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6 févr. 2014

"La grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair." Pascal


Dans ma nouvelle école, j'ai fait la connaissance d'un mec de ma classe. Je l'ai abordé à la pause clope parce que j'avais vu qu'il connaissait PM (je ne veux pas être offensante vis à vis de sa popularité, mais c'est tout de même une situation improbable). Depuis, je traîne toujours avec lui.

C'est un grand lecteur. Tandis que l'on éprouve des remords quand on fait trop la fête ou qu'on a trop mangé, son truc à lui, c'est d'arriver en cours, mi-exalté mi-honteux d'avoir ENCORE acheté des bouquins chez le bouquiniste. Je trouve ça plutôt drôle. Je rencontre rarement des personnes avec lesquelles je m'entends quasi-parfaitement sur le plan intellectuel ET humain (souvent, c'est soit l'un soit l'autre). Avec lui, on rigole et on discute de trucs dont je ne peux pas forcément parler ailleurs sans qu'on me prenne pour une hystérique ou une obsédée (notamment toutes les questions liées au genre, au féminisme et à la pornographie).

Cet aprem, après les cours, je l'ai accompagné pour la première fois chez le bouquiniste, celui qui est juste à côté de la station de RER. C'était une question de cinq minutes, histoire de trouver un cadeau pour une pote. Au final, je suis rentrée chez moi 5h plus tard. Je crois que le voir dévorer les livres, et même devoir se cacher pour lire Proust (pour éviter mon regard inquisiteur à la bibliothèque, l'obligeant à réviser), m'a petit à petit redonné le goût de la lecture et plus spécialement de la littérature, que j'avais perdu non seulement avec l'arrivée d'internet, mais aussi lorsque j'ai commencé des études de sciences humaines et sociales. Ca fait deux ans et demi que j'ai arrêté de lire des romans, des autobiographies ou encore de la poésie pour lire des trucs de sociologie.

Et donc pendant ces 5h, sans compter la bière et le mcdo, on a flâné dans le quartier de Saint Michel, notamment à Boulinier. J'avais oublié ce que ça faisait. D'être quelque part sans attendre quelque chose. Quand j'ai besoin d'un livre, cela fait des années que j'ai l'habitude d'aller à la Fnac pour l'acheter ou juste le commander sur Amazon. Je ne me souviens plus de la dernière fois que je suis rentrée dans une boutique sans rien attendre de particulier, puis je me rends compte que je me suis enfermée dans un style de vie où je suis tout le temps occupée. Tout le temps un truc à faire, jamais le temps pour rien. Je suis dans une vie où je chronomètre quasiment toutes mes activités, parce que j'ai trop de choses à faire. Ok, un café avec A pour 2h, après je vais manger avec X puis je rentre faire ma préparation de texte, allez je me donne 3h, puis je mate la rediff de The Voice.  Je sais même pas ce que je fais, en vrai, mais j'éprouve le besoin de tout planifier pour ne pas perdre une miette de ma vie.

Mais en fait, c'est plutôt cool l'inattendu. Genre juste être là, regarder sans rien chercher de précis et repartir avec une dizaine de bouquins sous le bras, des bouquins qu'on a toujours voulu lire sans penser à les acheter. J'espère que je me donnerai du temps pour le faire.

- L'Amant aux éditions de minuit, quasi neuf pour 2,5€
- Le Deuxième Sexe I dans une édition bizarre et un peu moche mais limitée à 3000 exemplaires à 3€ (j'avais déjà commencé dans l'édition de poche normale)
- Anna Karénine en entier dans une édition des années 30 pour 4€
- Cocteau (Les parents terribles), parce que je sais que c'est une des inspirations principales de Xavier Dolan que j'adore, mais que je n'ai encore jamais lu 
- Les Pensées de Pascal, texte intégral, dans une très belle édition (bail du Cercle du Bibliophile.. ?), un bail un peu comme à Poudlard
- Manifeste du Parti Communiste (au fait, j'ai fait le test de Politest et je me suis découvert un peu plus à gauche que je ne le pensais haha)
TO BE CONTINUED

9 juin 2012

Parti Pirate



Je vous copie colle un mail que j'ai envoyé à quelques potes.

"COUCOU je sais que pour la plupart, vous vous foutez des élections législatives mais c'est important ! 

Je vous écris pour vous faire la pub pour un parti trop peu connu, le parti Pirate. Je vous ai fait une compil de leur programme, en espérant que vous soyez convaincus et que vous votiez pour eux demain (ou qu'au moins, vous preniez un peu de temps pour lire quand même) ! (j'ai de l'espoir je sais)

PS : Si vous voulez répondre, répondez individuellement à moi sinon ça fera chier tout le monde. BIG UP

Infos sur le programme du parti Pirate :

- Préserver le droit à l'anonymat :
Je pense que c'est important, en réponse à Nadine Morano sur Twitter qui se fait un peu attaquée, même moi jlui ai envoyé un truc en mode "Meuf qui a le seum" une fois (en rapport avec l'élection d'hollande, elle avait sorti un truc trop drole), elle veut retirer l'anonymat de Twitter. BIG BROTHER NOUS MATE.

- Reconnaître l'accès à Internet comme un droit fondamental :
Réduire la fracture numérique, donc la fracture sociale (j'en suis l'exemple)

- Comptabiliser le vote blanc (et oui parce qu'en France, vous croyez que vous êtes des oufs pcq vous votez blanc mais en vrai c'est comme si vous votiez nul, DONC QUE VOUS NE VOTIEZ PAS).

- Limiter l'abus de vidéo-surveillance
+ plein d'autres trucs pour la protection des libertés individuelles

- Transparence de la vie politique 
- Clarifier les notes de frais des élus : pour la "normalité" des hommes politiques, haha

- Dans la vente d'un produit culturel, mentionner la part revenant à l'artiste :
Contre le monopole des majors, donc les lobbys qui ont mis en place la loi Acta sous prétexte de payer les artistes, genre les pubs "en 2050, Hadopi permet la création d'oeuvres" (les pubs de merde avec les enfants là) alors qu'elle n'avantage que les majors (livres, musique, cinéma compris).

- Donner aux artistes et auteurs plus de contrôle de leurs oeuvres :
arrêter l'exploitation des conglomérats médiatiques

- Réflexion sur de nouveaux modèles économiques pour l'industrie culturelle :
C'est à dire ne pas garder des lois archaïques telles que Hadopi ou Acta et savoir AVANCER AVEC SON TEMPS 
(exemple : licence globale : taxe sur la connexion internet distribuée aux artistes selon l'utilisation, leur popularité en terme de chiffres
OU le mécénat global : une certaine somme obligatoire d'argent mais pas une taxe, dont la répartition dépend de l'appréciation et est décidée par le consommateur lui même. S'il ne choisit pas, la somme sera distribuée à divers artistes pour préserver une équité des salaires...)

- Développer l'apprentissage des nouvelles technologies dans les écoles, croiser l'informatique avec d'autres domaines comme l'art"

PAR CONTRE, cette fois, je ne pourrais pas en débattre en commentaires parce que je manque cruellement de temps (et oui, ça fait une semaine que je me couche à minuit). Mais vous pouvez bien sûr débattre entre vous hein.

31 mai 2012

Télévision, épisode 25727425


La grille et mon cerveau :
Ambiance barbecue

En famille, entre potes ou en amoureux, la télé nous lie, c’est pourquoi la grille de programmes est savamment construite à partir des activités sociales. Logique commerciale que tu nous tiens… Elle est fondée sur le pouvoir d’achat des différents publics visés : la ménagère et les retraités c’est l’aprèm (ambiance Navarro ou téléfilms romantiques, au choix), les messieurs c’est pendant la pause du PSG-OM et les chômeurs, on s’en fout…


Le matin, je me réveille. Les enfants sont déjà devant la télé devant leur programme favori. Je les emmène à l’école, je rentre chez moi et en tant que parfaite ménagère de moins de 50 ans obnubilée par la propreté du carrelage de ma salle de bain, je regarde le télé-shopping et j’achète à peu près tout ce qui relève du gadget. Puis treize heures sonne, un carrefour de la journée, une heure de grande écoute, un peak time, comme on dit. C’est le JT de Claire qui se finit sur une petite note gentillette, histoire d’effacer la guerre et la faim dans le monde des mémoires. Les enfants retournent à l’école et moi, mère au foyer que je suis, je me prends ma petite pause. C’est l’heure du téléfilm allemand pourri de M6, mais qui est en réalité une bonne leçon de vie et d’espoir. Un peu de paix dans ce bas monde !

Les mioches rentrent. Je leur fait à bouffer en attendant Chéri, pendant l’heure de l’access prime-time, entre 18h et 20h, où entre les jeux télévisés radiophoniques, les publicités matraquent auditivement mon inconscient. Comme ça, je sais que Carglass répare, Carglass remplace, que Groupama sera toujours toujours là pour moi et que les lave-linges durent plus longtemps avec Calgon. Un sacré moyen mémo-technique, encore mieux qu’un post-it.

On mange tous ensemble devant le JT, un ton plus grave et plus sérieux que tout à l’heure. A côté de ça, il y a France 3 qui fait de la contre-programmation avec Plus Belle La Vie (PBLV pour les intimes). Être en marge, c’est vraiment leur truc ! Mais bon, pour finir la soirée, on regarde plutôt une fiction pour se détendre. Hier c’était une série scientifique. Forte captation oblige. Tiens, y’a la Joséphine ce soir. Ambiance bons sentiments et niaiserie dégoulinante : je suis conquise.

En deuxième partie de soirée, maintenant que les enfants sont couchés et que depuis 20h, c’est là où ils vont se faire plus de la moitié de l’argent de la journée, ils ont intérêt à garder notre attention jusqu’au bout. On zappe sur une émission joliment appelé « culture-infos » dans le programme télé. En réalité, on a le choix entre une enquête au cœur des gangs latinos, ultra-sensationnel, et l’intégrale d’une télé réalité non-censurée. En d’autre terme, de la violence ou du sexe. Que de belles représentations du monde j’ai, en allant au lit avec Chéri ! A force, j’en oublierais presque que la télé est un miroir déformant de la réalité.

21 mai 2012

Prix Nobel de la propagande


Fenêtre ouverte sur le monde, vitrine culturelle ou objet de propagande, la télévision n'a pas fini de faire parler d'elle. Le minuscule écran cathodique est devenu grand et plasma. Symbole de la société d'information, il rythme la vie des sociétés économiquement développées. 3h30 par jour en moyenne pour un français, 5h pour un américain. C'est dire si Mademoiselle a eu son petit succès depuis son invention à la fin du 19ème siècle. 

Porteuse de la culture populaire, elle soulève des questions sociétales : une portée médiatique critiquable, une nouvelle forme de journalisme mais aussi et surtout, un rôle de désinformation plus ou moins considérée.

La télé du 21ème siècle, c’est celle du voyeurisme, des sommes astronomiques et du journalisme perdu. Longue vie à la logique mercantile, crient les publicitaires. Sans foi ni loi, ils agissent en toute impunité. Scandale en 2004 quand Patrick Le Lay, président de TF1 parle de son taff de vendeur de temps de cerveaux disponible : « Dans une perspective « business », soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. […] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. » Normal, le type.

*

Ce soir, j'allume la télé. Mauvaise idée. Des gros plans sur le visage, une atmosphère. Il s'agit d'un type qui a été sauvé par un policier : une interview débordante de bons sentiments signé Sept à Huit (TF1). Le jeune policier et père de famille, a risqué sa vie pour sauver celle d'un passant, tandis qu'il était agressé pour son portable. Durant deux jours, son pronostic vital était engagé. Brave homme. Alors que Mamie est larmoyante, moi je gerbe. Le culte de l'émotion est insoutenable. Rien de nouveau jusqu'ici mais j'ai omis un autre détail : les agresseurs responsables du lynchage sont une meute d'immigrés, vendeurs à la sauvette. Par conséquent, l'étranger est donc sauvage et incivilisé, ça ne s'invente pas.

"C'est un ange gardien". Ca y est, le mot est sorti. Derrière le visage ému et reconnaissant de l'homme se cache la glorification des forces judiciaires et la figure du flic héros seul contre tous. On oublie les dérives, ce serait trop crade pour l’image des forces de l'ordre. Et devant le spectateur, la stigmatisation des sans papiers. Inconsciemment, à force de produits comme celui-ci, on enregistre et "immigré" rime désormais avec criminalité. C'est bien tombé pour la politique anti-immigratoire de certains. N’oublions pas qu'ils voulaient doubler les effectifs. Si on avait deux fois plus de brave homme comme celui-là, il n'y aurait plus d'agression, CQFD. L'équation est vite faite : l'immigré doit dégager.

En réalité, le danger n'est pas le visage basané mais cette chaîne télévisée. Même si on parle de reportages, d’enquête exclusive et d’envoyé spécial, le journalisme audiovisuel est au journalisme ce que l’humidité est au brushing.

19 mai 2012

Le nouveau gouvernement me met plutôt en joie.



Certains le trouveront démago, mais pour moi c'est une excellente chose. J'ai même l'impression que ça me fait bizarre d'avoir un gouvernement qui respecte la parité des sexes, même si j'en conviens que les femmes occupent moins les ministères "lourds" comme la Défense ou l'Intérieur, mais j'ai envie de dire que c'est déjà ça ! 

En plus de ça, le fait qu'il soit diversifié culturellement, ethniquement mais aussi socialement, donne une impression (je parle d'impression parce que je sais pas vraiment ce que ça va donner hein) de démocratie, dans la mesure où il est plus représentatif de la population actuelle.

Voir de nouvelles têtes, et des têtes jeunes aussi, c'est cool. L'inexpérience ne veut rien dire. Enfin, faut bien commencer quelque part non ? Cela dit, ayant googlé la plupart des noms, les meufs ne sont pas là pour faire les plantes vertes. J'ai le sentiment qu'en dépit de leur jeunesse, elles présentent les compétences requises pour leur fonction. Donc, renouvellement au niveau des gens, mais aussi de la politique ! Je trouve ça excellent qu'il y ai un truc pour l'économie numérique. J'ai même envie de dire qu'il était temps. Dans une société où Internet commence à tout bouffer, il devenait primordial d'y accorder plus d'importance que via un système répressif inapplicable comme Hadopi.

Enfin, coup de com ou que sais-je, ça me fait rire que Nadine Morano se soit indignée à cause du port du jean lors du Conseil des Ministres. Pourquoi s'entêter à vouloir maintenir des traditions old school qui ne veulent rien dire ? Cécile Duflot n'est tout de même pas arrivée en tongs quoi. La droite devrait penser à se moderniser. Pète un coup meuf, je sais pas.

Jusqu'ici, je ne regrette absolument pas d'avoir voté Hollande. La baisse de son salaire, ainsi que celui des ministres est déjà un signe de dé-oligarchisation. Oké, ils en sont pas à manger McDo mais petit à petit, ils se rapprochent déjà plus de la majorité des français. La barrière entre la politique verticale d'"en haut" et les gouvernés d"'en bas" s'affaisse petit à petit. Il n'y a que 4 ou 5 mecs/meufs qui sortent de l'ENA. Selon moi, la démocratie commence à reprendre un sens. Les valeurs morales reviennent dans la politique, notamment via l'idée de la charte déontologique qu'Hollande veut mettre en place. Je suis heureuse, apaisée. Ce sentiment peut paraître débile et naïf mais il est en moi, c'est comme ça.

En espérant que s'il y a une chute, qu'elle ne soit pas brutale. Pas mal d'entre vous ont contesté Hollande à cause de la crise, de l'économie, de la peur qu'il jette l'argent par les fenêtres. J'ai envie de penser qu'il y a pas que le fric dans la vie. Oui c'est nécessaire, oui ça fait la puissance d'un pays. Mais en dépit de cela, ça perd trop les gens. Revenir à des valeurs morales, à des idées, ça ne fait pas de mal non plus.

Parler de politique sur mon blog déclenchera évidemment des polémiques et des débats, mais c'est un choix que je fais. Les articles et mes idées ne sont certainement pas là pour créer le consensus. Je vous invite donc particulièrement à prendre la parole et à débattre, car c'est comme ça que les réflexions avancent.

6 mai 2012

Hollande Président

©AFP / Philippe Desmazes
Ok, j'écris à chaud. 

Déjà, je suis stupéfaite par la haine ambiante et l'irrespect des opinions politiques de chacun. J'ai les miennes, mais je n'ai jamais été insultante (mis à part contre le FN, UNE FOIS dans mon statut FB, je l'admets). Je n'arrive pas à envisager comment on peut traiter la moitié de la France de cons sous prétexte qu'ils n'ont pas les mêmes opinions politiques que soi. C'est le pluralisme politique, la liberté de penser. 

Des propos aussi violents que "faites donc un tour par la Seine et jetez vous dedans, la France s'en portera mieux" pour les Mélenchonistes, ou encore "Aujourd'hui ce sont les abrutis qui dirigent et les vrais bosseurs ayant tout donnés pour la France qui vont trinquer" s'affichent dans ma timeline FB, ce que je trouve tout a fait grave. Je veux dire : ce mec ne se rend-t-il pas compte de la gravité de ses propos ? Oui pour l'expression, mais sous prétexte qu'on est dans une ambiance spéciale, tout devient permis ? Bref, je suis assez choquée et attristée par la division bipolaire de la France et l'insulte gratos présentes sur tous les réseaux sociaux. Le "Haters gonna hate" prend tout son sens.

Je perds mes mots, je saurais pas expliquer cette euphorie que je ne ressens pas, face à la nouvelle du Partie Néo-Nazi qui est entré au Parlement Grec. J'ai voté Hollande, mais je n'arrive pas à avoir confiance. Je me dis que si ça merde, Marine sera au pouvoir et rien que cette idée fait palpiter mon coeur. Je me sens vraiment bizarre. Angoissée par le futur, soulagée par le départ de Sarkozy, attristée de la division des français, déçue par quelques personnes de mon entourage,  je saurais pas trop décrire mon état d'âme.

2 mai 2012

Wild world

Un des articles que j'avais écrit pour avoir le premier entretien (pour le site immoral sur les gros) a été publié sur le site ! J'ai honte de moi, mais je préfère en rire. Pour une première publication, il y a évidemment plus prestigieux (j'aurais du écrire un article sur Madmoizelle..) mais ça me permet de relativiser par rapport à mon ratage d'entretien. Tant mieux pour moi. 

"CATEGORIES: A GROSSICHRISTINA AGUILERAFATGROSGROSSE
C'est juste ignoble.

Un autre sur Loana est paru mais ils l'ont beaucoup modifié, limite juste repris mon idée de sujet.

Bref, c'était une petite entrée concernant l'absence d'intégrité qui frappe notre société. Récemment, Hollande a durci son discours sur l'immigration pour conquérir les électeurs du Front National. Flamby me déçoit énormément sur le coup. Même lui est un de ces putains de politiques qui font genre "coucou je viens du peuple" sous prétexte qu'ils sont de gauche, alors que finalement, il n'est qu'un pion du système oligarchique. Les politiques ne veulent que le pouvoir et ne répondent même plus aux valeurs idéologiques. Je suis de plus en plus désemparée mais ce n'est pas pour autant que je changerai mon vote. A côté, Mediapart a révélé que la campagne de Sarko a été en partie financée par le régime Libyen (Kadhafi). WTF quoi. Ceux qui dirigent le pays sont ceux qui manquent le plus de morale, est-ce normal ? Ca me rend triste et personne ne me comprend autour de moi. Mon copain en rit parce que j'en parle soudainement alors qu'on était en mode love sous la pluie (parce que j'ai vu une affiche de Hollande donc j'y ai pensé). Mes amis ne s'y intéressent pas plus que ça et me prennent pour une illuminée quand je dénonce le système vertical de la "démocratie". Voilà, je craque.

Le 6 mai, rendez-vous pour choisir entre l'ancien assoiffé de pouvoir et un nouveau. Je voterai pour le nouveau, comme je l'ai fait au premier tour. Mon choix s'axe sur la gauche car elle privilégie la jeunesse, l'éducation, la culture,... Mais aussi par rapport à son positionnement concernant l'homosexualité. L'argument de droite pousse à croire que l'enfant adopté puisse en vouloir à ses parents. Mais je comprends pas, il peut aussi lui en vouloir pour plein de trucs ! Si on réfléchit de cette manière, on peut sans doute établir une autorisation à faire des enfants selon un contexte social par exemple. Grandit-on mieux au sein d'une famille aimante, à l'aise et homosexuelle ou dans un milieu précaire, violent et traditionnel ? 

Et puis à côté de ça, je suis aussi triste quand je vois ces immigrés qui tentent de gagner leur vie en vendant des Tour Eiffel miniatures et qui se font courser par la police. Je me demande pourquoi. Ils essaient de gagner honnêtement leur vie au lieu de voler ou d'agresser et ne peuvent pas travailler parce qu'ils n'ont pas de papiers. Que veut le gouvernement ? D'accord, quand ils vendent des bouteilles d'eau, c'est de la concurrence déloyale par rapport aux commerçants, mais s'ils ne les mettaient pas à 4€ la petite bouteille d'Evian, en serait-il autrement ? De plus, ils peuvent faire des marges sur d'autres produits comme les crêpes. Enfin voilà, je comprends pas. Il y a tout de même d'autres priorités que des pakistanais qui vendent des Tour Eiffel, des bouteilles d'eaux, ou des mamas qui vendent des fruits et légumes "du bled" à Barbès, non ? Pour les cigarettes, je peux évidemment comprendre parce que la santé d'autrui est en danger, mais sincèrement, de pauvres petites Tour Eiffel... ?

Bon voilà, j'ai fini de me plaindre de ce monde cruel.
Cela dit, j'ai une dernière interrogation : Comment Edward Cullen bande-t-il si son sang ne circule pas ?

18 avr. 2012

Entretien avec Louise

Je sais que j'écris pas beaucoup mais je manque de temps, entre le boulot et le dodo. Hier, je suis juste allée chez le coiffeur, j'aime pas trop ma nouvelle coupe parce que ça fait bitchy bizarre mais ça passe relativement. Je me suis aussi évanouie au Charlotte Bar et je me suis éclatée la lèvre contre le sol. Du coup, une de mes dents me fait un peu mal et j'ai trop peur qu'elle tombe. Je me suis évidemment tapé la grosse honte, donc je pense que je n'y retournerai jamais. Je n'ai pourtant bu qu'un verre, mais c'est comme si je m'étais subitement endormie pour me réveiller dans la rue avec mon pote à côté. Quoiqu'il en soit, voilà le premier truc que j'ai fait pour mon entretien d'embauche. Je le poste car j'ai besoin de différents avis, autres que ceux de mes potes pas forcément objectifs, pour voir si ça va. Un peu modifié pour préserver l'anonymat de ma pote quand même ! N'ayez pas peur de me vexer, mais faites dans le constructif quand même, merci d'avance ! (et corrigez moi les fautes d'orthographe, d'inattention, etc...)


Louise est une jeune bachelière parisienne, fraîchement émigrée au Canada. Confrontée au choc culturel, elle doit aussi faire face à l'inconnu, à l'indépendance, mais aussi aux aléas de la vie étudiante. Trois mois après s'être installée, elle nous parle avec entrain de son quotidien.

En quête d’indépendance
Après un baccalauréat littéraire au lycée L à Paris, Louise décide de partir à Montréal, motivée par une amie qui, quelques années auparavant, la faisait rêver en lui parlant d’études à New York. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle avait aussi soif d’aventures et d’émancipation. Elle ne rentrera qu’une fois par an, pour Noël. Quitter le cocon familial fut difficile, mais son besoin de voler de ses propres ailes et surtout de prouver qu’elle en était capable a pris le dessus. « Connaitre autre chose, se confronter aux difficultés de la vie, être seule pour grandir... Montréal c'est loin, c'est cool, c'est différent, ça parle français... Parfait ! » nous raconte-t-elle, en glissant qu’elle avait aussi choisi Montréal parce que Vancouver, « c’était pas possible, j'avais un niveau d'anglais à faire mourir de rire une vache espagnole... ».

La découverte du nouveau continent
Quelques mois avant son départ, elle avait tout idéalisé. En arrivant dans la ville, « rien ne ressemble à ce que je m'étais imaginé, mais c'est encore plus génial qu'en rêve », lâche-t-elle avec un sourire béat qui semble fixé à jamais. Cela dit, les premiers déboires arrivent vite. La jeune fille vit dans une résidence universitaire, à 45 minutes à pied de toute station de métro. « Ca m’est arrivé souvent de rentrer bourrée ou crevée par -20°C parce que mon bus n’arrivait pas. Je pense que je vais chercher une colocation plus près du centre quand mon bail sera fini », précise-t-elle. Elle dort alors dans une chambre plutôt grande, avec une salle de bain, mais dispose d’une cuisine collective assez loin de sa chambre : « ma vaisselle s’entasse dans ma chambre, et j’ai rarement le courage d’aller me préparer de gros repas… » Du coup, à la place du fameux poulet rôti de maman, elle se fait des œufs durs dans sa bouilloire électrique. Mais pour nous rassurer, elle précise qu’elle a tout de même des « plans pour manger gratos », dans son bar préféré où on lui offre des nachos.

Les études au Cégep du Vieux Montréal
Louise s’est engagée dans un cursus de sciences humaines, et plus précisément, en « action sociale et médias » où elle étudie la sociologie, l’histoire et le journalisme. Elle est au Cégep du Vieux Montréal : il s’agit d’un programme pré-universitaire pour deux ans que 6500 élèves intègrent vers leurs 17 ans, après le « Secondaire », l’équivalent du lycée, avant de se diriger vers l’université. Pour sa part, ce sera l’Ecole de Journalisme en spécialisation Radio de l’Université du Québec à Montréal (Uqam).

Une éducation à la canadienne
Pour l’instant, les cours se rapprochent de ceux du lycée, mais elle note que la pédagogie et les critères d’évaluation ne sont pas du tout les mêmes qu’en France : le travail est plus participatif, on privilégie l’oral et les activités de groupe. « Comme les étudiants québécois ont l’habitude de ce système, c’est assez intéressant, ça ne finit pas en débat stérile comme en philo au lycée du genre ‘’Moi je pense que l’art c’est trop bien’’ avec l’autre qui répond  ‘’Pourquoi tu dis ça ? Ca sert a rien, ah ouais’’», imite-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Quant au lieu, il ne ressemble pas du tout à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qu’elle a fréquenté en auditrice libre, loin de là : « 11 étages, un café étudiant avec des sandwichs bio, des graffitis un peu partout, une salle de mixage ouverte à quasiment tous les étudiants qui oseront imposer leur style musical, une piscine, 12 gymnases, une salle d’exposition pour les étudiants en arts plastiques, une grande bibliothèque avec de grands sièges et pleins de livres que tu peux lire avec vue sur Montréal » nous énumère Louise, les étoiles dans les yeux. De quoi faire rêver les frenchies !

Au cœur d’un mouvement social
Ces infrastructures ont évidemment un coût. En nous en parlant, son expression se transforme car « même si le Québec est la région où l’accès à l’éducation est le moins cher en Amérique du nord, c’est quand même plus cher qu’en France. Le gouvernement est actuellement en train d’essayer de faire passer une hausse des frais de scolarité de 1600 balles par an… La grève générale illimitée a été décrétée il y a maintenant 9 semaines, donc 9 semaines que je ne vais pas en cours… ». Elle nous raconte qu’elle porte fièrement son carré rouge, symbole des étudiants contestataires. Le mouvement a grandi et on voit maintenant des journaux mettre ce fameux carré rouge en Une, mais aussi des grands parents le porter. Elle a récemment participé à une manifestation de 200 000 personnes : « La ville entière assaillie par des drapeaux rouges. C’était très beau. » . Elle dénonce cette hausse et pense que l’argent ne contribuera pas à améliorer les conditions d’études des étudiants mais reviendra plutôt aux multinationales qui investissent dans les universités.

La vie sociale
De nature sociable, elle se fait rapidement des amis, mais pas dans sa résidence universitaire, au troisième étage, où les étudiants se connaissaient déjà depuis plusieurs années. A cette difficulté, elle rajoute « et aussi parce qu’ils n’ont pas exactement les mêmes intérêts que moi ». En effet, ils sont en… Thanatologie ! C'est-à-dire qu’ils étudient la mort. Certains seront médecins légistes, d’autres embaumeurs… Elle préfère en rire : « Les discussions dans la cuisine collective ne sont pas forcément hyper appétissantes ». En dépit de cela, elle se plaît beaucoup au Québec : « cela ne fait que 3 mois que je suis là et parfois, je me dis que j’aimerais rester ici toute ma vie », nous confie-t-elle, rêveuse.