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21 mars 2014

Journalisme, or not journalisme.

"C'est le genre d'interview qui pourrait lancer ta carrière de journaliste."
- Un de mes supérieurs, il y a quelques heures.

Je bosse pour Ragemag depuis quelques mois en temps que secrétaire de rédaction, bénévolement. Ca me prend pas énormément de temps par semaine et j'apporte ma pierre pour la construction d'une certaine vision du journalisme, que je partage, tout en me cultivant constamment (moi qui ne connaissais rien à la situation politique de la Thaïlande...).

Il y a quelques temps, le rédacteur en chef, après concertation avec le reste de la hiérarchie, m'a proposé d'écrire. Toujours partante, j'ai accepté. Résultat : lundi, je pars à l'aventure dans les locaux de la rédaction d'un magazine que vous connaissez très certainement. Je ne suis pas sûre de pouvoir publiquement en parler avant la publication de l'interview, donc je ne préciserai pas de magazine il s'agit pour le moment. J'ai eu au téléphone le journaliste qui m'accompagnera. Un poids lourd qui a des années de journalisme derrière lui et un name-dropping qui va avec son expérience. Bon, je crois qu'il est censé être là pour me rassurer, "ne pas laisser l'interviewé me bullshiter" comme il dit, mais bon, ça me rajoute aussi plus de pression : on va me juger sur mes capacités.

Travailler chez Ragemag, c'est plutôt épanouissant. J'ai un peu le sentiment d'être une imposture parce qu'on me complimente assez régulièrement sur mon travail. Pour l'anecdote, c'état tellement flatteur que je pensais le commentaire ironique et je me suis même excusé en demandant ce qui n'allait pas. Ridicule. Bref : ils sont très satisfaits de mon travail et apprécient ma personnalité. Paraît que c'est le type qu'ils cherchent du côté de la rédaction, et c'est pourquoi ils m'ont proposé d'écrire.

Je ne sais pas très bien comment le vivre. Je suis heureuse d'avoir de telles opportunités et flattée de sentir mon travail considéré, mais à côté, j'ai aussi le sentiment d'être une sorte d'imposture. J'ai peur qu'ils se rendent compte un jour qu'ils s'étaient trompé à mon égard et qu'ils m'ont surestimée. Ouais, voilà, j'ai le sentiment d'être surestimée, en fait. De ce que j'ai vécu, je ne me suis jamais sentie à l'aise dans le milieu professionnel et pragmatique (c'est pourquoi je pense de plus en plus à continuer dans le milieu universitaire en faisant de la recherche, plus tard). Je veux dire qu'en stage, on a jamais manifesté une réelle satisfaction (et ça se voit lors de l'évaluation). En même temps, j'étais en com dans une institution publique. La com. J'ai fait mes études en pensant que j'allais bosser dedans mais en fin de compte, je me sens beaucoup plus à l'aise dans le milieu journalistique. Davantage de connaissance du milieu et un intérêt grandissant.



"Je te vois TROP journaliste"
Mes potes me répètent souvent ça. Surtout celle avec qui je suis en permanence, en cours. Je crois qu'au fond, personne ne comprend pourquoi je m'obstine à penser que je vais bosser dans la com tellement ma vocation journalistique est forte. Cela dit, je ne me suis pas inscrite aux concours d'écoles de journalisme parce que j'ai vraiment pas envie de faire un master de journalisme l'année prochaine. Je crois que ce type d'études est trop conditionné aux médias traditionnels et ce n'est pas ce que j'ai envie de faire. Je n'ai ni envie de courir après l'information, ni être polyvalente et être autant incollable en géopolitique qu'en sport. 

Je vais pas développer parce que ça va faire trop dissert, mais je suis pour un journalisme de fond. Celui qui explique, qui développe, qui fait réflechir, qui informe au sens de cultiver. Un journalisme de spécialiste, en somme. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Je crois qu'au fond, même si j'ai théoriquement renoncé à être journaliste, j'ai profondément envie d'écrire pour être lue et de me situer dans une perspective de démocratisation des enjeux sociétaux. Je crois qu'inconsciemment, c'est pour ça que j'ai envie d'un master de recherche. Pas pour faire de la recherche en fait, mais pour apprendre à réflechir, et non apprendre à faire. Apprendre à faire, on l'apprend sur le tas. Je veux dire qu'on apprend pas à faire un flan en lisant la recette sur marmiton.org mais en exécutant la recette, nan ? Bah là c'est la même chose pour mes études.

Tout ça pour dire que je sais pas quoi faire de ma vie professionnelle.

25 nov. 2013

Lighthouse

Bon.

Ma grand mère est morte. Je suis en train de déménager. C'est la première fois de ma vie. Et surtout : je quitte Paris. Bon, d'accord, je vais pas non plus dans la campagne et je suis toujours desservie par le métro, mais dans le principe, je ne serai plus parisienne, alors que c'est un des adjectifs qui ressort le plus quand on veut me qualifier. Concernant le décès, je le vis plutôt bien. Cela faisait des années qu'elle était malade (j'étais encore sur skyblog, vous imaginez ?) et quelques mois qu'elle vit à l'hôpital. Je me suis habituée à son absence (nb : pour ceux qui n'ont pas suivi mon histoire, c'est avec elle que j'ai toujours vécu, elle qui m'a élevé). Le plus dur dans l'histoire, c'est de supporter le reste de ma famille. Ma mère ne m'a jamais autant cassé les couilles et plus le temps passe, plus je nie le lien de parenté que nous sommes supposées avoir. Jamais je ne me suis sentie aussi éloignée de quelqu'un. Spirituellement parlant, je veux dire. Quant à mon oncle, voilà hein. Je n'en avais jamais parlé jusqu'ici parce qu'il est l'individu qui me débecte le plus dans mon entourage. A titre illustratif, dernièrement, il m'a sorti la phrase suivante : "on a jamais rien dans ma vie si on est honnête". Voilà.

Sinon, ce soir j'ai maté The Holiday. Le film était un peu pourri mais nouveau déclic : je recrois (ou j'ai envie de recroire) à l'amour inopiné. Par conséquent, après des mois d'errance sur Adopteunmec.com et une quinzaine voire vingtaine de rencontres, j'ai enfin réussi à quitter le site. C'est fou comme c'est addictif. J'en ai assez des rencontres calculées. Je dois apprendre à être seule ("seule" étant un mot pour qualifier le fait de n'avoir personne dans le viseur), même si je fréquente toujours Lucas (voir articles précédents). Notre relation me suffit pour le moment : un truc stable, qui ne demande aucun engagement, et surtout, aucune attentes particulières. On se voit, on va au ciné, prendre des verres, parfois sans passer la nuit ensemble. Sa compagnie m'est agréable et je suis heureuse de ne pas avoir d'obligations à remplir (quotas de rdv par semaine, par exemple). Voilà.

Concernant l'école, je me suis rendue compte que je m'épanouissais pas mal. LIMITE l'impression de bosser chez Google. C'est fou comme le cadre matériel des études peut peser sur le moral. Le fait d'arriver dans de grands bâtiments propres,  d'avoir un bar à salades pour le déjeuner (et non plus des kebabs), une salle de sport, des espaces de coworking, une émission tv étudiante diffusée en continu sur un énorme écran à l'entrée, des poufs dans la bibli, des espaces détente et tout... Ca me change vraiment de Paris 8. Je réalisais pas d'à quel point étudier dans des locaux vétustes remplis de graffitis révolutionnaires pouvait influer sur mon bien-être. Niveau cours, j'ai énormément de travail, mais je me débrouille pour le moment. Cela dit, je regrette que ce soit aussi académique. Je ne trouve pas qu'on nous pousse à réfléchir au monde de demain, qu'il s'agit d'un deuxième niveau de pensée que nous devons creuser par nous-mêmes. C'est faisable, mais compliqué. Puis ça crée un fossée entre ceux qui le font, et ceux qui ne le font pas. Je trouve ça naze. Voilà.

Aussi, je vous poste le soundcloud du groupe de mon ex :) Il m'a aidé à monter ma bibli cet aprem, je vais lui apporter des écoutes s'il y a toujours quelqu'un qui me lit ici.

24 juin 2012

No future


En travaillant dans un bureau chaque jour, je me suis rendue compte que ce n'était pas ce que je voulais faire toute ma vie. Je pensais pouvoir y trouver un confort, une routine qui aurait été une solution à mon angoisse, à l'imprévu. Mais non. Arriver, dire bonjour à ses collègues, regarder ses mails, adopter un rythme que l'on reproduira semaine après chaque semaine, se soumettre à une autorité (écrire un édito et devoir laisser le directeur le signer à sa place et mettre sa photo lors de la publication), c'est assez difficile à supporter sur le long terme. Quatre mois, la routine est encore plaisante, mais une dizaine d'années, je pense que c'est quand même autre chose.

Je n'ai encore aucune idée de ce que je veux faire comme métier plus tard. Je voudrais pouvoir concilier mes activités à mes croyances. Je rappelle que c'est une idée nouvelle vu qu'il y a quelques semaines, je ne cherchais qu'un métier lucratif. Et quelques mois avant, je rêvais de travailler chez TF1, suite à un discours d'un étudiant du Celsa. Les grands noms de ses références m'ont fait rêver, mais aujourd'hui, je me rends compte qu'il n'a fait que vendre son âme au diable.

En fait, j'ai envie d'avoir une vision internationale dans ce que je fais. C'est à dire qu'aujourd'hui, je fais mon stage en communication interne, c'est à dire que je n'agis qu'en fonction des employés du Muséum national d'Histoire naturelle, ce qui est assez restreint, aussi nombreux qu'ils soient. J'ai envie de pouvoir faire en sorte de donner l'accès à internet aux cubains, par exemple, de médiatiser les avortements forcés en chine, ou de réduire la fracture numérique entre tiers monde et occident. Directement, ou indirectement. Naturellement, avec ma formation, je ne vais jamais aller sur le terrain faire de l'humanitaire, mais je peux éventuellement être dans la cellule communication d'une ONG, ou que sais-je. Je sais pas si le temps presse, si je dois absolument y réfléchir aujourd'hui ou si je peux me permettre de tout faire sur le tas.

J'ai juste envie de passer ma vie à me dire que ce que je fais vaut la peine d'être fait (ce qui n'est pas le cas pour le journalisme d'entreprise, ce que je fais actuellement, par exemple).

AH OUI, ça me plairait aussi de travailler dans les industries créatives. Je parlais de ça il y a quelques mois, en me disant que j'allais bosser chez Universal et que ce serait cool. Mais quelle vendue je faisais à l'époque, comme si l'argent et le pouvoir rendaient heureux. De nos jours, ils ne font que nous déposséder (thanks god, le diable a bien voulu me rembourser mon âme, il était bourré). Je peux travailler dans le cinéma et m'occuper des trucs un peu underground tavu, et développer la démocratisation de la culture via l'organisation des festivals comme celui de Paris (29 - 10 juillet), où tous les films sont à cinq euros, lorsque l'entrée n'est pas gratuite. Ou comme le festival des cinémas numériques d'hier, qui permettent de promouvoir des court-métrages de mec inconnus mais à grand potentiel.

Enfin, le champ de la communication est vaste. Cela dit, le fait que ce soit full of women me donne un peu d'exercer une fonction de secrétaire, sans dénigrer la profession, c'est plutôt rabaissant de savoir que les gens pensent que je suis en mode Miss France alors que ma formation me fait décrypter les médias et prendre conscience des enjeux politiques et la manipulation des foules, mais soit. Je vis avec.

17 juin 2012

L'association

Television - McAvoy 1951

Tout est allé un peu vite ces derniers jours mais je fais un article parce que j'ai eu ma première réunion pour l'association aujourd'hui. Prévenue deux jours avant. Je suis donc prise pour être rédactrice pour Utopsies, une association visant la démocratisation de la culture via des actions de sensibilisation et d'éducation aux décryptage des médias dans les écoles, collèges et lycées, entre autres. 

J'avais prévu ça comme un stage, mais il s'agit d'une association nouvelle, voire naissante, nous sommes actuellement 11 (dont 8 nouveaux recrutés comme moi). Du coup, c'est davantage un engagement sur le long terme, ce que j'avais prévu puisqu'avant de recevoir le mail pour la réunion, je leur avais envoyé un truc pour dire que je voulais être bénévole plutôt que stagiaire. Pas de réponse particulière étant donné que pendant la réunion, on a vu qu'il n'y aura aucun travail non rémunéré, mais qu'il s'agit davantage que d'un stage. La rémunération dépendra des subventions que l'on recevra dans le futur.

Je suis la plus jeune du groupe et je suis plutôt heureuse d'avoir à travailler avec des gens assez intéressants et stimulants(des cinéastes comme un game designer ou encore des médiateurs culturels). J'ai l'impression que je vais enfin sortir de mon apathie intellectuelle et de mon handicap social. A force d'être active professionnellement, je me décoince petit à petit avec les inconnus et ça c'est plutôt cool. Avec de la chance, c'est moi qui sauterait sur Meredith quand on se verra (private joke).

En sortant, j'ai trouvé ça plutôt curieux qu'ils m'aient recruté sans me transformer en esclave (puisque j'aurais de vraies responsabilités), puisque j'ai que 18 ans et que j'ai absolument rien fait de ma vie. L'engagement que je manifeste n'est qu'assez récent (suite à un déclic pendant que j'essayais de dormir) mais cela dit, vif. "Si vous êtes là, c'est que vous avez la haine", rient-ils. Moi je ne ris pas. Oui j'ai la haine contre mes congénères qui traînent sur Facebook en attendant que le temps passe alors qu'on aborde des problématiques d'économie culturelle et numérique (Hadopi, Megaupload, l'industrie musicale face aux téléchargements, politique...). Ces gens qui se vernissent les ongles pendant qu'on parle d'analyse de la production médiatique, de ses manipulations. Ces gens qui ne se soucient que de leurs séries au lieu de voir des lois liberticides. Bref, je veux à tout prix consacrer ma carrière professionnelle et ma vie tout court, pour qu'on puisse vivre aware, comme le dit si bien JC Vandamne. Et que justement, ces étudiants en option "Médiation CULTURELLE" ne puissent plus me dire "Non mais j'aime pas trop l'art, je vais pas trop dans les musées".

PS : à Antonin : Le boss a dit qu'il avait beaucoup aimé mes articles et interviews, que c'était très bien écrit et que j'avais fait de bonnes critiques de films. BIM DANS TES DENTS. Tout ça pour dire que tu peux pas me juger sur un blog que je tiens "comme ça" et des travaux un peu plus sérieux.

14 juin 2012

J+10

Coucou je profite d'une nouvelle pause déjeuner en solitaire (je mange ma pastabox en mode toute seule genre VRAIMENT SEULE AU MONDE au bureau) pour écrire un nouvel petit article.

Compte rendu de mes nouvelles conditions de vie (je passe quand même mes journées ici quoi)… L'environnement professionnel est plus flexible que je ne le pensais : j'ai beaucoup de temps pour faire de petites choses, je peux arriver avec 30min de retard sans problème, partir 2h avant (bon, ça c'était quand même exceptionnel parce que ma responsable était pas là et qu'elle était injoignable)… Donc ce n'est pas vraiment stressant de bosser là.

Seul chose : me lever à 8h tous les jours me tue littéralement. Au moment où je vous écris, je suis tellement fatiguée que j'en deviens triste. L'autre jour pareil, j'étais tellement fatiguée que j'étais au bord des larmes. Je suis vraiment physiquement épuisée alors que je fais tout pour ne pas cumuler le manque de sommeil. J'arrive relativement à me coucher avec Minuit (normal vu que je suis crevée)… Lol, qui se souvient du temps où je postais des articles à 5h du mat', torturée de ne pas pouvoir trouver le sommeil ?

Quoiqu'il en soit, le fait d'être active me rend heureuse. Je me sens beaucoup plus épanouie en faisant des tas de choses, en enchaînant de longues journées (puisque je vois mes potes après le travail) qu'en me levant à midi pour aller à la fac où je suis moyennement les cours parce qu'ayant trop dormi, j'ai la tête dans le cul.

Socialement parlant, c'est encore un peu difficile. J'ai toujours du mal à m'adresser à des adultes comme à mes amis (et pourtant, c'est ainsi qu'ils s'adressent à moi), mais cela dit, ils sont assez bienveillants à mon égard, m'aident comme ils peuvent pour que je trouve mes repères… Quant à ma responsable, je commence à m'attacher à elle. Je la trouve un peu folle dans le bon sens du terme. Elle fait des grimaces (inconsciemment je crois) de OUF quand elle se met à réfléchir (difficile à imaginer, je sais), et ne me surcharge pas trop.

En ce moment on travaille sur la newsletter du mois de Juin et la mise en place d'un format papier pour la rentrée. Je rédige des brèves dans un style impersonnel… Pas très intéressant en soi, mais bon, ça fait passer le temps. Oui parce que je me retrouve souvent désoeuvrée, ma responsable part en réunion ou en déjeuner ou je sais pas où, et je me retrouve les bras ballants sans savoir quoi faire (après avoir pris toutes les initiatives possibles bien sûr). C'est pas que je m'ennuie mais le travail est selon moi, pas assez dense, ni intense. J'apprends bien sûr quelques petites choses, mais cela reste trop lent pour moi. J'ai beau lui avoir demandé de me donner à faire plus de choses en une seule fois, mais ça n'a pas changé grand chose. Elle m'a dit que c'est parce qu'elle était habituée à ses anciens stagiaires qui prenaient 3 jours pour faire un mini-truc.

Bon, grosso modo, je sais pas comment je vais faire pour tenir encore trois mois, physiquement parlant.  Au bout de 10 jours, je suis déjà en train de craquer alors que je dors suffisamment (environ 8h).

6 juin 2012

Kikoolol le bonheur !!


Aujourd'hui, je sortais du boulot et j'me dirigeais vers le metro. Sur le chemin, je me suis dit que j'étais heureuse. Pas là maintenant tout de suite, mais heureuse dans ma vie tout court. Je trouve ça bizarre qu'on demande pas plus souvent à nos proches s'ils sont heureux alors que ça semble important quand même, mais bref. J'ai trouvé cette pensée assez bizarre parce qu'après avoir vécu tout le déluge que représentait mon existence pendant quelques mois, j'ai cru que je ne m'en sortirais jamais. Vous avez vécu ces vives souffrances et ces difficultés avec moi, elles ne vous sont pas étrangères, mais je pense que par souci de pudeur (oui oui ça m'arrive d'être pudique), je ne vous en ai dévoilé qu'un centième de ce qui en était vraiment.

Et pourtant, aujourd'hui je suis toujours là. Et heureuse en plus. Je me sens comme libérée. Qui dit liberté parle d'enfermement. Et pourtant, je saurais pas décrire ce qui m'enchaînait, ce qui me retenait d'être heureuse. Un mal être, une boule d'angoisse qui me faisait broyer du noir tout le temps. Bon je suis toujours angoissée mais c'est dans ma façon d'être et elle n'est handicapante que socialement. Je veux dire qu'elle n'a plus d'impact sur mon mental.

Bon, même si pour le moment, je me fais un peu chier au boulot, je suis quand même contente d'avoir postulé. Les gens sont gentils et accueillants (tellement que ça me met mal à l'aise). Ca me fera une belle expérience sur le CV, ça m'apprendra à tutoyer les adultes et ça m'apportera des places gratuites pour le zoo, des chemises à rabats et des post-it gratuits.

4 juin 2012

Premier jour de stage



Bon, j'arrive. Puis j'attends trente minutes : ma responsable de stage pensait m'avoir dit 10h. Okiii. Et finalement, c'est ce que j'ai fait de toute la journée : attendre. J'attendais que le temps passe, qu'elle me donne des tâches à effectuer (chose faite une heure avant la fin de ma journée), en lisant les brochures qu'elle me donnait le temps qu'elle finisse ce qu'elle avait à faire (son boulot pour la journée quoi).

Donc je feuilletais les brochures et je suis tombée sur une expo sur les rhinogrades, donc j'ai fait des recherches en ricanant toute seule dans mon coin. "Le reniflard chuintant pêche dans les cours d'eau à l'aide d'une secréation visqueuse qui s'écoule de son nez. Il renifle fortement pour remonter la ligne."  (il s'agit d'un excellent canular scientifique)... Jusqu'à ce que je me rappelle que mon bureau (oui j'ai un bureau et un Mac G5 pour moi toute seule hihi) était... En open-space. Oui. Naïve, j'ai osé penser que c'était stylé. Alors qu'en réalité, c'est l'endroit où on se sent le plus oppressé du monde, croulant sous le regard des collègues qui nous épient du coin de l'oeil (enfin c'est ce dont on est persuadés). 

Collègues que je dois TUTOYER. Je sais pas si j'en ai déjà parlé mais je présente un blocage par rapport au tutoiement des adultes. Trois d'en elles (ya que d'la meuf) m'ont dit "tu peux me tutoyer ^_^" mais c'est plus fort que moi, ça ne me vient pas à l'idée de tutoyer des adultes, qui, d'autant plus, me sont inconnus. Bref, trop d'angoisse sociale pour moi pour aujourd'hui. Mais globalement, elles sont toutes d'une gentillesse absolue et m'ont beaucoup aidée pour que je me sente à l'aise et que j'ai tout ce dont j'ai besoin. 

J'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et d'aller manger avec l'une d'entre elle (une des plus jeunes) demain, qui m'a proposé de venir avec elle aujourd'hui mais j'avais déjà mangé au CROUS (cantine universitaire) de Jussieu (Paris 6 Pierre Marie Curie) toute seule, en pensant qu'en allant en CROUS je me retrouverais dans un endroit familier, MAIS PAS DU TOUT. Déjà, j'ai mis une bonne trentaine de minutes pour y parvenir tellement la fac est géante (et demandé à 5 personnes) puis je me suis retrouvée à devoir choisir entre deux queues sans savoir à quoi elles correspondaient et à devoir calculer mon repas avec un système de points bizarres alors qu'au CROUS de ma fac, on entre (pas de queue), on prend entrée+plat+dessert sauf quand on prend une pizza, c'est entrée ou dessert. Et puis c'est tout quoi. Trop d'obstacles déstabilisants à affronter seule. Bon, n'allez pas imaginer que j'étais en panique non plus, mais ça m'a soulée de faire face à tant de choses (futiles) qui me perdaient ou qui me mettaient mal à l'aise. Ca me rappelle encore une fois à quel point j'adore me complaire dans le confort du familier.

J'ai donc mangé seule. Grande angoisse pour moi depuis le collège, que de manger seule à la cantine (j'en avais déjà parlé à mon entrée au lycée). Ici, le regard des gens ne m'a pas fondamentalement dérangée étant donné que ce n'était pas mon établissement. Ce qui m'a soûlée, c'est qu'en mangeant, je m'emmerdais. Chez moi, j'ai l'habitude de manger devant l'ordi ou la télé, au lycée avec mes amies et à la fac je mange en cours. Je me suis donc retrouvée seule au monde avec ma pizza 4 fromages (qui était, cela dit, excellente), jusqu'à ce qu'une fille minuscule vienne se mettre en face de moi. Pour ne rien dire. Elle aurait pu tenter un "coucou, je peux me mettre là ?" et engager la discussion, mais non. De ce silence, j'en ai déduit qu'elle ne voulait pas forcément discuter, en se mettant juste en face de moi, du coup j'ai rien tenté non plus. Mais c'était une situation assez bizarre quand même. Finalement, j'en ai conclus qu'elle ne voulait pas faire ma connaissance mais juste ne pas PARAÎTRE seule.

De retour au boulot, j'étais toujours stressée parce que j'allais devoir faire du benchmarking, terme que je n'ai jamais entendu avant l'entretien (j'ai fait des recherches pas la suite mais voilà quoi) et que j'avais RDV avec le dircom dans quinze jours pour lui présenter un projet.

En conclusion, un avis assez mitigé sur la situation. D'autant plus que personne ne retient mon prénom. Je dois reconstruire tout mon monde dans un nouvel univers, rendre de nouvelles choses familières et redéfinir mon identité et ma façon d'être, ce qui demande une force incommensurable. L'idée d'y passer treize semaines m'angoisse pas mal...

3 juin 2012

Stage J-1

JE SUIS TROP SOUS PRESSION

Demain, je commence mon stage. Je sais pas comment je vais tenir quatre mois en travaillant 5 jours par semaine alors que ça fait un an que je suis habituée à avoir 3 jours par semaine, ni comment je vais pouvoir enchaîner ces journées 9h30-17h... Je suis super angoissée : peur de ne pas être à la hauteur, peur d'être incompétente, peur de la fatigue, peur de demander ce qu'est le benchmarking, peur de l'exigence (fac = laxisme total), peur de partir (je partirais sûrement faire des missions en province).... Voilà quoi. 

19 mai 2012

Fuck yeaaah

J'ai reçu un mail de l'association pour laquelle j'ai postulé, pour septembre-octobre.

J'avais passé l'entretien d'embauche et suite à ça, ils m'avaient demandé de leur envoyer quelques écrits. Aujourd'hui ils m'ont répondu pour me dire :

- Qu'ils avaient >>>> vraiment <<<< bien aimé, trouvé ça intéressant
- Mon style est clair, précis et très personnel (je leur avais envoyé aussi l'article sur Megaupload)
- Mes critiques cinématographiques sont >>>> très <<<< pertinentes
- Mes interviews sont bien menées et structurées

Et que j'aurais une réponse d'ici 15 jours !

Sans vouloir me la jouer Laura Ingalls, à la lecture de ce mail, mon coeur s'est emplit de joie. En ce moment je bénéficie d'une reconnaissance de la part des professionnels qui me donne non seulement confiance en mon futur, mais ça regonfle aussi la motivation que je peux avoir pour les cours. Tout cela ne serait donc pas fait si vain que ça...

Si tout se passe bien, je ferais donc mon stage au Muséum jusqu'à mi septembre, puis j'enchaînerais en temps partiel pour l'association pour l'apprentissage des nouvelles technologies dans un but culturel. Je vais enfin me sentir active, utile et THANKS GOD je vais enfin commencer à apprendre des choses concrètes qui vont me grandir humainement.

Petite ombre. En recevant le mail, j'étais tellement fière de moi que j'ai voulu le lire à ma mère qui m'a répondu "ok c'est bien". Juste "ok c'est bien", comme si je lui avais annoncé que j'avais gagné 2€ au Millionnaire. Un "ok c'est bien" qui sonne comme un "ok mais s'ta vie". C'est vraiment ignoble de devoir vivre en se passant de la reconnaissance de ma mère. J'ai le sentiment que même si j'étais complètement abrutie et illétrée, ça aurait pareil. Grandir dans l'indifférence la plus totale et faire comme si c'était normal. Je ne peux pas lui dire "Mais tu t'en fous ou quoi ?" parce qu'elle ne me répondrait que "Bah non !!" sur un ton tout aussi nonchalant que son "ok c'est bien". 

J'en souffre moins qu'avant, c'est sûr, parce que j'ai le soutien mon copain et de mes amis, mais personne ne pourra remplacer ma mère. J'ai beau souvent dire que j'en ai rien à foutre d'elle, mais elle compte quand même. Rien que pour mon ego personnel, je voudrais qu'elle reconnaisse que d'être parvenue dans la situation dans laquelle je suis aujourd'hui, par rapport à l'environnement auquel elle m'a destiné, c'est quand même pas mal. Et que tout ce que j'ai développé, c'est loin d'être grâce à elle. 

Je voudrais pouvoir la voir un jour être fière de ma mère, ce qui ne se réalisera probablement jamais.

17 mai 2012

Entretien avec le prof

Ce matin j'étais dans le bureau de mon responsable d'insertion professionnelle pour mon stage. Il est aussi mon prof. Ca m'a fait bizarre parce qu'il a commencé à faire mon éloge pendant une dizaine de minutes. De ce qu'il sait de moi, de ce qu'il a pu remarquer en cours, il m'a décrite comme une fille réactive qui percute vite et bien, qui a souvent une avance par rapport aux autres, "un quelque chose que les autres n'ont pas". 

Sur le coup, j'en tremblais. Je trouvais ces compliments tellement illégitimes. Bien sûr que je suis en avance par rapport à des meufs qui se vernissent les ongles en cours. Encore heureux ! Mais dans sa façon de parler, c'est comme si l'élément de comparaison n'était pas que les étudiants de Paris 8 mais les gens de mon âge tout court. Je me sens gênée vis à vis de ça, simplement parce que j'ai l'impression d'être comme tout le monde, noyée dans la masse. Je me suis dit que c'était juste un prof qui m'aimait bien, comme d'habitude... Jusqu'à ce qu'il rajoute : "Je pense que vous pouvez loin, très loin."

Et là, j'avais la gorge nouée, même si je ne laissais rien transparaître. J'étais émue qu'un prof, que quelqu'un, puisse croire autant en moi (sûrement plus que ma mère), alors que je savais même pas s'il associait ma tête à ce prénom si compliqué sur la liste d'appel. Il m'a poussé à croire en mes capacités, à ce que je pouvais faire.. En fait, ça fait quelques semaines que je suis complètement démotivée pour le Celsa. Je me suis dit que je ne pourrais jamais l'avoir avec une formation aussi peu stimulante, alors le travail que je peux faire à côté est vain (la moitié des étudiants du Celsa sont des gens de prépas). Mais cet entretien imprévu (à la base, je lui donnais juste une fiche) a agi sur moi comme une piqure d'adrénaline. Il n'avait aucun intérêt à déclarer ce genre de choses, aucune raison de me dire d'aller au bout de mes ambitions, et pourtant il l'a fait. 

Ce ne doit pas être si illégitime que ça, apparemment. Je sais pas. Je me sens si normale que ça me paraît juste invraisemblable que la fille dont il parlait soit celle qui vous écrit en ce moment. J'ai pas l'impression d'avoir fait de trucs de ouf de ma vie, ni d'être quelqu'un d'extraordinaire, et pourtant, c'est si plaisant de savoir qu'il y a des gens qui vous pensent comme tels.

Ensuite, il m'a félicité pour mon stage et la façon dont je l'ai eu, le fait que j'ai osé envoyer une candidature spontanée à une grande institution (qui est le Muséum National d'Histoire Naturelle ! :)) et tout. Il était surpris parce que pour une L1, j'ai réussi à avoir un truc beaucoup plus intéressant que ce qu'il voit d'habitude en troisième année. Neutre, il m'a tout de même parler de la façon dont les gens pouvaient interpréter ma réactivité. Ils peuvent prendre ça comme du mépris. J'ai souri. Combien de fois, combien de gens me trouvent-ils méprisante sans me connaître ? Lui même en a fait les frais, avoue-t-il. Maintenant, je dois corriger ça. Peut être me tempérer et ne pas répondre au quart de tour tout le temps pour baisser le niveau de "je sais tout sur tout tout le temps donc je t'ignore, ignare"... ? J'sais pas.

Mon lieu de travail dès Juin. Normal.

5 mai 2012

Entretien d'embauche n°3

Bémol, il n'aura duré que 20 minutes. Est-ce vraiment important dans l'appréciation qu'on aura de moi ? Et s'ils s'étaient dit "ok, cette meuf n'a absolument rien à raconter" ? Sur le chemin du retour, mon esprit d'escalier a frappé et je me suis mise à marmonner tout ce que j'aurais du développer, notamment sur ma situation personnelle, où la culture s'est ouverte à moi via Internet, l'association ayant pour but de démocratiser la culture via les nouvelles technologies.

Quoiqu'il en soit, j'ai le sentiment qu'il s'est assez bien passé, les trois personnes semblaient assez réceptives à ce que je disais. J'ai même osé faire un peu d'humour en évoquant l'affaire Megaupload, en disant que j'étais stupéfaite que mes congénères soient plus touchés parce qu'ils ne pouvaient plus regarder les Frères Scott, que révoltés face aux lois liberticides. En tout cas, le stage me semble extrêmement intéressant, et je me sens vachement concernée par leurs activités puisqu'ils proposent aussi des interventions dans les écoles pour sensibiliser les enfants au rapport culturel qu'ils peuvent entretenir avec les écrans. Mais j'ai malheureusement pas assez montré mon implication personnelle. Je leur ai parlé de mon blog, et j'ai failli leur donner l'adresse pour qu'ils aillent voir mes nombreux articles sur me, myself and I concernant mon niveau de culture par rapport à mon environnement social, mais j'me suis dit que ce serait trop irréfléchi.

En tout cas, j'en sors extrêmement contente parce que j'étais torturée par le dilemne suivant : si j'étais prise là, je devais faire le choix entre l'institution culturelle prestigieuse et l'association, ce qui m'aurait littéralement tuée. Mais le stage ne commencera qu'à partir de septembre/octobre, ce qui me permet de faire mon stage à l'institution et de travailler à temps partiel pour l'association, qui consiste à rédiger des articles sur leur site !

28 avr. 2012

Entretien d'embauche n°2

Je crois que je suis prise.
Ca s'est fini par "Ecoutez, vous m'envoyez tout ça dans la semaine du 21 mai..." après m'avoir énuméré tous les documents pour la convention de stage et des trucs genre papier de l'assurance et tout, alors qu'elle n'avait pas encore lu les interviews et articles que j'ai rédigé dans la semaine. Elle a fait comme si ça dépendait de moi genre "Si c'est oui, si c'est non... Vous m'envoyez un mail, d'accord ?". C'est bizarre que n'ai pas été un "je vous recontacte" non ? Vous en pensez quoi ?

Quoiqu'il en soit, il s'est extrêmement bien passé. Vu que c'est une grande institution culturelle, je m'attendais à quelque chose d'assez stricte, un véritable entretien avec des questions pièges, ou des trucs comme "Quelles sont vos qualités ?" et tout. Et bien non, pas du tout ! J'ai été reçue par la dame à qui j'avais écrit le mail, dans son bureau pépère. Je l'ai trouvé extrêmement bienveillante. Elle a commencé par me présenter l'institution, alors que pour moi, la base de la base, quand on postule quelque part, on s'est quand même un minimum renseigné ! Elle a décrit toutes les tâches et je serais un peu chef de projet (alors que j'ai jamais eu le cours de gestion de projet !!!!), enfin je l'assisterais dans son travail : essentiellement du journalisme d'entreprise et de l'évenementiel.

J'ai un peu paniqué dans ma tête, j'avais peur qu'elle oublie que ce soit trop ambitieux par rapport à mon savoir théorique donc je lui ai subtilement rappelé que j'étais en première année. Ce à quoi elle a précisé que d'habitude, elle ne prenait que des bac+5. Donc j'ai rajouté "Ah oui, c'est un gros décalage quand même..." qui devait être compris comme "Ah oui, je suis encore une jeune petite merde vous savez..." mais apparemment, ça ne posait pas de problème parce que ce qui comptait était la débrouillardise et l'autonomie. Franchement, après avoir trouvé des gens, préparé une dizaine de questions pour chacun, attendu leur réponse et rédigé 5 interviews dont 2 articles en un temps très limité, je PENSE être quand même débrouillarde.

Je me suis sentie conne parce que j'ai passé une demi heure dans un parc à marmonner toute seule des réponses à des questions bateaux style "Quels sont défauts ?" j'aurais répondu que j'ai un peu trop le goût des choses bien faites, c'est à dire que je suis tellement maladivement appliquée dans mon travail, ou encore "Qu'est ce que la communication interne pour vous ?", ce à quoi j'avais préparé "C'est ce qui lie dirigeants et salariés, ce qui crée un esprit communautaire, une culture de l'entreprise, via l'organisation d'ateliers d'initiation aux NTIC ou encore les brochures informatives". Je me sens vraiment ridicule quand je repense à tout mon trac alors que la dame était super gentille.

J'ai lolé au moment où elle a parlé de la rémunération, genre sur le ton de "Par contre... :S" alors que c'est plus que ce que j'espérais. A la base, je visais même pas un truc rémunéré puisque j'ai aucune expérience et tout. Enfin bref, mon seul stress maintenant, c'est de la décevoir. Je sais que je suis relativement rigoureuse et sérieuse comme meuf, mais j'ai trop peur être incapable de faire ce qu'elle me demande, justement parce que je n'ai aucune expérience, et que je n'ai suivi pas suivi les cours comme "gestion de projet". Enfin je lui ai aussi bien préciser que j'étais là pour apprendre la pratique. Mais je sens qu'ils ne comptent pas m'exploiter comme l'autre boîte qui demandaient des idées de vrais professionnels diplômés comme "quelles sont vos idées pour augmenter la rentabilité du site ?". 

Enfin bref, le travail s'annonce trop bien, le cadre est idéal et j'aurais mon bureau en open space ! Si ça se trouve je me fais un putain de film et que je suis pas prise du tout...

Pour savoir de quelle institution il s'agit, devinez où je me trouve, hihihihihi :

22 avr. 2012

Time of my life

Bon d'accord, il était six heures du mat et j'ai fini par décréter ça après plusieurs heures d'overthinking et une journée un peu épuisante mais ça y est, j'ai vécu the déclic de ma vie.

J'ai encore réfléchi à mon entretien d'embauche qui m'a ouvert les yeux sur la force de mes convictions, qui n'étaient pas celles que je croyais. Toute ma vie, j'ai rabâché tout mon entourage et même vous, sur le mérite, l'ascension sociale, mes conditions de vie, blablabla... J'ai toujours pensé à mon ascension personnelle sans penser à ceux des autres. Au final, ce qui me parait le plus important, ce n'est pas moi, mais que d'autres puissent agir comme moi, qu'il ai la possibilité et l'ouverture d'esprit pour. Lutter contre la détermination sociale et plus généralement, faire vivre la culture, ça me meut un peu plus que d'avoir un showroom ikea comme salon.

C'est comme ça que je me suis dit qu'à partir de ce soir (enfin hier soir/ce matin), professionnellement, je renonçais à toute ascension sociale si ça s'opposait au développement de la culture. Avant, je voulais bosser pour TF1 ou une major (si jamais je fais effectivement carrière dans les industries culturelles) parce qu'on y gagne plus, mais je veux promouvoir la création et l'innovation, je ne veux plus participer au foutage de gueule des peuples, alors voila, quitte à gagner un salaire moins fourni (mais il faut vivre quand même hein !), je préférerais alors bosser chez les indés.

Du coup, je sais plus vraiment ce que je veux faire, dans quel secteur de la com. Tout m'intéresse théoriquement, mais dans la pratique, j'ai envie de dire "rien", dans la mesure où rien ne me passionne vraiment, pour le moment... Bref, tout ça pour dire que ces temps ci, j'étais vraiment perchée et à l'ouest.

Ah oui et j'ai oublié de raconter que j'étais allée à un Before du Quai Branly. C'était très intéressant, bien qu'un peu trop "truc d'artiste élitiste incompréhensible" (vous trouverez un sens au mec qui est venu se tortiller, agonisant, à mes pieds, ce qui m'a coupé le souffle tellement j'étais sous tension) et l'expo "Les Maîtres du Désordre" est riche et complète, elle aborde plein de trucs comme l'exorcisme ou les bacchanales, c'est pas mal !

21 avr. 2012

Entretien d'embauche n°1

Voila. J’ai passé le premier entretien d'embauche de ma vie. C'était horrible. Jusque là, je ne voulais pas en parler parce qu'on tombe sur mon skyblog quand on tape "blog thanh-nhan" sur Google, même si que tout a disparu ! Je comprends pas pourquoi ça apparaît. Bref, maintenant que je les reverrais plus jamais, je pense que je peux me le permettre.

C'était donc, pour un site people, inutile de rementionner. Je vous avais fait part de mes hésitations et finalement, j'ai décidé de postuler quand même, parce que ça m'aurait fait du fric et de l'expérience pour mon CV, et donc indirectement un bon point pour mon entretien au Celsa. J'avais postulé en me disant que vu que c'était une PME, j'aurais sûrement plus à apprendre qu'en servant le café ailleurs. Mais après discussion, j'avais l'impression qu'ils cherchaient plus des dipômés d'écoles de commerce qu'ils ne pourraient pas embaucher parce qu'ils coûteraient plus cher qu'une petite L1 en licence. Cela dit, impossible de tenir ma langue.

Une fois arrivée sur place, dans le 16ème, j'ai été surprise par l'autosuffisance que manifestait l'une des deux personnes qui me faisaient passer l'entretien. Sur leurs deux sites d'une infâme débilité, l'un avait les mêmes statistiques que celles de mon blog. Du coup, j’en ai parlé. Pour répondre à ça, le mec m'a montré leurs visites en mettant son stylo genre "téma, c'est en croissance !" sauf que la croissance n'était pas réellement probante pour un support numérique (style 200 visites de plus par mois), ça ne buzzait pas comme il le prétendait.

Au fil de la discussion, j'ai donc compris que leur unique but, c'était de se faire de l'argent. Que la ligne éditoriale ne pourrait pas bouger, que le site a pour concept de se moquer des gros, et il en sera ainsi. Le boulot avait trois dimensions : générer du contenu, augmenter la notoriété et optimiser les revenus. Ils m'avaient demandé d'écrire des articles lundi, ce que j'ai fait docilement, respectivement sur : la cellulite de Christina Aguilera, Loana et 30 millions d'amis et la censure des seins de Kate Winslet en Chine. Et oui, ça vole haut. Du coup, je leur ai annoncé qu’honnêtement, je me voyais pas écrire sur la cellulite pendant un mois. Mines déconfites, haussement de sourcils.

Ils ont aussi essayé de me piéger en me demandant si je connaissais la nouvelle égérie de Dior, j'ai évidemment dit non. "C'est une jeune asiatique qui fait des vidéos..." En réalité, ils parlaient de Michelle Phan, et c'était pour Lancôme, ce que je n'ai pas hésité à repréciser, ce qui leur a foutu le seum. Nouvel haussement de sourcils. Je pense qu'ils étaient assez condescendants, genre « mais pourquoi t’ouvres ta bouche, t’as 18 ans et tu viens du ghetto » vu qu'ils ont souligné que je venais d'avoir mon bac, mais d'un autre côté, je pense qu'un peu d'humilité de leur côté leur permettrait d'atteindre leur finalité.

Enfin j'avais bien compris qu'il essayait de me déstabiliser à coup d'affirmations péremptoires censées m'impressionner style "3 caméras à 200€ ont été vendues suite à un clic sur notre site", "on est 5ème en buzz internet", mais en réalité, si je perdais effectivement mes mots et mes moyens, c’est parce que j'étais sidérée par ce qu'on me demandait de faire qui ne correspondait ni à un travail de communication, ni à ce qui est humainement respectable. Au début, j'essayais un peu de jouer à leur jeu et j’ai suggéré de mettre du sexe. Chose que le mec a repris contre moi lorsque je me suis finalement insurgée puisque lorsque j'ai dit que faire un site dans l'unique but de se moquer des gros était totalement immoral, il m'a rétorqué que parler de sexe n'était pas plus noble. 

Tout ce qu'il voulait faire, c'était calquer sur les modèles déjà existants, pensant qu'il s'agissait de valeurs sûres. J'avais du mal à m'exprimer mais j'aurais voulu lui dire que s'ils existent en tant que leaders, c'est parce qu'ils avaient LEUR identité discursive et que l'idée des PME, c'était justement d'aller chercher l'innovation pour plaire, pas du "monopole réchauffé". En gros, ce qu'on apprend à l'école quoi : On ne recopie pas, ça ne sert à rien !

A la fin de mon pétage de câble, je leur ai demandé si selon eux, un site qui se fout de la gueule des gros (chose qu'ils revendiquent hein, c'est pas un avis personnel) était ce dont les gens avaient besoin. «Pas la peine de tourner autour du pot,  je pense que ça ne va pas le faire, merci d'être venue, je vous raccompagne », ce à quoi j'ai répondu « moi non plus », bien contente de ne pas avoir à travailler pour ce genre d'entreprises qui découlent d’un capitalisme exacerbé sans conscience. Mais d'un autre côté, je suis assez dégoutée d'avoir totalement raté mon premier entretien d'embauche.

Je regrette pas ce que j'ai pu dire, mais ptet la façon dont je l'ai dite. Je pense pas être spécialement "grande gueule" mais je suis assez honnête et agressive parfois. Une fois, lors d'un débat en classe, une fille avait dit "Moi, par exemple..." et j'ai rétorqué "Nan mais on parle pas de toi là !" sur un ton vraiment méchant. Du coup je suis allée la voir pour lui présenter des excuses mais ce côté brutal que j'ai dans ma façon de parler peut me desservir dans beaucoup de situations. Je sais pas comment y remédier.

Quoiqu’il en soit, voilà, j’ai raté un boulot au nom de mes convictions et de mes valeurs. Je pensais pas qu’elles prendraient le dessus sur mon intérêt financier, la prochaine fois, je ferais plus attention à ce pourquoi je postule. 

18 avr. 2012

Entretien avec Louise

Je sais que j'écris pas beaucoup mais je manque de temps, entre le boulot et le dodo. Hier, je suis juste allée chez le coiffeur, j'aime pas trop ma nouvelle coupe parce que ça fait bitchy bizarre mais ça passe relativement. Je me suis aussi évanouie au Charlotte Bar et je me suis éclatée la lèvre contre le sol. Du coup, une de mes dents me fait un peu mal et j'ai trop peur qu'elle tombe. Je me suis évidemment tapé la grosse honte, donc je pense que je n'y retournerai jamais. Je n'ai pourtant bu qu'un verre, mais c'est comme si je m'étais subitement endormie pour me réveiller dans la rue avec mon pote à côté. Quoiqu'il en soit, voilà le premier truc que j'ai fait pour mon entretien d'embauche. Je le poste car j'ai besoin de différents avis, autres que ceux de mes potes pas forcément objectifs, pour voir si ça va. Un peu modifié pour préserver l'anonymat de ma pote quand même ! N'ayez pas peur de me vexer, mais faites dans le constructif quand même, merci d'avance ! (et corrigez moi les fautes d'orthographe, d'inattention, etc...)


Louise est une jeune bachelière parisienne, fraîchement émigrée au Canada. Confrontée au choc culturel, elle doit aussi faire face à l'inconnu, à l'indépendance, mais aussi aux aléas de la vie étudiante. Trois mois après s'être installée, elle nous parle avec entrain de son quotidien.

En quête d’indépendance
Après un baccalauréat littéraire au lycée L à Paris, Louise décide de partir à Montréal, motivée par une amie qui, quelques années auparavant, la faisait rêver en lui parlant d’études à New York. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle avait aussi soif d’aventures et d’émancipation. Elle ne rentrera qu’une fois par an, pour Noël. Quitter le cocon familial fut difficile, mais son besoin de voler de ses propres ailes et surtout de prouver qu’elle en était capable a pris le dessus. « Connaitre autre chose, se confronter aux difficultés de la vie, être seule pour grandir... Montréal c'est loin, c'est cool, c'est différent, ça parle français... Parfait ! » nous raconte-t-elle, en glissant qu’elle avait aussi choisi Montréal parce que Vancouver, « c’était pas possible, j'avais un niveau d'anglais à faire mourir de rire une vache espagnole... ».

La découverte du nouveau continent
Quelques mois avant son départ, elle avait tout idéalisé. En arrivant dans la ville, « rien ne ressemble à ce que je m'étais imaginé, mais c'est encore plus génial qu'en rêve », lâche-t-elle avec un sourire béat qui semble fixé à jamais. Cela dit, les premiers déboires arrivent vite. La jeune fille vit dans une résidence universitaire, à 45 minutes à pied de toute station de métro. « Ca m’est arrivé souvent de rentrer bourrée ou crevée par -20°C parce que mon bus n’arrivait pas. Je pense que je vais chercher une colocation plus près du centre quand mon bail sera fini », précise-t-elle. Elle dort alors dans une chambre plutôt grande, avec une salle de bain, mais dispose d’une cuisine collective assez loin de sa chambre : « ma vaisselle s’entasse dans ma chambre, et j’ai rarement le courage d’aller me préparer de gros repas… » Du coup, à la place du fameux poulet rôti de maman, elle se fait des œufs durs dans sa bouilloire électrique. Mais pour nous rassurer, elle précise qu’elle a tout de même des « plans pour manger gratos », dans son bar préféré où on lui offre des nachos.

Les études au Cégep du Vieux Montréal
Louise s’est engagée dans un cursus de sciences humaines, et plus précisément, en « action sociale et médias » où elle étudie la sociologie, l’histoire et le journalisme. Elle est au Cégep du Vieux Montréal : il s’agit d’un programme pré-universitaire pour deux ans que 6500 élèves intègrent vers leurs 17 ans, après le « Secondaire », l’équivalent du lycée, avant de se diriger vers l’université. Pour sa part, ce sera l’Ecole de Journalisme en spécialisation Radio de l’Université du Québec à Montréal (Uqam).

Une éducation à la canadienne
Pour l’instant, les cours se rapprochent de ceux du lycée, mais elle note que la pédagogie et les critères d’évaluation ne sont pas du tout les mêmes qu’en France : le travail est plus participatif, on privilégie l’oral et les activités de groupe. « Comme les étudiants québécois ont l’habitude de ce système, c’est assez intéressant, ça ne finit pas en débat stérile comme en philo au lycée du genre ‘’Moi je pense que l’art c’est trop bien’’ avec l’autre qui répond  ‘’Pourquoi tu dis ça ? Ca sert a rien, ah ouais’’», imite-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Quant au lieu, il ne ressemble pas du tout à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qu’elle a fréquenté en auditrice libre, loin de là : « 11 étages, un café étudiant avec des sandwichs bio, des graffitis un peu partout, une salle de mixage ouverte à quasiment tous les étudiants qui oseront imposer leur style musical, une piscine, 12 gymnases, une salle d’exposition pour les étudiants en arts plastiques, une grande bibliothèque avec de grands sièges et pleins de livres que tu peux lire avec vue sur Montréal » nous énumère Louise, les étoiles dans les yeux. De quoi faire rêver les frenchies !

Au cœur d’un mouvement social
Ces infrastructures ont évidemment un coût. En nous en parlant, son expression se transforme car « même si le Québec est la région où l’accès à l’éducation est le moins cher en Amérique du nord, c’est quand même plus cher qu’en France. Le gouvernement est actuellement en train d’essayer de faire passer une hausse des frais de scolarité de 1600 balles par an… La grève générale illimitée a été décrétée il y a maintenant 9 semaines, donc 9 semaines que je ne vais pas en cours… ». Elle nous raconte qu’elle porte fièrement son carré rouge, symbole des étudiants contestataires. Le mouvement a grandi et on voit maintenant des journaux mettre ce fameux carré rouge en Une, mais aussi des grands parents le porter. Elle a récemment participé à une manifestation de 200 000 personnes : « La ville entière assaillie par des drapeaux rouges. C’était très beau. » . Elle dénonce cette hausse et pense que l’argent ne contribuera pas à améliorer les conditions d’études des étudiants mais reviendra plutôt aux multinationales qui investissent dans les universités.

La vie sociale
De nature sociable, elle se fait rapidement des amis, mais pas dans sa résidence universitaire, au troisième étage, où les étudiants se connaissaient déjà depuis plusieurs années. A cette difficulté, elle rajoute « et aussi parce qu’ils n’ont pas exactement les mêmes intérêts que moi ». En effet, ils sont en… Thanatologie ! C'est-à-dire qu’ils étudient la mort. Certains seront médecins légistes, d’autres embaumeurs… Elle préfère en rire : « Les discussions dans la cuisine collective ne sont pas forcément hyper appétissantes ». En dépit de cela, elle se plaît beaucoup au Québec : « cela ne fait que 3 mois que je suis là et parfois, je me dis que j’aimerais rester ici toute ma vie », nous confie-t-elle, rêveuse.

3 avr. 2012

HELP ENTRETIEN

La semaine prochaine, j'ai un entretien pour une grande institution (je dis pas laquelle pour le moment, vous allez tous vous ruer dessus !!) :D. Au fil du temps, j'ai appris à être à l'aise lorsque je m'adressais à un adulte, de manière professionnelle (comprendre : les profs) donc ce n'est pas tant la confrontation avec la responsable qui me stresse mais plutôt l'enjeu. Soyons réaliste, je ne suis qu'en première année et je n'ai aucune expérience. C'est déjà un miracle qu'ils m'aient proposé un entretien !

Plusieurs questions :

- Je mets quoi ? Robe noire ptet trop habillée OU Jupe moulante noire, à mon goût trop ras-la-chatte pour un entretien OU pantalon slim en tissu noir + une chemise achetée pour l'occasion ? Si chemise, quelle couleur ? On m'a dit que fallait être original dans la com. Et j'ai un blazer bleu marine. Je retrousse les manches, style je suis stylée mais décontractée mais pas trop, histoire de contrebalancer le côté distingué de ma robe, comme je fais habituellement ou pas ?

- Je ramène mon relevé de notes ? Si oui, comment subtilement l'introduire, sans pour autant faire "TEMA MES 16 LA !!" ?

- Des conseils ?

- Est ce que je me stresse à mater les vidéos de conseils de Cristina Cordula ou j'y vais en free style et naturelle ?

AIDEZ MOI JE STRESSE A MORT (même si j'y suis déjà allée pour demander une autorisation de tournage et qu'ils sont trop cool là bas)

Sinon hs mais mémo minceur :

Je mange plus le matin (pas d'appétit)
Le midi je mange un ptit sandwich ou une de mes préparations (taboulé ou salade) à l'arrache
Le soir je grignotte (vu que c'est pas l'heure du diner) en rentrant vu que je crève la dalle, donc plus faim pour le diner.

Donc en gros, le délire de "3 repas équilibrés" pour mincir, c'est d'la daube. J'me fais d'la rillette et de l'entrecôte et tout le monde est content.

Edit : La meuf vient de me demander d'apporter articles et interviews que j'ai réalisé. Problème, je n'ai écrit que des critiques et fait qu'une interview. En une semaine, je dois donc faire cinq autres interviews de plusieurs de mes contacts, DONT CECILE hé oui, et quelques articles (je sais pas encore sur quel sujet) donc je mets mon blog en jachère jusqu'à Vendredi 13 Avril. A bientôt.

PS : Je vais avoir une mastercard !