25 nov. 2013

Lighthouse

Bon.

Ma grand mère est morte. Je suis en train de déménager. C'est la première fois de ma vie. Et surtout : je quitte Paris. Bon, d'accord, je vais pas non plus dans la campagne et je suis toujours desservie par le métro, mais dans le principe, je ne serai plus parisienne, alors que c'est un des adjectifs qui ressort le plus quand on veut me qualifier. Concernant le décès, je le vis plutôt bien. Cela faisait des années qu'elle était malade (j'étais encore sur skyblog, vous imaginez ?) et quelques mois qu'elle vit à l'hôpital. Je me suis habituée à son absence (nb : pour ceux qui n'ont pas suivi mon histoire, c'est avec elle que j'ai toujours vécu, elle qui m'a élevé). Le plus dur dans l'histoire, c'est de supporter le reste de ma famille. Ma mère ne m'a jamais autant cassé les couilles et plus le temps passe, plus je nie le lien de parenté que nous sommes supposées avoir. Jamais je ne me suis sentie aussi éloignée de quelqu'un. Spirituellement parlant, je veux dire. Quant à mon oncle, voilà hein. Je n'en avais jamais parlé jusqu'ici parce qu'il est l'individu qui me débecte le plus dans mon entourage. A titre illustratif, dernièrement, il m'a sorti la phrase suivante : "on a jamais rien dans ma vie si on est honnête". Voilà.

Sinon, ce soir j'ai maté The Holiday. Le film était un peu pourri mais nouveau déclic : je recrois (ou j'ai envie de recroire) à l'amour inopiné. Par conséquent, après des mois d'errance sur Adopteunmec.com et une quinzaine voire vingtaine de rencontres, j'ai enfin réussi à quitter le site. C'est fou comme c'est addictif. J'en ai assez des rencontres calculées. Je dois apprendre à être seule ("seule" étant un mot pour qualifier le fait de n'avoir personne dans le viseur), même si je fréquente toujours Lucas (voir articles précédents). Notre relation me suffit pour le moment : un truc stable, qui ne demande aucun engagement, et surtout, aucune attentes particulières. On se voit, on va au ciné, prendre des verres, parfois sans passer la nuit ensemble. Sa compagnie m'est agréable et je suis heureuse de ne pas avoir d'obligations à remplir (quotas de rdv par semaine, par exemple). Voilà.

Concernant l'école, je me suis rendue compte que je m'épanouissais pas mal. LIMITE l'impression de bosser chez Google. C'est fou comme le cadre matériel des études peut peser sur le moral. Le fait d'arriver dans de grands bâtiments propres,  d'avoir un bar à salades pour le déjeuner (et non plus des kebabs), une salle de sport, des espaces de coworking, une émission tv étudiante diffusée en continu sur un énorme écran à l'entrée, des poufs dans la bibli, des espaces détente et tout... Ca me change vraiment de Paris 8. Je réalisais pas d'à quel point étudier dans des locaux vétustes remplis de graffitis révolutionnaires pouvait influer sur mon bien-être. Niveau cours, j'ai énormément de travail, mais je me débrouille pour le moment. Cela dit, je regrette que ce soit aussi académique. Je ne trouve pas qu'on nous pousse à réfléchir au monde de demain, qu'il s'agit d'un deuxième niveau de pensée que nous devons creuser par nous-mêmes. C'est faisable, mais compliqué. Puis ça crée un fossée entre ceux qui le font, et ceux qui ne le font pas. Je trouve ça naze. Voilà.

Aussi, je vous poste le soundcloud du groupe de mon ex :) Il m'a aidé à monter ma bibli cet aprem, je vais lui apporter des écoutes s'il y a toujours quelqu'un qui me lit ici.

3 nov. 2013

Hyper reality

Hier soir, on a mis les choses au clair : on ne sera jamais ensemble. Avant d'en discuter, je me rendais pas compte d'à quel point ça me pesait depuis deux semaines, depuis qu'il avait proposé qu'on se voit sans forcément baiser. Je ne voyais pas où il voulait en venir et mes potes me suggérait l'idée du couple. Je ne voulais pas y réfléchir, je souhaitais juste faire abstraction de ça. J'ai commencé par lui demander pourquoi il était distant en ce moment, et j'ai expliqué pourquoi moi aussi je l'étais. Il flippait que je me fasse des films et que je finisse par vouloir qu'on sorte ensemble. Pareil de mon côté. On rit. J'aime beaucoup sa compagnie, je n'ai rien à lui reprocher. On s'entend bien, mais pas assez pour être ensemble. D'un côté, je me pose des questions sur ma nouvelle peur de l'engagement (moi, la meuf la plus needy du monde, ne veut plus qu'un mec me rende de comptes ?!). De l'autre, je me dis que la prochaine fois que je me mets avec mec, c'est parce que c'est le coup de foudre, le feeling de ouf, la complicité de taré. Je sais pas quand ça arrivera, mais en attendant, je ne m'empêche pas d'en fréquenter d'autres (sans parler d'aventures sans lendemain hein, not my style). Je me remets aussi en question sur cette situation. On m'a fait remarqué que c'était pas très cool de voir des gens "en attendant mieux". Je ne vois pas le problème. Pour moi, je fais juste ce dont j'ai envie, je vois pas pourquoi je me priverais si j'ai des opportunités qui s'offrent à moi (à savoir des éphèbes cultivés et gentils). Mais bon. Ouais. Je sais pas. 

J'ai l'impression que plus le temps passe, plus je perds de ma sensibilité, de ce qui m'anime habituellement. Récemment, une amie a décidé de couper les ponts avec moi, me jugeant trop égocentrique. Cela me fait de la peine, mais ça ne m'atteint quasiment pas. Voire pas du tout. Je me dis qu'elle fait ce qu'elle veut et que c'est la vie. Ca me manque un peu, ce temps que je passais à pleurnicher pour un rien, à être affectée au moindre truc. Et même, à la fac, parfois ma sérénité dans certaines situations (où je me serais transformée en Hulk) choque ma pote. Plus rien ne m'atteint. Plus personne n'est essentiel à ma vie. Ma capacité à m'attacher reste encore à prouver.

En quelques mois, je crois que je suis devenue l'exacte opposée de moi-même. Je suis plus trop qui je suis et où j'en suis, je n'arrive pas à caler mes envies profondes avec mes envies officielles. Je me sens plus femme qu'avant, déjà.