, que des entraves à la réussite et au mérite personnel. Une façon de démocratiser la licence. Que dis-je, de la brader. Car ces même gens, j'entends, auront la même licence que moi et auront accès aux même masters que moi parce que les travaux en groupe leur auront profité. Ce n'est plus vivable, il faut absolument que j'accède au Celsa, que je m'échappe d'ici. Qu'il soit le graal ou pas, ce sera toujours mieux qu'ici.

Ici, les gens manquent tellement d'ambition que même en étant en communication, ils ne connaissent pas cette école. Je trouve ça abérant de se complaire ainsi dans la médiocrité. D'être immature au point que, sur un amphi de 200-300 personnes, dès qu'elles savent qu'elles ne sont pas obligées de venir, il ne reste qu'une vingtaine de personnes. 

Mais qu'est-ce que je fous là, sérieusement ? Je ne fais que ressasser cette question dans ma tête, entre deux soupirs d'exaspération. Les cours sont intéressants mais ne sont pas très compliqués, pour que tout le monde puisse avoir le partiel n'est-ce pas ? Je vis dans une sorte de détresse. J'ai même plus de mépris pour ces individus, ce n'est pas de leur faute s'ils ne visent pas plus haut qu'une fac de banlieue, chacun sa vie. Mais c'est le système qui me sort par les trous de nez. Même s'ils veulent que tout le monde aient la licence, ce n'est pas une raison pour la brader, et encore moins pénaliser les meilleurs car oui, aujourd'hui j'estime que je fais partie des meilleurs de la promo même si dit comme ça, ça fait atrocement prétentieuse et meuf auto-suffisante. Je suis pas une exception, il y a d'autres étudiants intéressants et intéressés, mais hélas, ils ne sont qu'une toute petite minorité. Aujourd'hui je me retrouve à faire un stage inouï dans une grande institution, d'un intérêt parfois loin de ceux des L3 (affirmation de mon prof!) alors que je ne suis qu'en première année et ce n'est certainement pas grâce à cette fac que je le dois. Je n'ai aucune gratitude, aucune affection pour Paris 8. Alors que mon lycée et mes profs auront toujours une place particulière dans mon coeur. Ils m'ont littéralement élevée. Grandi intellectuellement. Inculqué des valeurs. Ont tout fait dans l'intérêt de chacun.

Il y a un an, je râlais parce que je passais tous mes cours d'anglais à faire des bacs blancs. Je trouvais ça chiant à mourir, et tout ce que je voulais faire, c'était des débats comme en première (on avait la même prof). Mais c'est parce que j'en avais pas compris l'intérêt. On me faisait souffrir, on m'a contrainte à travailler dans mon propre intérêt. J'ai eu 16 au bac.

Ainsi, si pendant trois ans, les retards étaient intolérés (t'arrives avec 5min de retard, t'attends une heure dans la rue. Y compris quand il fait 3°C), les absences rigoureusement sanctionnées. En fait, c'était pas pour nous faire chier, mais pour nous apprendre à être ponctuel et rigoureux. Aujourd'hui, mes cours durent théoriquement 3h, mais ils commencent avec 30 min de retard, finit 30 min plus tôt, avec 30min de pause. Ca se voit, ça se sent, qu'on a pas été à la même école.

En seconde j'ai passé des nuits à pleurer, à m'arracher les cheveux parce que je n'avais pas de bons résultats en maths. La prof n'a jamais flanché, ne m'a jamais mis de notes for fun. Ca m'a poussé à avancer, à me tuer pour m'améliorer, même s'il n'y avait aucun enjeu pour mon passage en première (vu que j'ai fait littéraire). Cette année m'aura appris que le travail, ce n'est pas juste avoir son bac ou ne pas redoubler. Le travail, c'est être fier de ce qu'on produit, de la rigueur que l'on s'inflige juste pour une question d'ego. La facilité, ce n'était pas pour chez nous. Le cours de philo était par exemple cérébralement éprouvant et très magistral, pas un cours de hippies où on débat sur le sens de la vie, où le prof prenait un peu l'avis de chacun style ptite discussion de comptoire. C'était tellement mais TELLEMENT plus enrichissant que ce que je vis aujourd'hui que je vais en mourir.

[Musique de drame, tadaaa]

19 mai 2012

Fuck yeaaah

J'ai reçu un mail de l'association pour laquelle j'ai postulé, pour septembre-octobre.

J'avais passé l'entretien d'embauche et suite à ça, ils m'avaient demandé de leur envoyer quelques écrits. Aujourd'hui ils m'ont répondu pour me dire :

- Qu'ils avaient >>>> vraiment <<<< bien aimé, trouvé ça intéressant
- Mon style est clair, précis et très personnel (je leur avais envoyé aussi l'article sur Megaupload)
- Mes critiques cinématographiques sont >>>> très <<<< pertinentes
- Mes interviews sont bien menées et structurées

Et que j'aurais une réponse d'ici 15 jours !

Sans vouloir me la jouer Laura Ingalls, à la lecture de ce mail, mon coeur s'est emplit de joie. En ce moment je bénéficie d'une reconnaissance de la part des professionnels qui me donne non seulement confiance en mon futur, mais ça regonfle aussi la motivation que je peux avoir pour les cours. Tout cela ne serait donc pas fait si vain que ça...

Si tout se passe bien, je ferais donc mon stage au Muséum jusqu'à mi septembre, puis j'enchaînerais en temps partiel pour l'association pour l'apprentissage des nouvelles technologies dans un but culturel. Je vais enfin me sentir active, utile et THANKS GOD je vais enfin commencer à apprendre des choses concrètes qui vont me grandir humainement.

Petite ombre. En recevant le mail, j'étais tellement fière de moi que j'ai voulu le lire à ma mère qui m'a répondu "ok c'est bien". Juste "ok c'est bien", comme si je lui avais annoncé que j'avais gagné 2€ au Millionnaire. Un "ok c'est bien" qui sonne comme un "ok mais s'ta vie". C'est vraiment ignoble de devoir vivre en se passant de la reconnaissance de ma mère. J'ai le sentiment que même si j'étais complètement abrutie et illétrée, ça aurait pareil. Grandir dans l'indifférence la plus totale et faire comme si c'était normal. Je ne peux pas lui dire "Mais tu t'en fous ou quoi ?" parce qu'elle ne me répondrait que "Bah non !!" sur un ton tout aussi nonchalant que son "ok c'est bien". 

J'en souffre moins qu'avant, c'est sûr, parce que j'ai le soutien mon copain et de mes amis, mais personne ne pourra remplacer ma mère. J'ai beau souvent dire que j'en ai rien à foutre d'elle, mais elle compte quand même. Rien que pour mon ego personnel, je voudrais qu'elle reconnaisse que d'être parvenue dans la situation dans laquelle je suis aujourd'hui, par rapport à l'environnement auquel elle m'a destiné, c'est quand même pas mal. Et que tout ce que j'ai développé, c'est loin d'être grâce à elle. 

Je voudrais pouvoir la voir un jour être fière de ma mère, ce qui ne se réalisera probablement jamais.

Le changement, c'est maintenant

Le groupe de Jeremy fait un concert à Paris !

Actuellement, je suis en train d'essayer de trouver la force de me mettre à la révision des partiels pour la semaine prochaine. On est samedi et j'ai toujours pas commencé, je n'y arrive pas... J'ai perdu l'habitude du travail, c'est juste horrible. A côté de ça, je dois aussi écrire plein d'articles pour faire un numéro spécial de Causette en deux semaines, en binôme. Ca me paraît tout bonnement insurmontable.

J'ai décidé d'arrêter de me prendre la tête dans mes relations sociales. Entre ma peur du jugement de l'autre et l'angoisse du blanc dans la discussion, je vais essayer de ne pas réfléchir lorsque je rencontre ou quand je parle à quelqu'un. Pour l'instant, ça me réussit plutôt bien parce que quand j'ai l'impression de faire des gourdes, finalement, ça passe. Par exemple, je suis allée voir la dame qui s'occupera de moi pendant mon stage :

Moi - Concernant la tenue de travail euh...
Elle - On est assez tolérants, rien de spécial.
Moi - Une tenue correcte quoi.
Elle - Oui oui..
Moi - Genre je vais pas venir en tong !

Une petite familiarité qui m'a échappé, semblable à mon "Si jvoulais du fric, je serais allée à McDo !" lors qu'elle m'a annoncé mon salaire sur un ton embarassé. Mais les deux gourdes l'ont fait rire, donc je suppose que ça ne m'a pas porté préjudice, même si je dois faire gaffe à mon excès de sympathie.

Un(e) d'entre vous m'a également prodigué plein de bons conseils pour améliorer mon expression orale. Désormais, je vais essayer de prendre mon temps pour répondre. En fait, j'ai eu un flash. Je suis quelqu'un qui parle extrêmement vite (avant, c'était à la limite du compréhensible), et maintenant, je sais pourquoi. Ma mère ne m'écoute pas, ou alors très peu. Du coup, dès mon plus jeune âge, j'ai accélé mon débit pour caser le maximum de mots en un minimum de temps, pensant que comme ça, elle pourrait entendre tout ce que j'ai à dire. Fail. Ma mère est la personne qui me comprend le moins quand je parle... Parfois elle fait des remarques très blessantes, alors que si je suis devenue comme ça, c'est à cause du temps qu'elle ne m'a jamais accordé. Lorsque je me tais avant de répondre, j'ai l'impression que les secondes ressemblent à des minutes, j'ai peur de mettre mon interlocuteur en situation de gêne comme quand je me sens mal à l'aise, jusqu'à en être paralysée, lors d'un blanc dans une discussion.

Autre chose, il ne faut pas que j'oublie de valider ce que l'autre me dit. J'ai souvent la manie de penser que les autres sont dans ma tête, et donc de penser ma validation (donc la base de ma réplique ou de mon contre argument) comme acquis, alors qu'en fait non... J'ai bientôt un débat à faire devant toute la promo. On devra piocher un sujet, le parti que l'on doit prendre et préparer les arguments. Je n'y pensais pas trop jusqu'à aujourd'hui, où ça me met dans une certaine situation de stress. En repensant aux autres débats enregistrés et faits "entre nous", je reste assez choquée par mon débit qui me rend grave agressive même quand mon attitude ne l'est pas. FAUT QUE JE ME CALME LA.

Bon, j'arrête d'en parler, ça me rend anxieuse.

A la base, je parlais juste de mes relations sociales. En ce moment, j'ai de nouvelles connaissances sur qui m'exercer, et aujourd'hui, j'ai plus de facilité à établir un dialogue où je suis à l'aise qu'avant. Il faut juste que j'arrête de réfléchir et ça passe tout seul. Rien que le fait d'aller chercher Jerem et de voir les gens de sa classe : Avant j'étais là, un peu potiche, un peu légume, parce que j'avais peur qu'il pense que j'étais une meuf de merde, et finalement aujourd'hui j'ai discuté, normal quoi. La vie est TELLEMENT plus simple lorsqu'on arrête de tout calculer... J'ai de moins en moins peur des nouvelles rencontres, des situations de face à face avec des gens que je connais pas bien.. Prendre le métro avec une connaissance et devoir faire le trajet avec par politesse, par exemple, était une situation me mettait extrêmement mal à l'aise, alors que là, je suis tout à fait détendue. 

Concernant cette angoisse de la réflexion qui me fait me coucher super tard (je sais plus si je l'ai raconté mais je vais au lit tard pour être assez fatiguée pour ne pas réfléchir avant de dormir), elle aussi, elle est finie. Je me fatigue plus tôt qu'avant. Je suis passée de 4-5h du mat à 2h, ce qui est pas mal. Par contre, pour mon stage, je vais commencer à 9h30 tous les jours. Je sais pas comment je vais survivre, à force de me lever à 8h tous les jours, pour finir à 17h... Ca me paraît inhumain alors que ce sont des horaires tout à fait normaux. J'ai passé l'année à dormir et glander, reprendre un rythme correct se révèlera fabuleusement pénible, mais au moins, je profiterais vraiment de mes journées (durant les étés, normalement elle commence à 17h...)

Si je n'avais pas fait ce stage, j'aurais fait une tonne d'autres trucs. J'ai notamment trouvé une offre d'une société de production où en une semaine, j'aurais gagné mon salaire mensuel... J'aurais aussi postulé pour le prochain film de Kim Chapiron (j'ai flashé sur lui en tombant sur une photo de lui dans Trois Couleurs, il y a quelques années), sûrement un rôle de figuration (ils cherchent une asiatique de 17-25 ans), et été bénévole pour le festival du cinéma à Paris ! Je suis mue par une envie de faire un tas de trucs, de sortir à jamais de la larvitude. Je cherche avant tout des expériences enrichissantes sur le plan humain, alors qu'il y a quelques semaines, j'aurais juste cherché le plus rentable et eu la flemme pour le reste. Et encore ! Je sais même pas comment j'ai pu ne pas participer à une offre de figuration pour No et Moi de Zabou Breitman où j'étais sûre d'être prise, alors que c'était payé une blinde. Juste parce que j'avais la flemme de me lever le matin, en vacances. Ah la la, Ancien Moi, quelle honte tu me fais.

Je sens que je commence à changer. Ca fait du bien.

Le nouveau gouvernement me met plutôt en joie.



Certains le trouveront démago, mais pour moi c'est une excellente chose. J'ai même l'impression que ça me fait bizarre d'avoir un gouvernement qui respecte la parité des sexes, même si j'en conviens que les femmes occupent moins les ministères "lourds" comme la Défense ou l'Intérieur, mais j'ai envie de dire que c'est déjà ça ! 

En plus de ça, le fait qu'il soit diversifié culturellement, ethniquement mais aussi socialement, donne une impression (je parle d'impression parce que je sais pas vraiment ce que ça va donner hein) de démocratie, dans la mesure où il est plus représentatif de la population actuelle.

Voir de nouvelles têtes, et des têtes jeunes aussi, c'est cool. L'inexpérience ne veut rien dire. Enfin, faut bien commencer quelque part non ? Cela dit, ayant googlé la plupart des noms, les meufs ne sont pas là pour faire les plantes vertes. J'ai le sentiment qu'en dépit de leur jeunesse, elles présentent les compétences requises pour leur fonction. Donc, renouvellement au niveau des gens, mais aussi de la politique ! Je trouve ça excellent qu'il y ai un truc pour l'économie numérique. J'ai même envie de dire qu'il était temps. Dans une société où Internet commence à tout bouffer, il devenait primordial d'y accorder plus d'importance que via un système répressif inapplicable comme Hadopi.

Enfin, coup de com ou que sais-je, ça me fait rire que Nadine Morano se soit indignée à cause du port du jean lors du Conseil des Ministres. Pourquoi s'entêter à vouloir maintenir des traditions old school qui ne veulent rien dire ? Cécile Duflot n'est tout de même pas arrivée en tongs quoi. La droite devrait penser à se moderniser. Pète un coup meuf, je sais pas.

Jusqu'ici, je ne regrette absolument pas d'avoir voté Hollande. La baisse de son salaire, ainsi que celui des ministres est déjà un signe de dé-oligarchisation. Oké, ils en sont pas à manger McDo mais petit à petit, ils se rapprochent déjà plus de la majorité des français. La barrière entre la politique verticale d'"en haut" et les gouvernés d"'en bas" s'affaisse petit à petit. Il n'y a que 4 ou 5 mecs/meufs qui sortent de l'ENA. Selon moi, la démocratie commence à reprendre un sens. Les valeurs morales reviennent dans la politique, notamment via l'idée de la charte déontologique qu'Hollande veut mettre en place. Je suis heureuse, apaisée. Ce sentiment peut paraître débile et naïf mais il est en moi, c'est comme ça.

En espérant que s'il y a une chute, qu'elle ne soit pas brutale. Pas mal d'entre vous ont contesté Hollande à cause de la crise, de l'économie, de la peur qu'il jette l'argent par les fenêtres. J'ai envie de penser qu'il y a pas que le fric dans la vie. Oui c'est nécessaire, oui ça fait la puissance d'un pays. Mais en dépit de cela, ça perd trop les gens. Revenir à des valeurs morales, à des idées, ça ne fait pas de mal non plus.

Parler de politique sur mon blog déclenchera évidemment des polémiques et des débats, mais c'est un choix que je fais. Les articles et mes idées ne sont certainement pas là pour créer le consensus. Je vous invite donc particulièrement à prendre la parole et à débattre, car c'est comme ça que les réflexions avancent.

17 mai 2012

Entretien avec le prof

Ce matin j'étais dans le bureau de mon responsable d'insertion professionnelle pour mon stage. Il est aussi mon prof. Ca m'a fait bizarre parce qu'il a commencé à faire mon éloge pendant une dizaine de minutes. De ce qu'il sait de moi, de ce qu'il a pu remarquer en cours, il m'a décrite comme une fille réactive qui percute vite et bien, qui a souvent une avance par rapport aux autres, "un quelque chose que les autres n'ont pas". 

Sur le coup, j'en tremblais. Je trouvais ces compliments tellement illégitimes. Bien sûr que je suis en avance par rapport à des meufs qui se vernissent les ongles en cours. Encore heureux ! Mais dans sa façon de parler, c'est comme si l'élément de comparaison n'était pas que les étudiants de Paris 8 mais les gens de mon âge tout court. Je me sens gênée vis à vis de ça, simplement parce que j'ai l'impression d'être comme tout le monde, noyée dans la masse. Je me suis dit que c'était juste un prof qui m'aimait bien, comme d'habitude... Jusqu'à ce qu'il rajoute : "Je pense que vous pouvez loin, très loin."

Et là, j'avais la gorge nouée, même si je ne laissais rien transparaître. J'étais émue qu'un prof, que quelqu'un, puisse croire autant en moi (sûrement plus que ma mère), alors que je savais même pas s'il associait ma tête à ce prénom si compliqué sur la liste d'appel. Il m'a poussé à croire en mes capacités, à ce que je pouvais faire.. En fait, ça fait quelques semaines que je suis complètement démotivée pour le Celsa. Je me suis dit que je ne pourrais jamais l'avoir avec une formation aussi peu stimulante, alors le travail que je peux faire à côté est vain (la moitié des étudiants du Celsa sont des gens de prépas). Mais cet entretien imprévu (à la base, je lui donnais juste une fiche) a agi sur moi comme une piqure d'adrénaline. Il n'avait aucun intérêt à déclarer ce genre de choses, aucune raison de me dire d'aller au bout de mes ambitions, et pourtant il l'a fait. 

Ce ne doit pas être si illégitime que ça, apparemment. Je sais pas. Je me sens si normale que ça me paraît juste invraisemblable que la fille dont il parlait soit celle qui vous écrit en ce moment. J'ai pas l'impression d'avoir fait de trucs de ouf de ma vie, ni d'être quelqu'un d'extraordinaire, et pourtant, c'est si plaisant de savoir qu'il y a des gens qui vous pensent comme tels.

Ensuite, il m'a félicité pour mon stage et la façon dont je l'ai eu, le fait que j'ai osé envoyer une candidature spontanée à une grande institution (qui est le Muséum National d'Histoire Naturelle ! :)) et tout. Il était surpris parce que pour une L1, j'ai réussi à avoir un truc beaucoup plus intéressant que ce qu'il voit d'habitude en troisième année. Neutre, il m'a tout de même parler de la façon dont les gens pouvaient interpréter ma réactivité. Ils peuvent prendre ça comme du mépris. J'ai souri. Combien de fois, combien de gens me trouvent-ils méprisante sans me connaître ? Lui même en a fait les frais, avoue-t-il. Maintenant, je dois corriger ça. Peut être me tempérer et ne pas répondre au quart de tour tout le temps pour baisser le niveau de "je sais tout sur tout tout le temps donc je t'ignore, ignare"... ? J'sais pas.

Mon lieu de travail dès Juin. Normal.

15 mai 2012

Le journalisme à la télé : pas trop cathodique


Pour un cours, je dois refaire un journal ou un magazine en deux semaines. Premier article, d'après l'intervention de deux journalistes en classe.

Le journalisme à la télé : pas trop cathodique

Habituellement relégué à la presse spécialisée, la terrible peopolisation menace la déontologie du journalisme généraliste et surtout audiovisuel. Soif d'audimat, jeu de séduction, valeurs mises à mal : Pierre Grundmann, directeur de rédaction de SlateAfrique.com et Pierre Cherruau, écrivain, journaliste et reporter indépendant, reviennent sur une redéfinition du métier de journaliste où le public et ses attentes jouent un rôle un peu trop majeur.

Quand on leur parle de motivations, Grundmann mentionne d'abord le goût des rencontres, l'intérêt qu'il peut y avoir à rencontrer des milieux sociaux différents car le journalisme serait "un métier social" qui demande une capacité d'adaptation. Il parle même de l'importance du mouvement : "on a plus d'idées dans un train que lorsqu'on est statique". Une belle idée abstraite qui soulève des interrogations plus dérangeantes. Entre Laurence Ferrari confortablement installée et soigneusement tartinée de maquillage sur son siège à la Plaine Saint Denis et Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express qui représente à lui seul 4% des invitations à l'émission C dans l'air (France 5), heureusement qu'on a le petit Harry Roselmack qui va à la rencontre des SDF (mais attention, ceux qui ne sont pas trop bourrés ni trop sales) pour "Harry Roselmack en immersion" pour sauver la profession, n'est-ce pas ?

Quant à la façon d'exercer leur métier, ils se présentent d'abord comme des passeurs entre spécialistes et lectorat. Par contre, les reportages de qualité demandent du temps et de l'argent, la rentabilité est donc de mise. Quoiqu'on en dise, "il faut trouver les clés pour intéresser les gens". Jean-Pierre Pernaut l'a bien compris. La clé de l'audimat, c'est bien les reportages dans la France, bien que profonde, joyeusement authentique, sans oublier l'interview du vieux fondeur de cloches et sonnailles que les frontistes apprécient dans un doux soupir de nostalgie.

En dépit de l'engagement à la notion d'information et du combat éthique pour un traitement juste de l'info, les deux hommes n'estiment pas les journalistes-vedettes comme journalistes et soulignent la variété, pour ne pas parler de fossé, de cette sphère professionnelle. Le journalisme audiovisuel, c'est carrément anxiogène pour Cherruau, qui dénonce des images formatées qui font voir le monde via une lentille hollywoodienne. "Il faut lutter contre la dictature du mensonge", soutiennent-ils. Ne pas gober la propagande, abattre la dictature de l'émotion, comme si le journalisme audiovisuel était un régime totalitaire. C'est peut être abusif, mais les enjeux n'en sont pas loin. Celui-ci combine un ensemble de points convergeants vers une rentabilité facilitée et une transformation de la pratique journalistique, qui mène à une domination de l'infotainment dont « On n’est pas couché » est un pur archétype. Et les premières victimes sont les vieux. Il y a bien un enjeu social et politique dans la bipolarisation qui se forme entre une presse « de référence, » réservée à un public favorisé intellectuellement et économiquement, et des médias populaires, bon marché voire gratuits, qui pratiquent la confusion des genres.

Rien ne sert de dénoncer les dérives du métier que tout le monde a à l’esprit. Pour sauver nos mamies du brainwash, on ferait mieux de penser à des plans de rébellion avant qu'il ne soit trop tard. Il y a un prix à payer pour cette revalorisation du journaliste : un sérieux examen de conscience, pour distinguer le tragique du superflu, quitte à rendre le vieux fondeur de cloches inconnu du grand public. Pauvre homme. 

11 mai 2012

Playlist


Cette semaine j'ai fait un back to basics en réecoutant des trucs dont j'étais folle au collège, mais qui me sont complètement passé, je sais même pas pourquoi, alors que le rock UK (entre autres), c'est vraiment trop bien. Je me souviens avoir commencé à écouter après avoir recopié tous les noms de groupes écrits au Tipex sur le sac du rockeur de mec que je kiffais à l'époque #creepygirl

Je suis de celle qui pense que tout ce qui est culturellement anglais (musique, fringues comme séries) est mieux. D'ailleurs où sont passé tous ces groupes ? Pour les connaisseurs, je suis une ex-émouvue confirmée :) Je suis même passée à l'antenne deux fois, une fois pour Twilight (c'était hipster à l'époque) et une émission sur Arte (Summer Of Love).

D'ailleurs, cher(e) inconnu(e) qui me linkait des morceaux, où es-tu passé(e) ? Tu me manques.

10 mai 2012

Creepy men

Je sais pas comment aborder ça.

Bon, hier aprem je prenais le métro pour aller à la fac, genre normal. Et puis j'étais débout, appuyée contre la porte de devant, en train de textoter quand un mec me caresse la cuisse en me faisant des smouack smouack. Quelques minutes plus tard, je m'assois, il s'assoit, il me regarde, attrape son entrejambe et commence à l'agiter tout en essayant de regarder sous ma robe. Ca m'a super énervée alors j'ai commencé à taper un scandale en espérant qu'il se sente gêné, style "Non mais tu me déranges la. C'est pas marrant, j'vois même pas pourquoi tu rigoles. J'suis pas intéressée, tu me fais chier pendant mon trajet là". Mon ton et ma voix hausse, tout le monde me regarde comme une hystérique alors que le mec en face continue d'agiter violemment son entrejambe, avec des mouvements de langue infâmes genre "viens j'te fais un cunni right now". Inutile de préciser à quel point j'étais dégoutée par cet individu qui riait aux éclats face à ma colère, étant donné qu'il ne comprenait rien de ce que je disais.

En entrant dans la fac, je me sentais humiliée et vexée que personne ne soit venue à ma rescousse. En même temps, je n'ai pas voulu changer de wagon pour ne pas céder, et me convaincre que je devais pouvoir me mettre où je veux pour prendre le métro. Je me demande à quoi pensait ce mec. En plus il était avec un complice, une sorte de suiveur. Au début, il était pas trop exubérant, en mode coup d'oeil vers le côté avec un bisou genre "je cherche une prostituée, 5€ ça te va ?" et que j'allais baisser ma culotte dans l'instant qui suit. Après, c'était justement pour me faire chier, mais le plus ridicule de nous deux, c'était pas moi, j'étais pas là à faire des gestes si obscènes que j'en aurais humilié le récepteur. Ca me laisse perplexe.

Et comme ça ne suffisait pas, aujourd'hui et toujours dans le métro, la main d'un mec gigote contre mon cul. Bon. Dans ce genre de situation, j'essaie toujours de trouver une excuse au mec, comme la fois où un type à la chemise jaune s'était retrouvé en train de se masturber en m'écrasant contre la porte, haletant à côté de mon oreille. "Il se gratte le zizi", "le métro est bondé". Mais au moment où j'ai senti son sexe dur contre mes fesses, je me suis pétrifiée, incapable de dire quoique ce soit, avant de descendre à une station au pif et de fondre en sanglots. J'avais écrit un article, mais je l'avais enlevé parce que j'ai pas trouvé ça très intéressant.

Bon, aujourd'hui en l'occurence, je me suis imaginé qu'il jouait avec ses clés ou quelque chose comme ça, et qu'à cause de la foule, il n'avait d'autre choix que de laisser sa main pendre contre mon derrière. Du coup, je me suis mise de profil. Il a continué, mais là en caressant ma petite culotte. J'ai dit "Vous pouvez arrêter sivouplé ??????", énervée. Il a fait genre "hein quoi ? *mec perdu dans ses pensées*".

Je suis trop deg, ce mec aurait pu être mon père quoi.

8 mai 2012

Au commencement était l'émotion.


En ce moment, je sais pas trop ce que j'ai, sûrement le bouleversement hormonal que je subi à cause de la reprise de la pilule ou je sais pas trop quoi mais je suis d'une inquiétante émotivité. Genre la meuf qui est attristée et qui pleure pour rien. J'ai même fait une nuit blanche parce que j'étais trop angoissée par la politique qui provoquait trop de haine chez les gens.

Mais encore, tout à l'heure j'étais au Disney Store des Champs Elysées et Jeremy m'a demandé qui était le mec de Pocahontas, donc me voilà partie dans le spoil de la fin du film, où voila, John Smith doit se séparer d'elle pour retourner en Angleterre et faire soigner sa blessure par balle, etc.. En me remémorant le geste de la main qu'ils font, ma gorge s'est nouée et j'ai trouvé ça terrible, cette séparation. Du coup j'ai versé une larme. Une seconde crise d'émotivité intense a eu lieu lorsque j'avais envie d'écouter Comme un Homme de Mulan, dont Jeremy ne saisissait pas le sexisme paradoxal des paroles, donc je lui ai raconté que justement, Mulan qu'elle est aussi forte qu'un homme. Cette combativité (imaginaire), couplée au souvenir de la scène où l'Empereur la remercie, m'a arraché des demi-larmes que j'ai su retenir en inspirant profondément. Sur le coup, je me fais incroyablement pitié, donc j'essaie de mettre tout ça sur le compte biologique, mais avouez que c'est quelque peu bizarre.

Je crois que je ne vais pas très bien, honnêtement. Je me connaissais sensible, mais là c'est arrivé à un tel point d'exagération que je me demande si je vais pas en parler à mon Médecin quand je la verrais. Je me sens pourtant psychologiquement stable, je suis assez heureuse et tout. J'sais pas, c'est ultra chelou.

Ce qui me fait pleurer, c'est surtout les trucs imaginaires (films ou ma propre imagination) ou les grandes idées. Sur le chemin du retour, on parlait de son futur chien, qu'il aimerait pouvoir laisser sans laisse. Je les imaginais gambadant joyeusement ensemble, lui en skate, et le chien qui court avec lui, jusqu'au moment où j'ai eu l'image du chien qui ne s'arrête pas au feu rouge et qui se fait renverser ou écraser par une voiture, ce que j'ai trouvé terrible parce qu'après tout, même si c'était pas son ami à proprement parler, c'était tout de même son compagnon de vie et tout. Et j'ai commencé à dramatiser sur le mode de l'absurde, consciente que pour le moment, il n'y avait ni chien, ni de promenade en skate, ni accident de voiture. Cette idée de la mort violente de l'animal m'a choquée et attristée, avant que je ne m'en remette.

C'est absolument idiot et irraisonné.

Mais ce qui m'a le plus chagrinée dans la soirée, c'est la prédominance de mes préjugés. Deux meufs étaient passées devant nous, et j'avais un tel mépris pour elles, par rapport à leurs tenues et leurs attitudes, que je m'en suis trouvée cruelle, avant de réaliser que je passais sans doute à côté de plein de gens extraordinaires.  J'ai trop de dédain pour les gens. Ca a provoqué en moi une désolation des plus totales. Si je n'ai pas d'amis à la fac, c'est parce que mon jugement négatif que j'ai des gens qui m'entourent émane de moi (j'ai tendance à penser que je suis entourée de feignants immatures sans ambition), et que je ne vais pas les voir justement parce que je crains leur jugement. Un cul de sac social, vous dis-je.

Puis j'ai repensé à ma classe de l'année dernière, sans que je me sois liée d'amitié avec tout le monde, je respectais et admirais chacune des personnalités, uniques, que j'ai pu cotoyer pendant deux ans. Il y avait ce mec issu d'une banlieue réputée violente, à l'accent qui ne laissait aucun doute sur son origine géographique (je rappelle que j'étais au centre de Paris), avec ce look tout aussi significatif, le tout complété par un énorme diam's blingbling à l'oreille. Ce mec, lorsqu'on creusait un peu, révélait une personnalité absolument réfléchie, au langage distingué mais maîtrisé lors des oraux blancs, et dont la plume était souvent flattée en dissert. Il aimait également cuisiner des pâtisseries le dimanche. Comme s'il y avait lui, et sa façade sociale. Il y en avait aussi un autre, connu comme LE cancre du lycée qui cumulait plus d'absences que de présences en cours, un brin de provocation et un rictus qui a exaspéré plus d'un prof. Lui est en fait un génie en Histoire. Evadé du système scolaire et piteux en dissertation, il avait une telle passion, une connaissance si précise de l'Histoire qu'au début, je m'en amusais, pour finir intriguée. Sans m'étendre sur un autre, si discret et timide qu'on ne l'aurait jamais soupçonné auteur de romans de Science-fiction dont la qualité a été approuvée par mon prof de français, je voulais juste souligner de par ces exemples que j'étais entourée de gens invraisemblablement intéressants.

Arrivée à la fac, j'ai l'impression de n'avoir rencontré qu'un profil de ce type, une fille que je trouve extraordinairement intelligente et courageuse en dépit de l'image d'écervelée superficielle derrière laquelle elle se cache pour une raison qui m'est encore inconnue. J'ai l'amer sentiment que tout le monde est pareil et qu'ils ne sont ce qu'ils reflètent, donc comme je disais, des feignants immatures sans ambition, ce qui m'empêche de m'intéresser à eux, de creuser, pour voir ce qu'ils peuvent révéler. Seulement, je pense insolemment qu'ils n'ont rien à révéler. Pétrie par mon mépris, je ne sais plus quoi faire pour me battre avec moi-même afin de pouvoir laisser une chance à ma vie sociale de se développer à la fac, et de m'orienter vers une vision plus optimiste des gens de mon université. Parce que pour le moment, l'arrogance que j'éprouve à l'égard de mes condisciples ne fait que me décevoir et m'attrister davantage. Encore un peu et j'en pleurais. Pour changer.

6 mai 2012

Hollande Président

©AFP / Philippe Desmazes
Ok, j'écris à chaud. 

Déjà, je suis stupéfaite par la haine ambiante et l'irrespect des opinions politiques de chacun. J'ai les miennes, mais je n'ai jamais été insultante (mis à part contre le FN, UNE FOIS dans mon statut FB, je l'admets). Je n'arrive pas à envisager comment on peut traiter la moitié de la France de cons sous prétexte qu'ils n'ont pas les mêmes opinions politiques que soi. C'est le pluralisme politique, la liberté de penser. 

Des propos aussi violents que "faites donc un tour par la Seine et jetez vous dedans, la France s'en portera mieux" pour les Mélenchonistes, ou encore "Aujourd'hui ce sont les abrutis qui dirigent et les vrais bosseurs ayant tout donnés pour la France qui vont trinquer" s'affichent dans ma timeline FB, ce que je trouve tout a fait grave. Je veux dire : ce mec ne se rend-t-il pas compte de la gravité de ses propos ? Oui pour l'expression, mais sous prétexte qu'on est dans une ambiance spéciale, tout devient permis ? Bref, je suis assez choquée et attristée par la division bipolaire de la France et l'insulte gratos présentes sur tous les réseaux sociaux. Le "Haters gonna hate" prend tout son sens.

Je perds mes mots, je saurais pas expliquer cette euphorie que je ne ressens pas, face à la nouvelle du Partie Néo-Nazi qui est entré au Parlement Grec. J'ai voté Hollande, mais je n'arrive pas à avoir confiance. Je me dis que si ça merde, Marine sera au pouvoir et rien que cette idée fait palpiter mon coeur. Je me sens vraiment bizarre. Angoissée par le futur, soulagée par le départ de Sarkozy, attristée de la division des français, déçue par quelques personnes de mon entourage,  je saurais pas trop décrire mon état d'âme.

Samedi soir, 3h du mat.

C'est le moment de parler de moi, pour changer de d'habitude.

En relisant les articles de mon blog pour leur mettre des libellés, je me suis rendue compte qu'en moins de six mois, j'avais quand même beaucoup changé, psychologiquement parlant. J'étais ce coeur brisé qui pensait que la vie était une chose insoutenable et pleine d'injustice. Bon, je pense toujours que la vie est pleine d'injustice mais je suis sentimentalement heureuse et je commence à penser que je peux faire quelque chose pour qu'elle soit mieux, autant pour moi que pour autrui.

Il y a six mois, j'étais une larve à proprement parler. Je ne faisais rien de mes journées à part penser, penser et encore penser à la douleur que je ressentais constamment par rapport au fait que celui que j'aime était avec une autre fille, et donc vivre avec l'idée qu'il ne m'aimait plus. Après expérience, j'arriverais donc à la conclusion que son amour me donne mon souffle de vie. Naze, niais, cliché, qu'y puis-je puisque c'est la vérité.

D'ailleurs, il vient de me rappeler que c'était l'anniversaire de notre rencontre, il y a trois ans, jour pour jour. Je voulais retrouver mon journal de l'époque pour relire ce que j'avais écrit sur lui à ce moment là mais je me suis aussi rappelé que je le retrouvais plus depuis qu'on s'était fait cambriolé. Imagination [On] : Les mecs me l'avaient pris, ils l'ont lu et se sont foutus de ma gueule style "Hé Jean, regarde les conneries que cette meuf écrit, c'est dingue !". J'avoue que je suis mue par un besoin constant de répertorier tous mes faits et gestes, comme un historique de vie. Cette habitude va sans doute avec la manie que j'ai de collecter toutes les infos possibles sur les mecs que je trouvais beau (j'ai arrêté miraculeusement après m'être concentrée sur Jeremy) ou encore mon besoin compulsif de faire tout le temps des listes pour rien style "pipi - manger - raconter week end à Delphine" avant les récrés, en terminale. Oui, j'admets que c'est presque maladif. Mais quoiqu'il en soit, j'espère qu'en réalité, mon journal est planqué sous mon lit et tout poussiéreux.. Enfin c'est souhaitable pour moi.

Bon, pour revenir à ma réflexion égocentrée, comme je me suis dit que j'avais considérablement changé en cinq mois, j'suis arrivée au moment où on se demande à partir de quel âge on ne change plus. M'enfin, vous me direz qu'on change constamment, blablabla. Je sais pas si j'suis un bébé ou quoi, mais j'ai comme l'impression qu'à un certain moment, on arrive à un âge où les décennies finissent par se ressembler, où tout devient pareil, mais avec des changements minimes style "on a changé de voiture", "j'ai changé de monture de lunettes" ou "j'aime les courgettes maintenant". Vous voyez ce que je veux dire ? C'est comme si la vie d'adulte était une mélodie doucereusement monotone. Ce n'est pas forcément un mal, ça veut dire qu'on a finit de se construire... L'adolescence, c'était pour moi un truc complètement fantasmé, imaginé à partir de romans pour minettes. Aujourd'hui, je peux dire que j'y ai survécu \o/

Cela dit, j'ai pourtant l'impression d'avoir quitté l'adolescence et de flotter un entre-deux, sur le point de rejoindre le monde des "jeunes adultes". Comme je le racontais hier à Jeremy, je n'ai pris conscience de mon corps de femme il y a tout juste quelques mois. Je me matais scrupuleusement à poil (aucune idée de pourquoi je fais ça mais je le fais tout le temps), et j'ai eu un choc. Je me suis dit que j'avais une poitrine vachement formée, des hanches et tout le bordel qui allait avec. Un vrai corps de meuf, que dis-je, de FEMME. Et pourtant, alors que je porte ce corps quotidiennement, je ne me suis pas vue grandir. J'ai l'impression d'avoir subi un changement brutal, alors qu'en réalité, ce n'était qu'un bouleversement psychologique.

J'ai bientôt dix neuf ans. Mes amies disent que je fais femme. Bon, elles ont pas pu développer cette idée parce qu'il était 4h du mat et qu'elles s'endormaient (oui on fait des soirées pyjama avec une petite séance confessions dans le noir) mais ça mérite réflexion, vous pensez pas ? Je me rappelle qu'à mes 15 ans, je vivais dans une telle misanthropie que ça en devenait infernal. Aujourd'hui, je présente toujours une certaine insociabilité mais j'ai beaucoup moins de mépris envers les gens de mon âge. En seconde, ce que je détestais le plus, c'était vraiment mes congénères qui se prenaient pour des adultes, à boire, fumer et baiser comme des trentenaires alors qu'en réalité, ils n'étaient que de petits loupiots aux besoins sexuels grandissants. Comme une haine de "l'adulte précoce", qui pourrait ptet se traduire en une peur d'être adulte. Je sais pas.

Aujourd'hui, je n'ai pas peur de grandir. C'est pas forcément une hâte, mais lorsque je me compare à Jeremy qui, la veille de ses dix-huit ans, s'affolait dans tous les sens, avec une certaine envie de décéder sur place, je me sens plutôt sereine, sachant que dans ma tête, ma vie s'arrête à trente ans. J'veux dire que j'arrive pas à me projeter au dela. Je me vois "jeune" à vie. Si ça se trouve, je ne serais qu'une vieille vioc comme une autre. C'est difficile à encaisser, parce qu'on a toujours cultivé une certaine individualité, qui en fait, n'a pas sens. Je veux dire qu'il n'y a pas d'"eux" ni de "nous". On est simplement les futurs "eux". Nous aussi un jour, on sera là à faire chier nos enfants pour n'importe quoi, et ils raconteront sur leur blog à quel point ils nous méprisent, aiment ou admirent. Je trouve cette idée intrinsèquement affolante.


5 mai 2012

Entretien d'embauche n°3

Bémol, il n'aura duré que 20 minutes. Est-ce vraiment important dans l'appréciation qu'on aura de moi ? Et s'ils s'étaient dit "ok, cette meuf n'a absolument rien à raconter" ? Sur le chemin du retour, mon esprit d'escalier a frappé et je me suis mise à marmonner tout ce que j'aurais du développer, notamment sur ma situation personnelle, où la culture s'est ouverte à moi via Internet, l'association ayant pour but de démocratiser la culture via les nouvelles technologies.

Quoiqu'il en soit, j'ai le sentiment qu'il s'est assez bien passé, les trois personnes semblaient assez réceptives à ce que je disais. J'ai même osé faire un peu d'humour en évoquant l'affaire Megaupload, en disant que j'étais stupéfaite que mes congénères soient plus touchés parce qu'ils ne pouvaient plus regarder les Frères Scott, que révoltés face aux lois liberticides. En tout cas, le stage me semble extrêmement intéressant, et je me sens vachement concernée par leurs activités puisqu'ils proposent aussi des interventions dans les écoles pour sensibiliser les enfants au rapport culturel qu'ils peuvent entretenir avec les écrans. Mais j'ai malheureusement pas assez montré mon implication personnelle. Je leur ai parlé de mon blog, et j'ai failli leur donner l'adresse pour qu'ils aillent voir mes nombreux articles sur me, myself and I concernant mon niveau de culture par rapport à mon environnement social, mais j'me suis dit que ce serait trop irréfléchi.

En tout cas, j'en sors extrêmement contente parce que j'étais torturée par le dilemne suivant : si j'étais prise là, je devais faire le choix entre l'institution culturelle prestigieuse et l'association, ce qui m'aurait littéralement tuée. Mais le stage ne commencera qu'à partir de septembre/octobre, ce qui me permet de faire mon stage à l'institution et de travailler à temps partiel pour l'association, qui consiste à rédiger des articles sur leur site !

N'importe quoi

Bon, face à une terrible baisse de popularité, j'ai décidé de refaire à fond mon blog. Je relirai tous les articles et les classerai selon plusieurs catégories afin de laisser un certain choix de lecture et ne pas laisser les anciens articles trop à l'abandon (actuellement, je doute que les nouveaux lecteurs lisent TOUS mes articles). Ca m'obligera aussi à me tenir à un sujet par article, ce qui fera le bonheur du petit Paul qui me reproche mon dispersement. Je pense également à abandonner l'aspect trop minimaliste du design. [Le template actuel n'étant pas fini]

Les articles que vous lisez sont en réalité des articles planifiés. En vrai, je n'écris plus du tout, simplement parce que je suis à fond sur une nouvelle série, Game Of Thrones. A savoir : je ne commence JAMAIS de série par peur de l'addiction, je ne suis actuellement que The Big Bang Theory et New Girl. Bon, Game of Thrones est terriblement chronophage à cause de la durée (1h/épisode) mais je pense que ça en vaut la peine.

Sinon, pour parler un peu d'actualité, j'ai regardé le débat présidentiel. J'ai trouvé les candidats extrêmement puérils, jouant dans le registre du "Tes potes ont dit ça sur moi - Mais kestu parle, c'est ta mère la pute - Ouais bah au moins j'suis pas pote avec DSK moi hein !" et les journalistes absolument incompétents. Je veux dire que pour vérifier les chiffres, on a du attendre le lendemain pour voir sur les sites de presse, du coup ils ont servi à quoi ? Si on avait mis Victoria de la Roue de la Fortune, ça aurait été pareil. Ferrari et Pujadas auraient pu se rouler une grosse pelle et faire l'amour sur la table, Hollande et Sarkozy continueraient à débattre sur des trucs aussi importants que la viande et la piscine. Doux jésus.

Et enfin, pour parler futilités, j'ai commandé cinq produits chez ELF et je suis super contente des produits. J'ai prévu une commande de 50€ quand j'aurai de la thune, mon panier est prêt à être validé. FINI LES ARNAQUES DE SEPHORA.

4 mai 2012

Rubrique bouffe

Aujourd'hui, je me suis dit pourquoi pas vous parler des endroits où on (je) mange le mieux à Paris, histoire de matérialiser ma folle vie que vous lisez depuis des mois.

5 bons spots à Paris 
(vous risqueriez de m'y trouver)

Bageltom
12 Rue Volta  75003 Paris
Métro : Arts et Métiers
(Evitez celui de Rue Greneta, il est jamais ouvert...)

J'ai découvert ça la semaine dernière et j'y suis déjà retournée deux fois. Je recommande fortement le cheesecake Oreo, ni trop lourd, ni trop sucré. Parfait, en somme. La carte est variée et c'est pas du tout cher pour ce que c'est, genre une petite dizaine d'euros pour boisson (même américaine type Dr Pepper), savoureux bagels frais et dessert (GO CHEESECAKE).

Photos prises sur le FB. Je n'ai pas pu me résoudre à n'en prendre qu'une seule...

L'élu de mon coeur


Rien qu'en voyant ça, mon coeur palpite.

Royal Indien
4, Rue de la Félicité  75017 Paris
Métro : Wagram


Avec la remise de -40% sur l'addition en réservant sur Lafourchette.com, c'est tout à fait abordable et parfait au niveau quantité/qualité/prix (une dizaine d'euros par personne pour une entrée + un poulet au curry interminable). C'est du haut de gamme, le genre de resto où il y a des serviettes en tissus dans lesquelles j'ose pas m'essuyer parce que j'ai l'impression de salir un habit, et où ils changent d'assiette quand un de tes cheveux est tombé dessus quand tu t'es penché pour prendre la carafe d'eau. C'est l'endroit où j'ai été le mieux servie. Disponibles, souriants, sans être oppressants, les serveurs sont juste idéaux. Tout le monde devrait être comme eux. Prenez les beignets d'oignons !!!

Happy Days Diner
25 Rue Francisque Gay  75006 Paris
Métro : Châtelet

CC c mwa !

Ca commence à devenir famous, j'avais vu une pub à la télé l'autre jour. C'est ultra ultra ultra bon mais je trouve ça trop cher, et il y a trop de monde. Les milk shake sont écoeurants après un burger, mais ce sont les meilleurs burgers que j'ai pu mangé après les cheeseburgers que me confentionne avec amour Jeremy. Du coup j'y vais assez rarement, mais c'est cool quand même.

Le Tricotin
15 Avenue de Choisy  75013 Paris
Métro : Porte de Choisy



Mon côté blédard. Pas trop cher, satisfaisant et ultra rapide (à deux, on a été servis en 5 min top chrono), service exécrable, ambiance cantine, mais c'est la cuisine du pays, authentique ! C'est ici que ma famille a l'habitude de se réunir.

Sushiko
64 Rue Mouffetard 75005 Paris
Metro : Place Monge

Et voilà le petit Jeremy en face, hihi.

Mon resto japonais préféré. Je prends que le bateau saumon pour 2 personnes à 30€. Je trouve le rapport qualité/prix très satisfaisant. Tout est frais et gouteûx et ils offrent un verre de champagne.

Parisiens, faites péter les vôtres !

2 mai 2012

Wild world

Un des articles que j'avais écrit pour avoir le premier entretien (pour le site immoral sur les gros) a été publié sur le site ! J'ai honte de moi, mais je préfère en rire. Pour une première publication, il y a évidemment plus prestigieux (j'aurais du écrire un article sur Madmoizelle..) mais ça me permet de relativiser par rapport à mon ratage d'entretien. Tant mieux pour moi. 

"CATEGORIES: A GROSSICHRISTINA AGUILERAFATGROSGROSSE
C'est juste ignoble.

Un autre sur Loana est paru mais ils l'ont beaucoup modifié, limite juste repris mon idée de sujet.

Bref, c'était une petite entrée concernant l'absence d'intégrité qui frappe notre société. Récemment, Hollande a durci son discours sur l'immigration pour conquérir les électeurs du Front National. Flamby me déçoit énormément sur le coup. Même lui est un de ces putains de politiques qui font genre "coucou je viens du peuple" sous prétexte qu'ils sont de gauche, alors que finalement, il n'est qu'un pion du système oligarchique. Les politiques ne veulent que le pouvoir et ne répondent même plus aux valeurs idéologiques. Je suis de plus en plus désemparée mais ce n'est pas pour autant que je changerai mon vote. A côté, Mediapart a révélé que la campagne de Sarko a été en partie financée par le régime Libyen (Kadhafi). WTF quoi. Ceux qui dirigent le pays sont ceux qui manquent le plus de morale, est-ce normal ? Ca me rend triste et personne ne me comprend autour de moi. Mon copain en rit parce que j'en parle soudainement alors qu'on était en mode love sous la pluie (parce que j'ai vu une affiche de Hollande donc j'y ai pensé). Mes amis ne s'y intéressent pas plus que ça et me prennent pour une illuminée quand je dénonce le système vertical de la "démocratie". Voilà, je craque.

Le 6 mai, rendez-vous pour choisir entre l'ancien assoiffé de pouvoir et un nouveau. Je voterai pour le nouveau, comme je l'ai fait au premier tour. Mon choix s'axe sur la gauche car elle privilégie la jeunesse, l'éducation, la culture,... Mais aussi par rapport à son positionnement concernant l'homosexualité. L'argument de droite pousse à croire que l'enfant adopté puisse en vouloir à ses parents. Mais je comprends pas, il peut aussi lui en vouloir pour plein de trucs ! Si on réfléchit de cette manière, on peut sans doute établir une autorisation à faire des enfants selon un contexte social par exemple. Grandit-on mieux au sein d'une famille aimante, à l'aise et homosexuelle ou dans un milieu précaire, violent et traditionnel ? 

Et puis à côté de ça, je suis aussi triste quand je vois ces immigrés qui tentent de gagner leur vie en vendant des Tour Eiffel miniatures et qui se font courser par la police. Je me demande pourquoi. Ils essaient de gagner honnêtement leur vie au lieu de voler ou d'agresser et ne peuvent pas travailler parce qu'ils n'ont pas de papiers. Que veut le gouvernement ? D'accord, quand ils vendent des bouteilles d'eau, c'est de la concurrence déloyale par rapport aux commerçants, mais s'ils ne les mettaient pas à 4€ la petite bouteille d'Evian, en serait-il autrement ? De plus, ils peuvent faire des marges sur d'autres produits comme les crêpes. Enfin voilà, je comprends pas. Il y a tout de même d'autres priorités que des pakistanais qui vendent des Tour Eiffel, des bouteilles d'eaux, ou des mamas qui vendent des fruits et légumes "du bled" à Barbès, non ? Pour les cigarettes, je peux évidemment comprendre parce que la santé d'autrui est en danger, mais sincèrement, de pauvres petites Tour Eiffel... ?

Bon voilà, j'ai fini de me plaindre de ce monde cruel.
Cela dit, j'ai une dernière interrogation : Comment Edward Cullen bande-t-il si son sang ne circule pas ?