J'ai un souvenir à conserver de mon week end.
J'ai commencé à voir un mec la semaine dernière, quelqu'un qui a tout pour me plaire.
Samedi, j'attendais qu'il vienne me chercher dans le bar d'un ami.
En l'attendant, j'ai rencontré quelqu'un.
Je sais pas, ça m'a frappée, un peu.
Le mec qui avait tout pour me plaire a finalement eu plusieurs heures de retard. Cela a laissé le temps pour qu'une bombe explose en moi.
J'ai rencontré ce mec, qui était juste sorti en même temps que moi pour fumer dehors, en fin d'après midi alors qu'il ne faisait pas très beau. Ca a commencé par "tu fais quoi dans la vie" puis on a parlé pendant deux heures. De tout et de rien, mais de façon tellement intense que je sais pas. Un truc s'est passé. Je vous jure qu'un truc s'est passé. Je sais pas trop quoi.
Mon ami passe et lâche : "putain vous êtes deux poisons mais en vrai, vous êtes l'antidote de l'un et de l'autre" J'ai pas bien compris (je comprends d'ailleurs toujours pas vraiment), mais je crois que ça se voyait que quelque chose se passait.
Il n'a pourtant rien qui puisse me plaire. Un artiste, d'autant plus d'un théâtreux. J'avais pourtant dit que j'arrêtais avec les artistes. Un mec un peu ghetto. Pas pour moi. Et puis tout nous opposait. Si la discussion nous a autant mobilisés, c'est parce qu'on était d'accord sur rien. Rien de chez rien. L'amour, le respect, l'industrie culturelle, le cinéma : on ne faisait que se contredire. Impossible de trouver un terrain d'entente sur quoique ce soit. Mais cela m'a paru plaisant. Je crois qu'à lui aussi. Etrange.
Puis celui qui avait tout pour me plaire est arrivé, pour venir me récupérer. Je n'avais aucune envie de quitter celui que je venais de rencontrer par le plus beau des hasards mais je suis quand même partie. Nous sommes allés au cinéma. Pendant tout le film, je repensais à l'autre et je me demandais ce que je foutais là. J'ai trouvé le mec qui avait tout pour me plaire d'une telle fadeur que c'était vraiment triste comme moment.
Cette nuit, j'ai dormi 3h, parce que je n'arrivais pas à débrancher mon cerveau, parce que je n'arrivais pas à comprendre. Tant de questions à l'instant où je vous écris : vais-je le revoir ? Quelle vie mène-t-il ? Est-ce que je lui ai plu ? Est-ce qu'il m'a plu ? Est-ce qu'il pense à moi ? Pourquoi est-ce que je pense à lui ? Qu'est-ce que je lui ai trouvé ? Pourquoi cette rencontre m'a-t-elle marquée comme ça ? Est-ce qu'il a aussi trouvé qu'"un truc s'était passé" ? Ou pas du tout ? Peut être qu'il s'en fout ? Qu'il se souvient même pas de moi ?
Je ne sais que son prénom, mais je suis convaincue que je suis amenée à le recroiser prochainement.
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8 sept. 2015
3 oct. 2014
Enfin voilà.
Ca va.
Trois de mes amis proches sont partis. Soit à l'étranger, soit à l'autre bout de la France. Ca ne fait pas trop longtemps mais ils me manquent déjà puisqu'ils sont un bout de moi. Du coup, je me sens maussade.
Ce week end, c'était mon week end d'inté. C'était plutôt sympa et bon enfant. Pour l'instant, ma nouvelle école me plaît assez. Je ne suis pas déçue mais ce n'est pas aussi extraordinaire que dans mon imaginaire, lorsque j'étais venue aux portes ouvertes la première fois quand j'avais 16 ans. Je trouve le niveau des cours semblables à celui de mon ancienne école, mais le dynamisme des associations est assez stimulante. Pour l'instant, je suis prise dans les processus de recrutement de quatre trucs, c'est un peu fatiguant.
Je me sens maussade parce que je suis fatiguée, en fait. Je n'ai plus vraiment une minute où je peux me poser. Je ne me rappelle plus du dernier soir où je suis directement rentrée chez moi après les cours, où je me suis douchée tranquillement avant de me mettre sur Facebook. J'espère que le reste de ma vie ne sera pas trop comme ça. Même si je m'ennuie vite quand je suis seule dans ma chambre sans rien de prévu, j'aime raisonnablement ce sentiment de temps infini (seulement quand je paresse, genre je n'aime pas ce sentiment lors d'un cours relou par exemple).
Je ne sais plus vraiment sur quoi écrire ici. Je fais plein de choses et ça absorbe mon mental. Il me reste peu d'énergie pour mener des réflexions existentielles. J'en ai cependant deux à reporter :
- Je suis en révolution vestimentaire. Je me suis rendue compte que j'étais arrivé à un stade où je m'en fous de ce qu'on peut penser de ma personnalité, si on pense que je suis une connasse ou pas, mais que j'étais extrêmement sensible au jugement par rapport à mes habits, c'est pourquoi cela fait des années que je m'habille d'une façon tout à fait banale et neutre, afin d'être injugeable. Ainsi, une amie a parlé d'un "uniforme tanane" qui consiste en trois choses : noir, bordeaux et fleurs. Du jour au lendemain, j'ai décidé de me faire un nouveau style de façon un peu random, c'est à dire acheter tout ce qui me plait, pièce par pièce, et faire avec. J'ai commencé par des plateformes holographiques même si mon pote en mode me dit que c'est old.
- Je n'ai jamais passé autant de temps sans pécho. Je crois que j'ai un peu perdu la main. J'ai désinstallé Tinder parce que je n'y arrivais plus, je ne rencontrais personne. Ca me tente de rencontrer un mec directement en vrai. Je crois que je n'ai jamais pécho de mecs rencontré hors internet, sauf un ami, pour un soir. Je sais pas vraiment comment on fait. "Non mais va dans des bars", me dit-on à l'oreillette. Je passe la moitié de ma semaine à sortir et boire des pintes, que voulez-vous de plus ? Je ne rencontre jamais personne dans les bars, je sais pas pourquoi. Et même si je rencontrais des gens, il faudrait qu'ils soient non seulement DES MECS, mais aussi BEAUX ET SYMPAS. Les statistiques sont vite faites. Enfin bref, et donc même si je rencontrais des mecs beaux et sympas, je n'ai strictement aucune idée de comment je devrais m'y prendre. Quand on a un rdv adopte ou tinder, la finalité est binaire et claire : oui ou non. Quand on rencontre quelqu'un de cool IRL, il faut pousser le curseur VERS le oui, et j'aurais besoin d'un mode d'emploi pour ça. En ce moment, je connais un mec mignon et gentil, mais je crois qu'il est gay. MAIS OUI, il faut aussi gérer ces paramètres-là, que l'on a pas lorsqu'on trouve quelqu'un sur internet.
Enfin voilà.
Trois de mes amis proches sont partis. Soit à l'étranger, soit à l'autre bout de la France. Ca ne fait pas trop longtemps mais ils me manquent déjà puisqu'ils sont un bout de moi. Du coup, je me sens maussade.
Ce week end, c'était mon week end d'inté. C'était plutôt sympa et bon enfant. Pour l'instant, ma nouvelle école me plaît assez. Je ne suis pas déçue mais ce n'est pas aussi extraordinaire que dans mon imaginaire, lorsque j'étais venue aux portes ouvertes la première fois quand j'avais 16 ans. Je trouve le niveau des cours semblables à celui de mon ancienne école, mais le dynamisme des associations est assez stimulante. Pour l'instant, je suis prise dans les processus de recrutement de quatre trucs, c'est un peu fatiguant.
Je me sens maussade parce que je suis fatiguée, en fait. Je n'ai plus vraiment une minute où je peux me poser. Je ne me rappelle plus du dernier soir où je suis directement rentrée chez moi après les cours, où je me suis douchée tranquillement avant de me mettre sur Facebook. J'espère que le reste de ma vie ne sera pas trop comme ça. Même si je m'ennuie vite quand je suis seule dans ma chambre sans rien de prévu, j'aime raisonnablement ce sentiment de temps infini (seulement quand je paresse, genre je n'aime pas ce sentiment lors d'un cours relou par exemple).
Je ne sais plus vraiment sur quoi écrire ici. Je fais plein de choses et ça absorbe mon mental. Il me reste peu d'énergie pour mener des réflexions existentielles. J'en ai cependant deux à reporter :
- Je suis en révolution vestimentaire. Je me suis rendue compte que j'étais arrivé à un stade où je m'en fous de ce qu'on peut penser de ma personnalité, si on pense que je suis une connasse ou pas, mais que j'étais extrêmement sensible au jugement par rapport à mes habits, c'est pourquoi cela fait des années que je m'habille d'une façon tout à fait banale et neutre, afin d'être injugeable. Ainsi, une amie a parlé d'un "uniforme tanane" qui consiste en trois choses : noir, bordeaux et fleurs. Du jour au lendemain, j'ai décidé de me faire un nouveau style de façon un peu random, c'est à dire acheter tout ce qui me plait, pièce par pièce, et faire avec. J'ai commencé par des plateformes holographiques même si mon pote en mode me dit que c'est old.
- Je n'ai jamais passé autant de temps sans pécho. Je crois que j'ai un peu perdu la main. J'ai désinstallé Tinder parce que je n'y arrivais plus, je ne rencontrais personne. Ca me tente de rencontrer un mec directement en vrai. Je crois que je n'ai jamais pécho de mecs rencontré hors internet, sauf un ami, pour un soir. Je sais pas vraiment comment on fait. "Non mais va dans des bars", me dit-on à l'oreillette. Je passe la moitié de ma semaine à sortir et boire des pintes, que voulez-vous de plus ? Je ne rencontre jamais personne dans les bars, je sais pas pourquoi. Et même si je rencontrais des gens, il faudrait qu'ils soient non seulement DES MECS, mais aussi BEAUX ET SYMPAS. Les statistiques sont vite faites. Enfin bref, et donc même si je rencontrais des mecs beaux et sympas, je n'ai strictement aucune idée de comment je devrais m'y prendre. Quand on a un rdv adopte ou tinder, la finalité est binaire et claire : oui ou non. Quand on rencontre quelqu'un de cool IRL, il faut pousser le curseur VERS le oui, et j'aurais besoin d'un mode d'emploi pour ça. En ce moment, je connais un mec mignon et gentil, mais je crois qu'il est gay. MAIS OUI, il faut aussi gérer ces paramètres-là, que l'on a pas lorsqu'on trouve quelqu'un sur internet.
Enfin voilà.
9 mars 2014
J'ai un problème avec les titres : je n'en trouve jamais
Ces derniers jours, deux mecs m'ont fait des remarques quand à l'image que je leur renvoyais et je crois que mon féminisme me pousse à rejeter toutes les formes de flatteries "intéressées", tout ce qui me présente comme étant "Femme. Objet de séduction." (je parle ici de la séduction sentimentale).
Dans le premier cas, c'est un mec de ma classe qui me parlait sur Facebook. Quelqu'un à qui je dis bonjour, avec qui je discute un peu quand je le croise, sans plus. Bref, et donc il me parle sur Facebook en parlant des applications de rencontres et je réponds, UN PEU EN RIGOLANT QUOI, "La fidélité, c'est old". S'ensuit une longue tirade selon laquelle, je résume :
- Je suis indomptable
- Je recale 10 mecs par jour
- J'ai des atouts que pleins d'hommes recherchent chez une femme
- A SAVOIR : une femme qui prend les choses en main, qui s'impose sans être chiante, qui sait de quoi elle parle
- Et surtout : énigmatique, inaccessible
- Qu'on a l'impression que c'est très dur parce que pour me satisfaire ou me faire rire, la barre est haute
- Que j'ai le luxe de pouvoir choisir parmi tant d'hommes à mes pieds
WHAT. THE. FUCK.
De quelle mystérieuse créature parle-t-il ?
Ce n'est pas dans un souci de modestie mais de réalisme que je tiens à rétablir la vérité. Je veux dire que vous qui me lisez depuis (pour certains) des années, vous savez que je suis à des années lumières de ce qu'il décrit, bien que mon blog ne soit pas le reflet total de ce que je suis de façon pragmatique. Mais tout de même. Je veux dire que j'ai jamais eu de tabou par rapport à l'écriture de mon blog, j'estime que ce que vous percevez de moi est d'une sincérité totale, bien qu'il ne soit pas exhaustif.
Quoiqu'il en soit, vous m'avez connue incroyablement soumise à mon ex et à l'amour. Je suis un chaton lorsque j'aime quelqu'un. Je dirais donc : indomptable, moi ? Jamais. Quant à mon succès auprès de la gent masculine, il n'a jamais été fameux. Bon, c'est vrai que j'ai beaucoup joué la carte de la femme fatale lors de mon année d'émancipation féminine. J'ai effectivement pas mal scoré niveau conquêtes masculines mais aucun homme digne de ce nom (c'est à dire un être qui sache garder un minimum sa dignité) ne s'est retrouvé à mes pieds, et heureusement ! Enfin pour finir, MOI, ENIGMATIQUE ? Putain mais allo, je suis la meuf qui a pondu des centaines de pages pour étaler toute son intimité, une fille avec qui déballe sa vie à chaque opportunité (j'adore ça et vous le savez). Genre parler avec moi puis se dire "Hmmm... Tanane est si énigmatique...", n'est-ce pas une idée totalement risible ? Enfin je sais pas, j'hallucine quoi. Je commence vraiment à me poser des questions sur l'image que je renvoie. Enfin à ce stade, je m'étais dit que ça pouvait être un cas isolé, que le mec se complaisait simplement dans l'idée d'un mythe féminin que j'aurais pu être, ou j'en sais rien.
Mais quelques jours plus tard, un collègue avec qui je parlais un peu de boulot avant de dire bonne nuit à 3h du matin me fait une remarque. Ici, en tant que supérieur hiérarchique, sans tirade ni superflu, je ne l'ai pas pris comme une tentative de séduction. Juste une remarque, courte, simple, mais quelque peu étonnante : "Vous êtes décidément une femme très surprenante Thanh-Nhan".
Je vais me coucher.
Le lendemain, je demande pourquoi il me dit ça. "Pour tout un tas de raisons. Tu as l'air curieuse, intéressée par tout un tas de trucs... Un caractère bien trempé aussi, me trompe-je ?"
Bizarre. Le moment incongru de cette remarque ainsi que sa concision lui a débarassé tous les filtres sociaux que j'avais posé dans le cas précédent. Ici, ça ne devait être qu'une pensée qui lui a traversé l'esprit et qu'il a partagé. Bien.
On n'a jamais dit que j'étais une meuf surprenante. Ca me fait extrêmement plaisir, mais d'un autre côté, je me sens un peu overrated. En fait, je crois que l'idée que quelqu'un pense de moi quelque chose qui ne correspond pas à l'idée que je me fais de moi-même, bah ça m'angoisse. Je suis mue par un désir de rétablir la vérité (ma vérité) à chaque fois, quitte à passer pour une fille qui n'a pas ou qui a trop confiance en elle. Je crois qu'il s'agit d'une entreprise vaine.
Depuis ma révolution intérieure, je pense que seule l'image que j'ai de moi correspond à ce que je suis "vraiment", et qu'il n'y a que cette représentation qui compte. Alors pourquoi est-ce que cela me tracasset-t-il qu'on puisse penser, à tort, que je suis une femme fatale ? Pourquoi est-ce que je me sens angoissée qu'un collègue, c'est à dire quelqu'un avec qui je n'entretiens pas de rapports intimes, puisse m'estimer (ma pensée est la suivante : il ne me connaît pas plus que ça, son jugement ne peut qu'être érroné et en vrai je suis pas du tout surprenante) ?
En fait, c'est comme si la vision qu'avaient les gens n'étaient jamais légitimes. Et j'ignore comment vous (les autres, quoi) faites avec les représentations que les autres font de vous. Sont-elles à considérer ? Autrui peut-il avoir un regard plus juste sur nous que nous-mêmes ?
6 févr. 2014
"La grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair." Pascal
Dans ma nouvelle école, j'ai fait la connaissance d'un mec de ma classe. Je l'ai abordé à la pause clope parce que j'avais vu qu'il connaissait PM (je ne veux pas être offensante vis à vis de sa popularité, mais c'est tout de même une situation improbable). Depuis, je traîne toujours avec lui.
C'est un grand lecteur. Tandis que l'on éprouve des remords quand on fait trop la fête ou qu'on a trop mangé, son truc à lui, c'est d'arriver en cours, mi-exalté mi-honteux d'avoir ENCORE acheté des bouquins chez le bouquiniste. Je trouve ça plutôt drôle. Je rencontre rarement des personnes avec lesquelles je m'entends quasi-parfaitement sur le plan intellectuel ET humain (souvent, c'est soit l'un soit l'autre). Avec lui, on rigole et on discute de trucs dont je ne peux pas forcément parler ailleurs sans qu'on me prenne pour une hystérique ou une obsédée (notamment toutes les questions liées au genre, au féminisme et à la pornographie).
Cet aprem, après les cours, je l'ai accompagné pour la première fois chez le bouquiniste, celui qui est juste à côté de la station de RER. C'était une question de cinq minutes, histoire de trouver un cadeau pour une pote. Au final, je suis rentrée chez moi 5h plus tard. Je crois que le voir dévorer les livres, et même devoir se cacher pour lire Proust (pour éviter mon regard inquisiteur à la bibliothèque, l'obligeant à réviser), m'a petit à petit redonné le goût de la lecture et plus spécialement de la littérature, que j'avais perdu non seulement avec l'arrivée d'internet, mais aussi lorsque j'ai commencé des études de sciences humaines et sociales. Ca fait deux ans et demi que j'ai arrêté de lire des romans, des autobiographies ou encore de la poésie pour lire des trucs de sociologie.
Et donc pendant ces 5h, sans compter la bière et le mcdo, on a flâné dans le quartier de Saint Michel, notamment à Boulinier. J'avais oublié ce que ça faisait. D'être quelque part sans attendre quelque chose. Quand j'ai besoin d'un livre, cela fait des années que j'ai l'habitude d'aller à la Fnac pour l'acheter ou juste le commander sur Amazon. Je ne me souviens plus de la dernière fois que je suis rentrée dans une boutique sans rien attendre de particulier, puis je me rends compte que je me suis enfermée dans un style de vie où je suis tout le temps occupée. Tout le temps un truc à faire, jamais le temps pour rien. Je suis dans une vie où je chronomètre quasiment toutes mes activités, parce que j'ai trop de choses à faire. Ok, un café avec A pour 2h, après je vais manger avec X puis je rentre faire ma préparation de texte, allez je me donne 3h, puis je mate la rediff de The Voice. Je sais même pas ce que je fais, en vrai, mais j'éprouve le besoin de tout planifier pour ne pas perdre une miette de ma vie.
Mais en fait, c'est plutôt cool l'inattendu. Genre juste être là, regarder sans rien chercher de précis et repartir avec une dizaine de bouquins sous le bras, des bouquins qu'on a toujours voulu lire sans penser à les acheter. J'espère que je me donnerai du temps pour le faire.
- L'Amant aux éditions de minuit, quasi neuf pour 2,5€
- Le Deuxième Sexe I dans une édition bizarre et un peu moche mais limitée à 3000 exemplaires à 3€ (j'avais déjà commencé dans l'édition de poche normale)
- Anna Karénine en entier dans une édition des années 30 pour 4€
- Cocteau (Les parents terribles), parce que je sais que c'est une des inspirations principales de Xavier Dolan que j'adore, mais que je n'ai encore jamais lu
- Les Pensées de Pascal, texte intégral, dans une très belle édition (bail du Cercle du Bibliophile.. ?), un bail un peu comme à Poudlard
- Manifeste du Parti Communiste (au fait, j'ai fait le test de Politest et je me suis découvert un peu plus à gauche que je ne le pensais haha)
TO BE CONTINUED
29 déc. 2013
"We accept the love we think we deserve"
Aujourd'hui, c'est approximativement l'anniversaire de ma rupture, à un jour près, je ne m'en souviens plus très bien.
Je pense que l'année qui vient de s'écouler est la plus riche que j'ai vécu jusqu'ici, dans ma vie.
Aujourd'hui, j'ai pleuré dans mon lit. Je me suis remémoré la relation que j'avais avec Jeremy. J'ai l'habitude de la considérer comme un souvenir lointain. Psychologiquement, cela fait vingt ans que j'en suis sortie. Aujourd'hui, cette blessure n'a jamais été aussi vive. Etant en excellents termes avec lui, je lui en ai parlé. Terrain glissant. A chaque fois qu'on aborde notre relation, il se sent toujours obligé d'affirmer que de toute façon, tout était de ma faute, d'une façon ou d'une autre. A propos de sa relation actuelle, il déclare même : "Dans cinq jours, ça va faire un an et zero problème". Ca me met dans un état indescriptible : 1) Le mec s'est remis en couple une semaine après m'avoir quitté, après 4 ans de relation. 2) Ce n'est pas de ma faute. CE N'EST PAS DE MA FAUTE. Il met la responsabilité de l'échec sur mon attitude, mais il ne s'est jamais dit que mon attitude était liée à son égoïsme, sa lâcheté et son instabilité. 3) Comment ai-je pu rester autant de temps avec quelqu'un qui ne me méritait pas ?
Même lui le reconnait. Dans ses heures d'ébriété, il m'appelle et pleure : "tu m'as tout donné alors que je méritais rien". Il fait semblant de ne pas s'en souvenir le lendemain. Je sais que ses démons le rattrapent quand il se relâche. Quand il n'a plus la force de faire l'effort d'être dans le déni. Aujourd'hui, même les garçons de passage me traitent mieux que lui. Celui d'en ce moment me propose de l'accompagner faire les courses de Noël, m'emmène aux resto "qu'il faut trop qu'on teste !" et me prépare mon petit déjeuner, même si ce n'est qu'un bol de smacks trésor avec du lait. Ca peut paraître futile, mais ce genre d'attentions correspond à un enthousiasme lié au plaisir de ma compagnie, c'est à dire quelque chose que mon ex n'a jamais exprimé. Je n'ai aucun souvenir de lui exprimant le désir de faire quelque chose de spécial avec moi. Le max, c'était ptet l'accompagner acheter du pain. Tout ce qu'on a vécu durant notre relation, tous les lieux qu'on a visité, toutes les activités qu'on a pu faire, venaient de mon initiative. Et je ne m'en suis jamais rendue compte, parce que j'étais dans l'illusion de la première année de la relation où on ne faisait que manifester l'envie de construire quelque chose ensemble. Envie qui s'est en réalité rapidement dissipée sans que je ne m'en aperçoive. Faut tilter quand même : mes plans fesses me traitent et considèrent mieux que mon ex de 4 ans.
Plein de gens pensent que c'est une chance pour moi d'avoir eu une relation de longue durée si jeune (15-19 ans). Pourtant, plus j'y repense, plus je regrette. Je pense que je conserverai des séquelles psychologiques à vie. Seuls ceux qui m'ont lue pendant cette période peuvent avoir l'idée de la souffrance que je ressentais en permanence. Une relation pénible que je m'en veux d'avoir vécu, parce qu'elle m'a dégradée et affaibli, et surtout parce que j'ai accordé la plus grande importance du monde à quelqu'un qui ne me considérait pas bien.
Il y a un an, je suis sortie (ou disons qu'il m'a expulsé) de la relation dévastée. En miettes. Littéralement, une grosse merde. Aucune confiance, aucun avenir, aucune perspective, aucun secours. Je ne savais plus quoi faire de mon existence, alors j'ai décidé de vivre, de casser les barrières que j'avais planté pour éviter la décadence. Ladite décadence est ce qui m'a ressuscitée. J'ai annihilé mes peurs et mes appréhensions. J'ai commencé par retrouver mon pouvoir de séduction avec quelques mois de relation "de passage" avec wannabe énarque, puis j'ai enchaîné avec tellement d'autres mecs que mes potes leur attribuent des surnoms pour pas se perdre dans les prénoms. J'ai continué en bravant mes peurs de la nuit et de la fête. Ce monde de superficialités est devenu monde d'enivrements. Cette année, j'étais à la reconquête de moi même. Durant l'adolescence, là où on se construit, je m'étais perdue en route. Maintenant, mes anciennes connaissances m'acceptent ou me désapprouvent, ça ne changera rien à mon identité. Elle est quelque chose qui s'est naturellement mais très rapidement bâtie et je la revendique. Je n'ai plus peur d'être ce que je suis ou qu'on me fasse du mal. Je n'ai plus honte d'être ce que je suis, parce que sortie de cette relaiton, personne n'a le pouvoir de me rabaisser ni de m'humilier en reportant ses propres erreurs sur moi.
Je suis plus heureuse comme ça, sans attaches. Pas que je consomme les hommes ou que je bois comme un trou, non. Je me considère plutôt comme hédoniste. J'ai fait des rencontres très intéressantes, j'ai lié de nouvelles amitiés (tout en conservant les meilleures de ma vie d'avant) et j'ai mangé sans retenue. Ah oui, avant j'étais en régime en permanence dans l'idée de rester désirable. Aujourd'hui, j'ai arrêté de me restreindre inutilement, je vais au restaurant dès que l'occasion se présente et d'après les archives de ma messagerie, je n'ai jamais été aussi désirable. Pire : bien dans ma peau.
Pourtant, la pensée de moi-même m'acceptant dans l'humiliation, la soumission et la violence des mensonges me tue. Je n'arrive pas à accepter mon passé, ni à accepter ma décision de rester avec lui alors que notre relation, quelqu'en soient les apparences, n'étaient que tumultes et mensonges. C'est le seul point que je n'arrive pas à régler.
12 déc. 2013
A man will make you need him just to prove how unattached to you he is (@Cakesdakilla)
Ce soir, réunion IRL avec la
rédaction du magazine online pour lequel je bosse depuis quelques temps. Le
rédac chef me fait : « et toi sinon, tu viens d'où déjà ? ».
Géographiquement parlant ? Scolairement parlant ? « Masterisement parlant
! ». Je suis encore en licence. « Ah ouais d'accord. Je pensais pas. »
Bah pourquoi ? « Je sais pas, j'aurais pas osé, moi en licence. » Bah
pourquoi ? (bis) « J'aurais pas pu aller postuler dans un magazine comme
ça, je suis personne ! »
Bon. Je l'ai bien pris sur le
coup, parce que « bah c'est cool, ça montre que tu en veux ! ». Mais
en liant ça avec quelques remarques de mes amiEs (ouais parce que ce délire
n'est lié qu'à ma minuscule minorité de potes meufs, bizarrement), je savais
plus vraiment me situer entre l'audace et la prétention. Concrètement, j'ai
toujours fait ce que j’avais envie de faire, sans me poser de réelles barrières
et sans me poser de questions préalables du type de "en suis-je capable
?" car je viens de me rendre compte qu'en fait, je m'estime capable de
tout. Wow, je sais. Le choc.
Je suscite régulièrement de
l'admiration chez mes amiEs, qui, du compliment, peut rapidement tourner à une
relation malsaine et bizarre. Il y a un an, j'ai même dû me séparer de ma
meilleure amie pour ça. Un jour, un texto : « J'me sens comme une
merde à côté de toi. Mais t’inquiètes, c'est pas de ta faute si tu es si douée
et talentueuse ». C’étaient des propos que je ne pouvais envisager dans
une relation saine. Ce rapport de hiérarchie me gênait. Et elle aussi
apparemment. Moi qui l’avais appelé dès que j'avais lu une super offre de
stage... « Ah non mais je l'ai déjà vu la semaine dernière. »
Pourquoi ne m'en a-t-elle pas informé ? « Parce que je voulais pas que tu
aies le poste à ma place. » Ah, mais on a le même niveau d'études et
tout... « Non mais t'es meilleure que moi, c'est tout ». Bam.
« Naaaan arrête, elle t'as
pas dit ça ??? » Bah si.
« En même temps, c'est une
sorte de compliment, ça va. »
Ah, bah du coup, j'ai pas le
droit de me plaindre.
Aujourd'hui, après avoir vécu ce
type de relation et le malaise de ne pas pouvoir réellement en parler sans
passer pour la meuf style "trop marre de ces gens qui m'envient,
pfiou", j'essaie de rester au maximum loin des filles. Ça ne m'a jamais
vraiment réussi, ce rapport de rivalité permanente basée sur rien du tout et
dans lequel je ne rentre jamais. Et pourtant, dans le peu d'amitiés féminines
qui me reste, je retrouve quelques morceaux. Dans ma promo, je traîne
majoritairement avec une fille et un mec. Aucun souci avec le mec, même
longueur d'ondes, tout ça. Et avec l'autre, ça commence par "Putain,
comment tu travailles trop vite et efficacement, c'est fou." Haha
t'inquiètes c'est de l'entraînement.
Puis le "Putain, mais t'es
trop cultivée" du début d’année qui devient "Putain, mais t'es trop
cultivée par rapport à moi." Elle installe une hiérarchie. Je lui dis que
je ne suis au-dessus de personne, et ceci d'un ton sec. Je croyais qu'elle
avait capté, mais là, la fille me sort : "Tu sais, les gens de la promo
voient qui je suis seulement parce que je traîne avec toi." Malaise.
Et ce soir, une autre pote qui
veut tenter les écoles de journalisme (dont celle dans laquelle je suis) me
fait part de son manque de confiance en elle, à base de "j'me dis que je
suis trop bête". Je la motive, lui suggère de revoir ses ambitions à la
hausse, lui affirme que de toute façon, elle aura pas ses concours si elle est
convaincue de n'en être pas capable et que de toute façon, on a eu la même
formation pendant deux ans alors bon.
« Non mais tu comprends pas,
toi t'avais déjà une culture générale de ouf en sortant du bac, moi j'ai rien,
je connais rien, tu peux pas comprendre ».
Ah. Bon, du coup je lui dis
qu'elle peut toujours compter sur le réseau !
« Quel réseau ? »
Bah celui du magazine, ici
présent. Magazine dans lequel je l'avais ramené, une fois dans la team, en
pensant que sa participation serait bénéfique pour son CV.
« Non mais je suis TROP
asociale, j'arrive pas à parler aux gens et tout, j'ai pas le sens du contact comme
toi »
Bon, d'accord. Sur le coup, j'ai
pensé très fort des trucs pas sympas (style : putain mais elle veut pas
VRAIMENT faire du journalisme, c’est pas possible). Mais avec le recul, je me
pose de réelles questions quant à l'estime que ces filles m'accordent. J'ai
peur, qu'au fond, elles me détestent d'être ce qu'elles aimeraient être (dans l’hypothétique
mesure où elles aimeraient vraiment être comme moi, ce qui est difficile à
vivre au quotidien quand même haha).
Et je me déteste de leur avoir
véhiculé une telle image de moi.
J'ai encore un tas d'exemples
comme ça, de remarques que je trouve bizarre voire déplacées, venant d'amiEs
qui ont l'impression que je pourrais les écraser si on nous mettait face à
face, parce que je pèse en intelligence, popularité, confiance ou que sais-je.
Et pourtant, je crois que ce n'est pas l'impression globale que je donne : je
n'ai jamais vécu de situations similaires avec mes amitiés masculines. Je ne
sais plus comment gérer mes amiEs, j'ai l'impression qu'entre meufs, on
n'arrête pas de se jauger et de se comparer aux autres filles, et je n'arrive
pas à m'y faire parce que je ne le fais jamais. Bon, question d'orgueil ou pas,
là n'est pas la question, mais dans ma vie, j'ai trop souvent l'impression que
les filles se considèrent comme un satellite de moi-même au lieu de se
considérer simplement comme un astre copain (belle image je sais). Ou peut-être
que je traîne avec trop de filles qui n’ont pas confiance en elles, mais le
même schéma se reproduit tellement souvent que je sais pas.
Par rapport à ce blog, j'ai
souvent eu des commentaires du même style aussi, qui disaient, en gros, qu'on
aimerait bien être comme moi.
Qu'est-ce qu'il y a de plus cool
à être moi qu'à être quelqu'un d'autre ? A force de susciter autant de
remarques, j'ai la désagréable sensation d'être une imposture ou de faire un
show, jouer le rôle de la meuf trop stylée, alors que mis à part cette partie
de mes relations sociales, je n'ai l'impression d'être autre chose que moi-même.
Je sais pas si j'ai "trop" confiance en moi ou non, mais voilà, je
n'ai jamais estimé que quelque chose était hors de ma portée. Enfin tout est à
la portée de tout le monde. Le distingo se fait entre ceux qui posent leurs
couilles sur la table ou pas, ceux qui sont curieux ou pas. Ces meufs
sont-elles admiratives parce que je suis la copine qui leur affirme avec aplomb
que « Non mais t'es ‘non mais’, c'est toi qui te les mets. Y'a pas de ‘non
mais’, dans l'absolu » ? Ou me fréquentent-elles dans l’espoir de
puiser dans la confiance que j’ai en moi ?
Confiance que j’ai d’ailleurs
construite moi-même. Labeur.
Je crois qu’il faut que je revoie mon cercle social.
M’enfin, il finira évidemment par
se regénérer lui-même puisque dans ma vie, les gens viennent et repartent (bien
trop) rapidement. « Je peux pas continuer à fréquenter quelqu’un qui n’en
a rien à foutre des autres » Salut, pas de regrets. « Parce que tu
couches avec un autre type le lendemain quand je te demande de te voir moi et
que tu me fous des vents depuis des semaines, c’est bon j’ai plus le temps »
Tant pis.
Parfois, ils partent même sans
rien dire. Et ça ne me fait plus grand-chose. C’est pas que j’en ai rien à
foutre, mais je veux pas qu’on compte sur moi pour se sentir mieux dans sa
peau. Je ne veux pas qu’une amitié soit basée sur le fait que je prenne des
nouvelles ou pas. Si t’as un truc à annoncer, pourquoi t’attends que je te le
demande ? Je ne veux pas non plus qu’on m’enferme dans une quelconque
exclusivité, même si l’on me désire plus que tout (ok, autre domaine de
discussion, mais je veux pas corrompre mon fil de pensées). Je n’appartiens à
personne. Être mon ami, ce n’est pas m’avoir et encore moins me posséder. Et
ça, même si je fais partie des amis les plus loyaux qu’on puisse avoir. Je me
soucie du bien-être de mes amis (spécialement mes deux meilleurs amis) plus que
n’importe quoi (plus que ma famille, plus que mes mecs, plus que mon sommeil
puisque je réponds au téléphone à toute heure), et pourtant, j’ai peur de ceux
qui attendent de moi des trucs.
Alors que je sais que je suis
infaillible de ce côté-là.
Je sais pas pourquoi.
Mes deux meilleurs amis sont ceux
qui ont toujours été là pour moi et qui m’ont soutenu à travers les années plus
que n’importe qui. Je crois que la personne qui est la plus fière de moi à ce
jour est le mec (ouais parce que j’ai une besta meuf et un besto mec) qui n’hésite
pas à me le répéter quelques soient mes réussites et mes échecs. Pour la fille,
j’ai toujours répété qu’elle était ma conscience. C’est mon garde-fou. Ma vie
est déjà un peu le chaos, mais ça va. Si elle n’était pas là, j’ignore encore
si je serais encore de ce monde. J’ai envie de pleurer lorsque j’écris ça. Je
les aime tellement.
Mon article est totalement parti
en couilles. Il est 2h38, bonne nuit.
PS : je matais tranquillement mes statistiques et je suis tombée sur cet article.
Presque exactement deux ans auparavant.
Comparez avec l'article d'aujourd'hui : je suis méconnaissable.
Sous le choc.
Presque exactement deux ans auparavant.
Comparez avec l'article d'aujourd'hui : je suis méconnaissable.
Sous le choc.
3 nov. 2013
Hyper reality
Hier soir, on a mis les choses au clair : on ne sera jamais ensemble. Avant d'en discuter, je me rendais pas compte d'à quel point ça me pesait depuis deux semaines, depuis qu'il avait proposé qu'on se voit sans forcément baiser. Je ne voyais pas où il voulait en venir et mes potes me suggérait l'idée du couple. Je ne voulais pas y réfléchir, je souhaitais juste faire abstraction de ça. J'ai commencé par lui demander pourquoi il était distant en ce moment, et j'ai expliqué pourquoi moi aussi je l'étais. Il flippait que je me fasse des films et que je finisse par vouloir qu'on sorte ensemble. Pareil de mon côté. On rit. J'aime beaucoup sa compagnie, je n'ai rien à lui reprocher. On s'entend bien, mais pas assez pour être ensemble. D'un côté, je me pose des questions sur ma nouvelle peur de l'engagement (moi, la meuf la plus needy du monde, ne veut plus qu'un mec me rende de comptes ?!). De l'autre, je me dis que la prochaine fois que je me mets avec mec, c'est parce que c'est le coup de foudre, le feeling de ouf, la complicité de taré. Je sais pas quand ça arrivera, mais en attendant, je ne m'empêche pas d'en fréquenter d'autres (sans parler d'aventures sans lendemain hein, not my style). Je me remets aussi en question sur cette situation. On m'a fait remarqué que c'était pas très cool de voir des gens "en attendant mieux". Je ne vois pas le problème. Pour moi, je fais juste ce dont j'ai envie, je vois pas pourquoi je me priverais si j'ai des opportunités qui s'offrent à moi (à savoir des éphèbes cultivés et gentils). Mais bon. Ouais. Je sais pas.
J'ai l'impression que plus le temps passe, plus je perds de ma sensibilité, de ce qui m'anime habituellement. Récemment, une amie a décidé de couper les ponts avec moi, me jugeant trop égocentrique. Cela me fait de la peine, mais ça ne m'atteint quasiment pas. Voire pas du tout. Je me dis qu'elle fait ce qu'elle veut et que c'est la vie. Ca me manque un peu, ce temps que je passais à pleurnicher pour un rien, à être affectée au moindre truc. Et même, à la fac, parfois ma sérénité dans certaines situations (où je me serais transformée en Hulk) choque ma pote. Plus rien ne m'atteint. Plus personne n'est essentiel à ma vie. Ma capacité à m'attacher reste encore à prouver.
En quelques mois, je crois que je suis devenue l'exacte opposée de moi-même. Je suis plus trop qui je suis et où j'en suis, je n'arrive pas à caler mes envies profondes avec mes envies officielles. Je me sens plus femme qu'avant, déjà.
19 oct. 2013
Encore du bullshit, désolée
Dans l'article précédent, j'ai oublié de mentionner que j'avais développé un bouclier psychologique non seulement à l'égard de la gent masculine, mais aussi au niveau de mes amitiés. Je veux dire que c'est quelque chose qui a fondamentalement pris place dans mon mode de vie. La différence, c'est que les mecs, je les prends et je m'en fous alors que dans mes relations sociales, j'ai plutôt élevé mon niveau d'exigence. Je ne suis plus la victime d'hier. Aujourd'hui, pour être mon ami (et non pas un pote ou une connaissance), il faut me jurer fidélité et loyauté, parce que je n'hésite plus une seule seconde à quitter ceux qui me font faux bond. Par conséquent, mon cercle d'amis proches s'est fortement réduit alors que mes relations sociales ont explosé (d'ailleurs je m'étonne moi-même de manger un bol de muesli en écrivant cet article alors qu'il est 1h et qu'on est vendredi soir). Aujourd'hui je suis capable de replier mes sentiments et de réduire mes relations amicales à néant si j'estime que ces relations n'en valent pas la peine. Je suis parvenue à une espèce de machinisation de mes relations et à un contrôle effrayant de mes émotions. Cela fait longtemps que j'ai arrêté de pleurer pour les gens. Je ne pleure plus que pour la fiction (dernièrement : Alabama Monroe). J'ignore si c'est mal, si c'est bien.
Je me suis rendue compte que j'étais incapable de faire preuve de sens critique sur mes propres choix. Autant je suis une bonne amie à qui on peut se confier et qui donne toujours de bons conseils, autant je suis incapable de prendre du recul sur ma situation. Enfin, c'est aussi le cas pour les fringues : je sais jamais si un truc me va ou pas, par exemple. C'est assez handicapant dans la vie quotidienne, je suis obligée d'appeler ma meilleure amie pour savoir. Et avec elle qui se refuse tout le temps de faire des jugements de valeur même quand je la sollicite... Je m'en sors pas. J'ai vraiment l'impression que ma vie est un chaos mais je ne sais pas par quoi commencer pour la ranger.
Je serais même incapable de dire si je suis heureuse ou non. Les sentiments ont déserté. Par contre, je passe ma vie à me poser des questions et à me prendre la tête, comme vous pouvez le remarquer. Je pense que de la fumée sortirait de mes oreilles si cela était possible. C'est très étrange, ce sentiment de cogiter des heures à propos de ma relation avec Lucas et se rendre compte qu'au final, je n'éprouve rien de spécial (je crois) à son égard. De la sympathie, à la limite. J'aime bien sa compagnie pour mater Jumanji sous la couette, le fait qu'il me prenne systématiquement dans ses bras ou qu'il m'embrasse le front quand il se réveille la nuit et puis sa simplicité. Il ne m'embête jamais. En écrivant ces lignes, je me demande si je m'attacherais à lui un jour. J'espère que ça ne me fera pas comme la dernière fois où je me croyais attachée, où je pensais que mon ex allait me manquer quand il m'a quittée, alors qu'absolument pas. J'ai pas envie de me rendre compte à nouveau que je n'étais pas celle que je pensais être.
En tout cas, je pense que c'est un des plus beaux garçons que j'ai fréquenté.
En tout cas, je pense que c'est un des plus beaux garçons que j'ai fréquenté.
18 oct. 2013
Ma mère trouve que je m'habille de façon trop provocante.
Mon meilleur ami vient de se mettre en couple. En en parlant, je me rends compte qu'il est beaucoup plus sentimental que moi. En quelques mois, je suis passée d'une sensiblerie pleurnicharde à un bouclier émotionnel qui m'inquiète aujourd'hui. J'ai peur de ne plus pouvoir m'attacher, j'ai peur de l'engagement, qu'il soit émotionnel, social, ou que sais-je encore. J'ai peur d'être prise dans une relation contre mon gré. Du coup, je ne sais même pas si l'amour est toujours dans mes capacités. Je me rends toujours pas compte du fait que je sois déjà sortie avec un mec (celui dans le motion design), croire que c'est cool, que je le kiffe et tout, alors que j'en ai strictement rien à faire. De ce mec qui avait, selon ses dires, des sentiments pour moi. Je sais plus quoi faire de moi. J'en ai marre d'entendre les "tkt, il te faut juste trouver le bon". Comment je sais qui est le bon si je suis pas capable d'investir ne serait-ce qu'une pointe d'émotions dans les relations que j'ai ? Je veux dire qu'au final, à part le divertissement, je vois pas ce que ça m'apporte de fréquenter ces gars. Est-ce que je me sens plus heureuse avec ? Est-ce que je peux même m'en passer ? Est-ce que je suis capable de rester seule ? Je crois pas, je sais pas. Si je pouvais, je ne butinerais pas ainsi depuis plusieurs mois. Je dois me recentrer, arrêter de me trouver de bouche trous en attendant mon graal. D'un autre côté, ne pas souffrir, ne plus rien sentir, c'est pas ce que je voulais il y a un ou deux ans ? J'y suis arrivée. Moi qui vivait les choses trop intensément, aujourd'hui, je regrette ces moments où je me sentais en vie.
23 juil. 2013
How do I look? Subnormal.
Tiens, ce soir, j'ai curieusement envie de vraiment reprendre le blog. Plus personne ne vient ici maintenant, mais c'est pas grave. J'ai pas besoin de promo, j'ai juste envie d'écrire. Maintenant que je suis plus ou moins heureuse, je vois pas ce que je pourrais raconter d'intéressant. C'est une pensée d'emo de 15 piges mais je reste convaincue que c'est de la souffrance que naît la réflexion pertinente. C'est elle qui suscite de l'intérêt. Qu'est-ce que vous en avez à faire d'une Tanane trop yes-life qui ne veut plus mourir de désespoir face à ce monde dégueulasse ? Je pense qu'à l'avenir, vous me trouverez changée, superficielle et artificielle.
Au fond, vous et moi savons que ce n'est pas vrai. Je suis toujours celle que vous avez connu, seule mes circonstances de vie ont changée. Mes préoccupations, pareil. Quand j'ai arrêté le blog, la première était de survivre dans une relation sentimentale foireuse. La seconde était de cohabiter avec ma mère, mon anti-moi le plus absolu. La troisième était d'étudier dans ma fac insupportable dans la joie et la bonne humeur. Mais à l'heure actuelle, tout ça a changé. J'ai un copain (trop) parfait, ma mère m'indiffère et j'intègre l'Institut Français de Presse.
Je cherche de quoi me plaindre. Je ne trouve pas vraiment à part "rolala, j'ai fait la queue 1h pour aller à la piscine aujourd'hui". Du coup ça me donne l'idée de vous raconter ma semaine dernière. Je ne tiens plus d'archives de ma vie depuis que j'ai arrêté le blog. Ca m'inquiète. Je voudrais pouvoir me rappeler de ce que je faisais lorsque j'avais 20 ans.
J'ai fait mon inscription à l'IFP. Quand j'ai passé l'examen d'entrée, j'ai été surprise par les sièges en cuir de l'amphi. A côté, mon ancienne fac, c'était le tiers monde en fait. Mais bon, là n'est pas la question. J'ai donc fait mon inscription à l'IFP en ligne. En fait ouais, tout le budget est passé dans les sièges en cuir : le site est juste immonde haha.
Ensuite, j'ai pris l'apéro chez Théo, mon meilleur ami. Il était stressé comme s'il passait dans un Dîner Presque Parfait. Au final, c'était cool, j'ai câliner sa chatte sans poils (ça dégoûte un tas de gens mais moi je l'adore, elle est toute mignonne) et on s'est raconté des secrets avec les copains.
J'ai vu Les Sept Samouraïs de Kurosawa au cinéma (il est ressorti en version longue). Je l'ai trouvé extra, je m'attendais pas du tout à un truc comme ça. Ce que j'aime bien dans le cinéma asiatique, c'est qu'ils ont un certain talent pour mélanger les genres et semer la confusion dans nos sentiments. Dans l'oeuvre de Kurosawa genre gros film de samouraïs, je m'attendais pas à rire par exemple. Après, les autres films qui m'avaient marqué pour ça, c'est aussi Mother (entre le film psychologique, le thriller et Les Experts) et surtout L'Ete de Kikujiro, que je vous recommande absolument.
Mercredi, j'ai vu l'expo Dynamo au Grand Palais, avec des installations assez déroutantes. J'ai toujours bien aimé les expositions du Grand Palais. Il me semble n'avoir vu que la rétrospective Andy Warhol et Game Story, mais je n'en ressors jamais déçue.
Avant ça, j'ai vu Monstres Academy au cinéma (j'ai la carte UGC illimitée donc je passe ma vie au cinéma). J'ai beaucoup aimé même si on ne retrouve pas la même émotion que dans Monstres Academy (qui reste un de mes films d'animation préférés quand même !). Pixar fait de plus en plus dans le Disney gnangnan, c'est un peu dommage quand même. Je les préférais avant leur rachat même s'ils font genre ils revendiquent une direction artistique indépendante. ENFIN BREF, c'est pas le débat. Puis je sais pas si vous avez vu mais un mec a bossé un an sur Pixar pour conclure à une théorie assez mindfuck que je vous laisser découvrir ici (et là si vous voulez la jouer précision totale et i'm bilingual)
Jeudi, j'étais au Fnac Festival Live avec Miles Kane et Oxmo Puccino. Pretty cool. J'ai fait plein de concerts en plein air cet été. Enfin trois fois plus que les étés précédents. Avant ça, j'avais vu Birdy Nam Nam, qui était vraiment ambiancé, et Granville/NaÏve New Beaters, qui s'avérait plus ouf dans mon imagination qu'en vrai. Bref, je suis retournée au Fnac Festival Live le lendemain pour voir Breakbot. C'était sympa, mais pas ouf non plus.
Samedi, j'étais à une soirée Katapult sur une péniche. C'était trop blindé-bobo-trentenaires donc je me suis barrée tôt même si le cadre était sympa (imaginez le wanderlust/nüba mais sur l'eau). J'ai filé au Comptoir Général, un bar à l'ambiance faussement afro-coloniale. J'ai pris un jus de fruits de la passion et j'avais trop chaud donc j'ai refilé. Théo m'a pris sur un vélib et a pédalé jusqu'à côté de chez moi. Je crois que tout le Canal Saint Martin a pu admirer ma culotte avec ma jupe fleurie volante.
Dimanche, je suis allée voir Man Of Steel. Pas trop mal en soit, mais longuet vers la fin. Henry Cavill est plutôt pas mal en mode barbu quand même. On s'en fout. Puis aujourd'hui je suis allée à la piscine, en plein air et très beau cadre. On a fait 1h de queue quand même. Je sais pas si j'y retournerai, faut repayer si on y reste plus de deux heures. Du coup, le côté ratio queue/profit est tout de même moyen. Le soir, je suis allée dans le nouvel appart d'un pote. On a fumé en matant le Seigneur des Anneaux sur sa télé HD tellement HD qu'on voit les points noirs de Gandalf.
Graouh
Enfin, dans la semaine, je sais plus quel jour, j'ai mangé une glace avec une pote. On devait juste se faire un ciné. Finalement, je suis rentrée à pied jusqu'à chez moi aux alentours de 4h du mat en mangeant du poulet frit avec elle. Après le ciné (films de meufs : Joséphine, adaptée de la BD de Pénélope Bagieu. Complètement pompé sur Bridget Jones mais fun quand même), on voulait "prendre un verre" qui s'est transformé en deux bouteilles de bon vin blanc. Très bien. J'adore les soirées qui se finissent comme ça, on ne sait pas trop comment, en déambulant à Paris un peu pompette et en train de cracher sur ces connards de mecs. Je crois que je suis en voie de devenir une caricature. C'est pas grave, ces moments me font kiffer. J'ai l'impression que ça ne fait que quelques mois que je vis ma vie, que je me crée des souvenirs, aussi futiles soient-ils. C'est pas ce qui compte ? J'sais pas.
Ah oui et le titre de mon blog ne convient plus. Je lance un appel pour une nouvelle idée. A vos propositions !
17 juin 2013
Cigaretts on cigaretts, my mama thinks I stink
Ce soir, j'me sens grosse et moche. J'ai l'impression d'être condamnée à vivre une vie que je veux pas vivre, l'impression que pour mener ses relations à bien, on peut pas être comme on est. Je suis toujours trop impliquée, trop spontanée. Ca, ça veut dire trop naïve. Parce que je crois que les gens sont de bonne volonté et de bonne foi comme moi, alors que non. Je suis la nana trop conne qui se jete dans la relation sans filet parce qu'elle se dit que ça ira, qu'on prend un risque à deux, et parce que la citation de Musset était bien, quand même.
"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : " J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."
Au final, j'aurais que dalle vécu et je serais surtout blasée des relations.
10 juin 2013
Salades tomates oignons à vie, c'est de plus en plus sûr !
Bon, entre le dernier article et celui-ci, j'ai eu le temps de me mettre en couple puis de me séparer plus ou moins officiellement, j'ai arrêté la psy parce que c'était trop inutile, et j'ai ralenti ma vie sociale même si je rentre chez moi avec les premiers métros au moins deux fois par semaine. J'ai l'impression de laisser la vie sociale et superficielle me contaminer, pour ne plus avoir à penser et pour ne plus être triste. Quand je me mets à réfléchir, à être lucide, ne serait-ce qu'un peu, je tiens des discours étonnamment emplis de désespoir. Certains disent que je croque la vie à pleines dents, d'autres diront que je mène une vie qui n'est pas la mienne. Mais voilà, aujourd'hui je pense que la séduction repose quasi-totalement sur des rapports de force. Je n'ai même pas vingt ans et je suis déjà en train de perdre mes idéaux. Je pense que globalement, je vais bien. Je suis bien, mais désabusée. Surtout des relations. A partir du moment où je mène le jeu, l'autre me voudra toujours, parce qu'il sait qu'il ne m'aura jamais. Et quand cet ordre se renverse, on devient le boloss de l'autre et on se perd. Et aujourd'hui, la première fois depuis six mois, je crois que je me perds.
24 juin 2012
Double cheeseburger svp
L'autre jour, j'essayais une robe à H&M et comme d'hab, mon corps m'a déprimée. J'étais trop dégoutée par mon ventre. A ce stade, c'est même plus un petit bidou.
Je me soule à me faire avoir par le bourrage de crâne des médias (clips musicaux et tumblr compris). A part moi, je pense que je dégoûte personne. J'en suis arrivée à me déclarer que j'aurais aimé être filiforme, quitte à être moins sexy (pour Jeremy), et ne pas me sentir awkward dans des fringues moulantes.
Mais putain, je suis pas une fille comme ça. Cela fait des années que je ne suis plus obsédée par mon poids, que j'essaie d'ignorer les remarques en mode "ta meuf a grossi" et qu'il répond "et bien elle aime manger", ou même "mais tu penses qu'à la bouffe !!" et que j'explose en lui disant "non mais dis que j'suis grosse putain" et qu'il répond qu'il aime ça chez moi. Que c'est drôle. Ah bah ouais, on rigole tellement avec une meuf qui passe sa vie à s'empiffrer. J'aime manger, c'est comme ça, je sais pas pourquoi. J'suis là à déclarer "ouais jtai pas dit, je fais un régime, j'arrête la viande" et qui se prend un big double cheeseburger au grec du coin. Je m'en veux.
Je suis de ces meufs ridicules qui mangent deux carottes au déjeuner en se disant "c'est bon pour mon corps" et qui crèvent tellement la dalle qu'en rentrant du boulot, elles se jettent sur tout ce qu'il y a de trop gras, trop sucré, trop salé. Et ma mère. Cette bonne femme qui n'achète des légumes surgelés que sur commande. J'ouvre mon frigo, il y a du corned beef, de la rosette, des steaks et des plats préparés. Ca me dégoûte, j'ai envie de gerber. Je n'ai que mes légumes bonduelle pour me consoler.
Je culpabilise pas à cause de mon poids, de mon ventre, de ma graisse. Mais de mon attitude. Arrête de faire la fille qui s'assume alors qu'elle en arrive à vouloir perdre toute ses formes. Arrête de faire la fille qui contrôle ce qu'elle mange alors qu'elle ne fonctionne que sur l'affectif. Arrête de faire semblant de manger que des légumes en public si tu te gaves de saucisson chez toi. Arrête de te faire niquer par les médias. Et même. Si la plupart des femmes sont minces et que toi tu l'es pas, qu'est-ce que ça fait ? C'est quoi l'impact sur ta putain de vie ? Y'en a pas, y'en a aucun.
J'ai des seins, un ventre, des hanches, un cul, des cuisses, et c'est comme ça. Ils sont plus ou moins conséquents, y'a des fringues qui me vont plus ou moins bien et celui que j'aime m'aime comme je suis, alors qu'est-ce que ça fait, que je fasse 5 kgs de plus ou de moins ? En quoi ça a un rôle si important dans la confiance en soi ? Les gens m'aimeraient-ils plus si je faisais 5 kgs de moins ? J'ose penser qu'ils ne sont pas aussi superficiels.
No future
En travaillant dans un bureau chaque jour, je me suis rendue compte que ce n'était pas ce que je voulais faire toute ma vie. Je pensais pouvoir y trouver un confort, une routine qui aurait été une solution à mon angoisse, à l'imprévu. Mais non. Arriver, dire bonjour à ses collègues, regarder ses mails, adopter un rythme que l'on reproduira semaine après chaque semaine, se soumettre à une autorité (écrire un édito et devoir laisser le directeur le signer à sa place et mettre sa photo lors de la publication), c'est assez difficile à supporter sur le long terme. Quatre mois, la routine est encore plaisante, mais une dizaine d'années, je pense que c'est quand même autre chose.
Je n'ai encore aucune idée de ce que je veux faire comme métier plus tard. Je voudrais pouvoir concilier mes activités à mes croyances. Je rappelle que c'est une idée nouvelle vu qu'il y a quelques semaines, je ne cherchais qu'un métier lucratif. Et quelques mois avant, je rêvais de travailler chez TF1, suite à un discours d'un étudiant du Celsa. Les grands noms de ses références m'ont fait rêver, mais aujourd'hui, je me rends compte qu'il n'a fait que vendre son âme au diable.
En fait, j'ai envie d'avoir une vision internationale dans ce que je fais. C'est à dire qu'aujourd'hui, je fais mon stage en communication interne, c'est à dire que je n'agis qu'en fonction des employés du Muséum national d'Histoire naturelle, ce qui est assez restreint, aussi nombreux qu'ils soient. J'ai envie de pouvoir faire en sorte de donner l'accès à internet aux cubains, par exemple, de médiatiser les avortements forcés en chine, ou de réduire la fracture numérique entre tiers monde et occident. Directement, ou indirectement. Naturellement, avec ma formation, je ne vais jamais aller sur le terrain faire de l'humanitaire, mais je peux éventuellement être dans la cellule communication d'une ONG, ou que sais-je. Je sais pas si le temps presse, si je dois absolument y réfléchir aujourd'hui ou si je peux me permettre de tout faire sur le tas.
J'ai juste envie de passer ma vie à me dire que ce que je fais vaut la peine d'être fait (ce qui n'est pas le cas pour le journalisme d'entreprise, ce que je fais actuellement, par exemple).
AH OUI, ça me plairait aussi de travailler dans les industries créatives. Je parlais de ça il y a quelques mois, en me disant que j'allais bosser chez Universal et que ce serait cool. Mais quelle vendue je faisais à l'époque, comme si l'argent et le pouvoir rendaient heureux. De nos jours, ils ne font que nous déposséder (thanks god, le diable a bien voulu me rembourser mon âme, il était bourré). Je peux travailler dans le cinéma et m'occuper des trucs un peu underground tavu, et développer la démocratisation de la culture via l'organisation des festivals comme celui de Paris (29 - 10 juillet), où tous les films sont à cinq euros, lorsque l'entrée n'est pas gratuite. Ou comme le festival des cinémas numériques d'hier, qui permettent de promouvoir des court-métrages de mec inconnus mais à grand potentiel.
Enfin, le champ de la communication est vaste. Cela dit, le fait que ce soit full of women me donne un peu d'exercer une fonction de secrétaire, sans dénigrer la profession, c'est plutôt rabaissant de savoir que les gens pensent que je suis en mode Miss France alors que ma formation me fait décrypter les médias et prendre conscience des enjeux politiques et la manipulation des foules, mais soit. Je vis avec.
18 juin 2012
Bon courage à tous !
Metropolitan Museum of Art, NYC, 1988. Photo by Elliott Erwitt.
Demain, le bac. J'espère que tous les terminales qui me lisent ont bien révisé. Même si je l'ai déjà, je ne m'en sens pas plus légère puisque mon copain et une de mes meilleures amies le passent.
Je m'en rappelle comme si c'était le mois dernier (sans exagération), et je ne me suis toujours pas détachée de mon lycée. Quant à mes choix APB, tout le monde continue de me rétorquer que j'aurais mieux fait de faire une prépa. STOP ça suffit. Même si je ne me fais pas à ma fac, je ne regrette toujours pas mon choix d'orientation. Je ne nie pas que la prépa m'aurait apporté à peu près dix milles trucs de plus (notamment pour mon ego) que ma licence, mais ce n'était vraiment pas ce que j'avais envie d'apprendre. Je ne voulais pas rester dans le pur scolaire, les dissertations d'histoire ni reprendre le latin.
En regardant sur mon année scolaire passée en licence information-communication, j'ai le vague sentiment d'avoir passé une année sabbatique. Et pourtant, ce serait prétentieux et égoïste que de penser que les profs que j'ai eu, aussi laxistes qu'ils soient, ne m'ont apporté. Sans me pousser intellectuellement, je pense qu'ils ont quand même pas mal encouragé ma créativité et the self expression, dans la mesure où j'ai pu pas mal exercer ma plume, aussi modeste qu'elle soit, à travers des articles, des critiques de films, des dissertations où mes ironiques "cher président" (à l'époque : Sarkozy) sont joints d'un "Oui !" au stylo rouge. Ah oui, j'ai aussi pu faire une analyse socio-culturelle du public, après douze heures d'observation aux ventes aux enchères à Drouot, en anthropologie. C'était un dur labeur, mais une fois les quinze pages imprimées, on est content de soi.
Tout ça pour dire qu'en dépit de toutes mes critiques et plaintes à propos de mes cours, au final, c'était PAS SI terrible que ça quand on y pense. C'est juste que tout est amplifié à cause du fait que je me suis pas fait d'amis et que je n'arrive pas à m'habituder au jemenfoutisme ambiant vu que j'ai été "élevée" dans une bonne classe, où tout le monde était attentif, ou du moins, paraissait l'être. Il faut juste que j'arrête de faire la comparaison lycée-fac et de passer mon temps à parler de mon époque lycéenne comme un ancien régime politique. C'est un autre monde, c'est tout. Mon lycée existe encore, je suis juste passée à autre chose. Enfin en théorie.
"En deuxième année, ça ira mieux", me dit-on. J'espère. Cette nouvelle année scolaire s'annonce comme étant plus laborieuse que la première (un bien pour un mal ou un mal pour un bien, who knows ?) : Travail pour l'association, cours plus high level (enfin j'espère) et SURTOUT, préparation pour le Celsa (concours en Avril). J'étais chaude au début de cette année, je travaillais déjà de mon côté mais gagnée par mon image d'intello en mode "mais t'es folle ou quoi ?" et ma flemme, j'ai arrêté mes séances de révisions hebdomadaires... Je suis faible, je sais. Cela dit, un de mes profs du premier semestre (un super prof), le dernier jour, m'a proposé de me coacher personnellement pour le Celsa en me donnant et corrigeant des sujets. Je dois lui écrire un mail dès la rentrée (NE PAS OUBLIER NE PAS OUBLIER, de toute façon, COMMENT OUBLIER) parce qu'il n'assure que des cours de L1 du coup je ne serais pas dans sa classe.
Ah oui et autre mémo : NE PAS SE REPOSER SUR SES LAURIERS, NE PAS SE REPOSER SUR SES LAURIERS. Je pense que la confiance que les profs ont en moi, ainsi que leur éloge ne m'aide pas particulièrement. Oui ils me rassurent et m'encouragent, mais d'un autre côté, je pense que j'ai pas mal tendance à me reposer sur mes acquis. Par exemple, j'étais à table avec les parents d'une copine et mon copain, puis on parlait des projets d'avenir, du coup j'ai évoqué le Celsa et entendre mon copain marmonner dans son coin "mais bien sûr qu'elle va le torcher ce concours", ça me fait rire mais d'un côté, ça m'énerve aussi. D'ailleurs en sortant des portes ouvertes, on s'était violemment disputé dans la rue à ce propos (anecdote largement relayée par une connaissance à la fac. Vie de people.) parce que les gens ont tendance à tellement avoir confiance en mes capacités que je ressens vraiment une illégitimité par rapport à ça. J'ai des lunettes, je suis asiatique, CA Y EST tout de suite je suis en mode hard working. Ca ne veut rien dire. Je peux échouer. Et je vais probablement échouer, j'en suis consciente. Mais dans l'esprit des gens (ici, les gens = les profs + mon entourage très proche à part ma mère), j'ai déjà tout gagné. Et ça me fout une pression, mais tellement énorme. Je m'imagine déjà déverser mon seum et leur en vouloir, crier sur mon copain "mais pourquoi tu m'as dit que je l'aurais ???" comme si c'était de leur faute qu'ils croient en moi. Mauvaise foi. Faut pas que je me laisse convaincre par ces débordements de confiance, je dois voir le concours comme un Everest à conquérir, rien ne m'est du. Et ça, il faut aussi que les autres le comprennent.
Autre mémo : ARTICLE A RELIRE QUAND J'AURAIS LA FLEMME DE REVISER.
6 juin 2012
Kikoolol le bonheur !!
Aujourd'hui, je sortais du boulot et j'me dirigeais vers le metro. Sur le chemin, je me suis dit que j'étais heureuse. Pas là maintenant tout de suite, mais heureuse dans ma vie tout court. Je trouve ça bizarre qu'on demande pas plus souvent à nos proches s'ils sont heureux alors que ça semble important quand même, mais bref. J'ai trouvé cette pensée assez bizarre parce qu'après avoir vécu tout le déluge que représentait mon existence pendant quelques mois, j'ai cru que je ne m'en sortirais jamais. Vous avez vécu ces vives souffrances et ces difficultés avec moi, elles ne vous sont pas étrangères, mais je pense que par souci de pudeur (oui oui ça m'arrive d'être pudique), je ne vous en ai dévoilé qu'un centième de ce qui en était vraiment.
Et pourtant, aujourd'hui je suis toujours là. Et heureuse en plus. Je me sens comme libérée. Qui dit liberté parle d'enfermement. Et pourtant, je saurais pas décrire ce qui m'enchaînait, ce qui me retenait d'être heureuse. Un mal être, une boule d'angoisse qui me faisait broyer du noir tout le temps. Bon je suis toujours angoissée mais c'est dans ma façon d'être et elle n'est handicapante que socialement. Je veux dire qu'elle n'a plus d'impact sur mon mental.
Bon, même si pour le moment, je me fais un peu chier au boulot, je suis quand même contente d'avoir postulé. Les gens sont gentils et accueillants (tellement que ça me met mal à l'aise). Ca me fera une belle expérience sur le CV, ça m'apprendra à tutoyer les adultes et ça m'apportera des places gratuites pour le zoo, des chemises à rabats et des post-it gratuits.
19 mai 2012
Le changement, c'est maintenant
Le groupe de Jeremy fait un concert à Paris !
Actuellement, je suis en train d'essayer de trouver la force de me mettre à la révision des partiels pour la semaine prochaine. On est samedi et j'ai toujours pas commencé, je n'y arrive pas... J'ai perdu l'habitude du travail, c'est juste horrible. A côté de ça, je dois aussi écrire plein d'articles pour faire un numéro spécial de Causette en deux semaines, en binôme. Ca me paraît tout bonnement insurmontable.
J'ai décidé d'arrêter de me prendre la tête dans mes relations sociales. Entre ma peur du jugement de l'autre et l'angoisse du blanc dans la discussion, je vais essayer de ne pas réfléchir lorsque je rencontre ou quand je parle à quelqu'un. Pour l'instant, ça me réussit plutôt bien parce que quand j'ai l'impression de faire des gourdes, finalement, ça passe. Par exemple, je suis allée voir la dame qui s'occupera de moi pendant mon stage :
Moi - Concernant la tenue de travail euh...
Elle - On est assez tolérants, rien de spécial.
Moi - Une tenue correcte quoi.
Elle - Oui oui..
Moi - Genre je vais pas venir en tong !
Une petite familiarité qui m'a échappé, semblable à mon "Si jvoulais du fric, je serais allée à McDo !" lors qu'elle m'a annoncé mon salaire sur un ton embarassé. Mais les deux gourdes l'ont fait rire, donc je suppose que ça ne m'a pas porté préjudice, même si je dois faire gaffe à mon excès de sympathie.
Un(e) d'entre vous m'a également prodigué plein de bons conseils pour améliorer mon expression orale. Désormais, je vais essayer de prendre mon temps pour répondre. En fait, j'ai eu un flash. Je suis quelqu'un qui parle extrêmement vite (avant, c'était à la limite du compréhensible), et maintenant, je sais pourquoi. Ma mère ne m'écoute pas, ou alors très peu. Du coup, dès mon plus jeune âge, j'ai accélé mon débit pour caser le maximum de mots en un minimum de temps, pensant que comme ça, elle pourrait entendre tout ce que j'ai à dire. Fail. Ma mère est la personne qui me comprend le moins quand je parle... Parfois elle fait des remarques très blessantes, alors que si je suis devenue comme ça, c'est à cause du temps qu'elle ne m'a jamais accordé. Lorsque je me tais avant de répondre, j'ai l'impression que les secondes ressemblent à des minutes, j'ai peur de mettre mon interlocuteur en situation de gêne comme quand je me sens mal à l'aise, jusqu'à en être paralysée, lors d'un blanc dans une discussion.
Autre chose, il ne faut pas que j'oublie de valider ce que l'autre me dit. J'ai souvent la manie de penser que les autres sont dans ma tête, et donc de penser ma validation (donc la base de ma réplique ou de mon contre argument) comme acquis, alors qu'en fait non... J'ai bientôt un débat à faire devant toute la promo. On devra piocher un sujet, le parti que l'on doit prendre et préparer les arguments. Je n'y pensais pas trop jusqu'à aujourd'hui, où ça me met dans une certaine situation de stress. En repensant aux autres débats enregistrés et faits "entre nous", je reste assez choquée par mon débit qui me rend grave agressive même quand mon attitude ne l'est pas. FAUT QUE JE ME CALME LA.
Bon, j'arrête d'en parler, ça me rend anxieuse.
A la base, je parlais juste de mes relations sociales. En ce moment, j'ai de nouvelles connaissances sur qui m'exercer, et aujourd'hui, j'ai plus de facilité à établir un dialogue où je suis à l'aise qu'avant. Il faut juste que j'arrête de réfléchir et ça passe tout seul. Rien que le fait d'aller chercher Jerem et de voir les gens de sa classe : Avant j'étais là, un peu potiche, un peu légume, parce que j'avais peur qu'il pense que j'étais une meuf de merde, et finalement aujourd'hui j'ai discuté, normal quoi. La vie est TELLEMENT plus simple lorsqu'on arrête de tout calculer... J'ai de moins en moins peur des nouvelles rencontres, des situations de face à face avec des gens que je connais pas bien.. Prendre le métro avec une connaissance et devoir faire le trajet avec par politesse, par exemple, était une situation me mettait extrêmement mal à l'aise, alors que là, je suis tout à fait détendue.
Concernant cette angoisse de la réflexion qui me fait me coucher super tard (je sais plus si je l'ai raconté mais je vais au lit tard pour être assez fatiguée pour ne pas réfléchir avant de dormir), elle aussi, elle est finie. Je me fatigue plus tôt qu'avant. Je suis passée de 4-5h du mat à 2h, ce qui est pas mal. Par contre, pour mon stage, je vais commencer à 9h30 tous les jours. Je sais pas comment je vais survivre, à force de me lever à 8h tous les jours, pour finir à 17h... Ca me paraît inhumain alors que ce sont des horaires tout à fait normaux. J'ai passé l'année à dormir et glander, reprendre un rythme correct se révèlera fabuleusement pénible, mais au moins, je profiterais vraiment de mes journées (durant les étés, normalement elle commence à 17h...)
Si je n'avais pas fait ce stage, j'aurais fait une tonne d'autres trucs. J'ai notamment trouvé une offre d'une société de production où en une semaine, j'aurais gagné mon salaire mensuel... J'aurais aussi postulé pour le prochain film de Kim Chapiron (j'ai flashé sur lui en tombant sur une photo de lui dans Trois Couleurs, il y a quelques années), sûrement un rôle de figuration (ils cherchent une asiatique de 17-25 ans), et été bénévole pour le festival du cinéma à Paris ! Je suis mue par une envie de faire un tas de trucs, de sortir à jamais de la larvitude. Je cherche avant tout des expériences enrichissantes sur le plan humain, alors qu'il y a quelques semaines, j'aurais juste cherché le plus rentable et eu la flemme pour le reste. Et encore ! Je sais même pas comment j'ai pu ne pas participer à une offre de figuration pour No et Moi de Zabou Breitman où j'étais sûre d'être prise, alors que c'était payé une blinde. Juste parce que j'avais la flemme de me lever le matin, en vacances. Ah la la, Ancien Moi, quelle honte tu me fais.
Je sens que je commence à changer. Ca fait du bien.
8 mai 2012
Au commencement était l'émotion.
Mais encore, tout à l'heure j'étais au Disney Store des Champs Elysées et Jeremy m'a demandé qui était le mec de Pocahontas, donc me voilà partie dans le spoil de la fin du film, où voila, John Smith doit se séparer d'elle pour retourner en Angleterre et faire soigner sa blessure par balle, etc.. En me remémorant le geste de la main qu'ils font, ma gorge s'est nouée et j'ai trouvé ça terrible, cette séparation. Du coup j'ai versé une larme. Une seconde crise d'émotivité intense a eu lieu lorsque j'avais envie d'écouter Comme un Homme de Mulan, dont Jeremy ne saisissait pas le sexisme paradoxal des paroles, donc je lui ai raconté que justement, Mulan qu'elle est aussi forte qu'un homme. Cette combativité (imaginaire), couplée au souvenir de la scène où l'Empereur la remercie, m'a arraché des demi-larmes que j'ai su retenir en inspirant profondément. Sur le coup, je me fais incroyablement pitié, donc j'essaie de mettre tout ça sur le compte biologique, mais avouez que c'est quelque peu bizarre.
Je crois que je ne vais pas très bien, honnêtement. Je me connaissais sensible, mais là c'est arrivé à un tel point d'exagération que je me demande si je vais pas en parler à mon Médecin quand je la verrais. Je me sens pourtant psychologiquement stable, je suis assez heureuse et tout. J'sais pas, c'est ultra chelou.
Ce qui me fait pleurer, c'est surtout les trucs imaginaires (films ou ma propre imagination) ou les grandes idées. Sur le chemin du retour, on parlait de son futur chien, qu'il aimerait pouvoir laisser sans laisse. Je les imaginais gambadant joyeusement ensemble, lui en skate, et le chien qui court avec lui, jusqu'au moment où j'ai eu l'image du chien qui ne s'arrête pas au feu rouge et qui se fait renverser ou écraser par une voiture, ce que j'ai trouvé terrible parce qu'après tout, même si c'était pas son ami à proprement parler, c'était tout de même son compagnon de vie et tout. Et j'ai commencé à dramatiser sur le mode de l'absurde, consciente que pour le moment, il n'y avait ni chien, ni de promenade en skate, ni accident de voiture. Cette idée de la mort violente de l'animal m'a choquée et attristée, avant que je ne m'en remette.
C'est absolument idiot et irraisonné.
Mais ce qui m'a le plus chagrinée dans la soirée, c'est la prédominance de mes préjugés. Deux meufs étaient passées devant nous, et j'avais un tel mépris pour elles, par rapport à leurs tenues et leurs attitudes, que je m'en suis trouvée cruelle, avant de réaliser que je passais sans doute à côté de plein de gens extraordinaires. J'ai trop de dédain pour les gens. Ca a provoqué en moi une désolation des plus totales. Si je n'ai pas d'amis à la fac, c'est parce que mon jugement négatif que j'ai des gens qui m'entourent émane de moi (j'ai tendance à penser que je suis entourée de feignants immatures sans ambition), et que je ne vais pas les voir justement parce que je crains leur jugement. Un cul de sac social, vous dis-je.
Puis j'ai repensé à ma classe de l'année dernière, sans que je me sois liée d'amitié avec tout le monde, je respectais et admirais chacune des personnalités, uniques, que j'ai pu cotoyer pendant deux ans. Il y avait ce mec issu d'une banlieue réputée violente, à l'accent qui ne laissait aucun doute sur son origine géographique (je rappelle que j'étais au centre de Paris), avec ce look tout aussi significatif, le tout complété par un énorme diam's blingbling à l'oreille. Ce mec, lorsqu'on creusait un peu, révélait une personnalité absolument réfléchie, au langage distingué mais maîtrisé lors des oraux blancs, et dont la plume était souvent flattée en dissert. Il aimait également cuisiner des pâtisseries le dimanche. Comme s'il y avait lui, et sa façade sociale. Il y en avait aussi un autre, connu comme LE cancre du lycée qui cumulait plus d'absences que de présences en cours, un brin de provocation et un rictus qui a exaspéré plus d'un prof. Lui est en fait un génie en Histoire. Evadé du système scolaire et piteux en dissertation, il avait une telle passion, une connaissance si précise de l'Histoire qu'au début, je m'en amusais, pour finir intriguée. Sans m'étendre sur un autre, si discret et timide qu'on ne l'aurait jamais soupçonné auteur de romans de Science-fiction dont la qualité a été approuvée par mon prof de français, je voulais juste souligner de par ces exemples que j'étais entourée de gens invraisemblablement intéressants.
Arrivée à la fac, j'ai l'impression de n'avoir rencontré qu'un profil de ce type, une fille que je trouve extraordinairement intelligente et courageuse en dépit de l'image d'écervelée superficielle derrière laquelle elle se cache pour une raison qui m'est encore inconnue. J'ai l'amer sentiment que tout le monde est pareil et qu'ils ne sont ce qu'ils reflètent, donc comme je disais, des feignants immatures sans ambition, ce qui m'empêche de m'intéresser à eux, de creuser, pour voir ce qu'ils peuvent révéler. Seulement, je pense insolemment qu'ils n'ont rien à révéler. Pétrie par mon mépris, je ne sais plus quoi faire pour me battre avec moi-même afin de pouvoir laisser une chance à ma vie sociale de se développer à la fac, et de m'orienter vers une vision plus optimiste des gens de mon université. Parce que pour le moment, l'arrogance que j'éprouve à l'égard de mes condisciples ne fait que me décevoir et m'attrister davantage. Encore un peu et j'en pleurais. Pour changer.
6 mai 2012
Samedi soir, 3h du mat.
C'est le moment de parler de moi, pour changer de d'habitude.
En relisant les articles de mon blog pour leur mettre des libellés, je me suis rendue compte qu'en moins de six mois, j'avais quand même beaucoup changé, psychologiquement parlant. J'étais ce coeur brisé qui pensait que la vie était une chose insoutenable et pleine d'injustice. Bon, je pense toujours que la vie est pleine d'injustice mais je suis sentimentalement heureuse et je commence à penser que je peux faire quelque chose pour qu'elle soit mieux, autant pour moi que pour autrui.
Il y a six mois, j'étais une larve à proprement parler. Je ne faisais rien de mes journées à part penser, penser et encore penser à la douleur que je ressentais constamment par rapport au fait que celui que j'aime était avec une autre fille, et donc vivre avec l'idée qu'il ne m'aimait plus. Après expérience, j'arriverais donc à la conclusion que son amour me donne mon souffle de vie. Naze, niais, cliché, qu'y puis-je puisque c'est la vérité.
D'ailleurs, il vient de me rappeler que c'était l'anniversaire de notre rencontre, il y a trois ans, jour pour jour. Je voulais retrouver mon journal de l'époque pour relire ce que j'avais écrit sur lui à ce moment là mais je me suis aussi rappelé que je le retrouvais plus depuis qu'on s'était fait cambriolé. Imagination [On] : Les mecs me l'avaient pris, ils l'ont lu et se sont foutus de ma gueule style "Hé Jean, regarde les conneries que cette meuf écrit, c'est dingue !". J'avoue que je suis mue par un besoin constant de répertorier tous mes faits et gestes, comme un historique de vie. Cette habitude va sans doute avec la manie que j'ai de collecter toutes les infos possibles sur les mecs que je trouvais beau (j'ai arrêté miraculeusement après m'être concentrée sur Jeremy) ou encore mon besoin compulsif de faire tout le temps des listes pour rien style "pipi - manger - raconter week end à Delphine" avant les récrés, en terminale. Oui, j'admets que c'est presque maladif. Mais quoiqu'il en soit, j'espère qu'en réalité, mon journal est planqué sous mon lit et tout poussiéreux.. Enfin c'est souhaitable pour moi.
Bon, pour revenir à ma réflexion égocentrée, comme je me suis dit que j'avais considérablement changé en cinq mois, j'suis arrivée au moment où on se demande à partir de quel âge on ne change plus. M'enfin, vous me direz qu'on change constamment, blablabla. Je sais pas si j'suis un bébé ou quoi, mais j'ai comme l'impression qu'à un certain moment, on arrive à un âge où les décennies finissent par se ressembler, où tout devient pareil, mais avec des changements minimes style "on a changé de voiture", "j'ai changé de monture de lunettes" ou "j'aime les courgettes maintenant". Vous voyez ce que je veux dire ? C'est comme si la vie d'adulte était une mélodie doucereusement monotone. Ce n'est pas forcément un mal, ça veut dire qu'on a finit de se construire... L'adolescence, c'était pour moi un truc complètement fantasmé, imaginé à partir de romans pour minettes. Aujourd'hui, je peux dire que j'y ai survécu \o/
Cela dit, j'ai pourtant l'impression d'avoir quitté l'adolescence et de flotter un entre-deux, sur le point de rejoindre le monde des "jeunes adultes". Comme je le racontais hier à Jeremy, je n'ai pris conscience de mon corps de femme il y a tout juste quelques mois. Je me matais scrupuleusement à poil (aucune idée de pourquoi je fais ça mais je le fais tout le temps), et j'ai eu un choc. Je me suis dit que j'avais une poitrine vachement formée, des hanches et tout le bordel qui allait avec. Un vrai corps de meuf, que dis-je, de FEMME. Et pourtant, alors que je porte ce corps quotidiennement, je ne me suis pas vue grandir. J'ai l'impression d'avoir subi un changement brutal, alors qu'en réalité, ce n'était qu'un bouleversement psychologique.
J'ai bientôt dix neuf ans. Mes amies disent que je fais femme. Bon, elles ont pas pu développer cette idée parce qu'il était 4h du mat et qu'elles s'endormaient (oui on fait des soirées pyjama avec une petite séance confessions dans le noir) mais ça mérite réflexion, vous pensez pas ? Je me rappelle qu'à mes 15 ans, je vivais dans une telle misanthropie que ça en devenait infernal. Aujourd'hui, je présente toujours une certaine insociabilité mais j'ai beaucoup moins de mépris envers les gens de mon âge. En seconde, ce que je détestais le plus, c'était vraiment mes congénères qui se prenaient pour des adultes, à boire, fumer et baiser comme des trentenaires alors qu'en réalité, ils n'étaient que de petits loupiots aux besoins sexuels grandissants. Comme une haine de "l'adulte précoce", qui pourrait ptet se traduire en une peur d'être adulte. Je sais pas.
Aujourd'hui, je n'ai pas peur de grandir. C'est pas forcément une hâte, mais lorsque je me compare à Jeremy qui, la veille de ses dix-huit ans, s'affolait dans tous les sens, avec une certaine envie de décéder sur place, je me sens plutôt sereine, sachant que dans ma tête, ma vie s'arrête à trente ans. J'veux dire que j'arrive pas à me projeter au dela. Je me vois "jeune" à vie. Si ça se trouve, je ne serais qu'une vieille vioc comme une autre. C'est difficile à encaisser, parce qu'on a toujours cultivé une certaine individualité, qui en fait, n'a pas sens. Je veux dire qu'il n'y a pas d'"eux" ni de "nous". On est simplement les futurs "eux". Nous aussi un jour, on sera là à faire chier nos enfants pour n'importe quoi, et ils raconteront sur leur blog à quel point ils nous méprisent, aiment ou admirent. Je trouve cette idée intrinsèquement affolante.
28 avr. 2012
Cette peluche toute douce est idéale pour réconforter les enfants et les accompagner pendant la sieste.
En ce moment, j'ai l'amer sentiment que mon blog n'est qu'un ramassis de conneries superficielles que j'alimente consciemment parce que je n'arrive plus à parler de choses plus profondes et personnelles, de sentiments, alors que l'essence même de mon blog répond au principe que plus c'est personnel et intime, plus c'est universel. Et là, je suis bloquée parce que j'angoisse. J'ai peur que mes employeurs ne tombent dessus parce que mon skyblog est référencé sur Google, j'ai peur que des gens de la fac tombent dessus. Voilà de quoi j'ai peur : le jugement. Non pas celui de mon lectorat (de vous), mais celui de l'extérieur. Je n'ai pas honte de ce que je peux penser ou ressentir, mais j'ai peur que les autres se ferment par rapport à ce genre de trucs.
(Question : pourquoi chaque premier paragraphe ne veut pas s'aligner ???)
(Question : pourquoi chaque premier paragraphe ne veut pas s'aligner ???)
Aujourd'hui, j'ai tendance à trop protéger mes pensées parce que j'ai compris que ça me rendait vulnérable. Les gens de l'extérieur connaissent mes peurs sans que je ne connaisse leur prénom. C'est effectivement le risque à prendre pour tenir un blog qui a une ligne éditoriale comme celui ci, j'en suis bien consciente. Je sens vraiment que je dévie de cette ligne, que je m'éloigne du but principal de mon blog, qui est de rejoint l'universel par le particulier, celui qui m'a poussé à m'ouvrir à des inconnus pour qu'ils sortent de la solitude de leurs sentiments. Voilà pourquoi mon blog existe. Maintenant je me retrouve à parler de rien de spé, rien de personnel, et je sens que je perds mon lectorat (visites, commentaires, etc...). Qui est-ce qu'un blog classique intéresse ? Tout le monde voit des films, tout le monde va à des expos, tout le monde mange. Personne n'a besoin que MON blog devienne une sorte de référencement de ce genre de choses. Si vous venez me lire, c'est pour lire mes sentiments, pas ce que je fais des mes journées, non ?
J'ai besoin d'une restructuration des contenus que je poste, mais aussi de quelques échos de votre part par rapport à ce que je peux raconter.
Sentimentalement parlant, vous avez tout suivi et m'avez extrêmement soutenue. Je ne vous parle même pas de ce que je vis aujourd'hui, c'est totalement ingrat de ma part. D'un autre côté, il n'y a pas grand chose à rajouter : nous sommes revenus ensemble depuis déjà quatre mois, ce n'est plus du tout la même chose qu'avant. Il n'y a pas d'euphorie et de drame. C'est calme, même si parfois il y a quelques petits accrochages qui me font penser des choses assez pessimistes quand à notre avenir sur le long terme (à savoir sur toute la vie). Je commence petit à petit de sortir de cette idée qu'il est l'amour de ma vie et que je ne vais pas mourir si je ne me marie pas avec, etc... Cela ne veut évidemment pas dire que je l'aime moins, mais juste que je suis moins accrochée à cet idéal d'amour absolu.
Quoique j'en dise, je ne pense pas que j'aimerais quelqu'un autant que lui un jour, même si on fait pas notre vie ensemble ou chépakoi. Aujourd'hui notre amour relève de l'inexplicable. Avant je faisais le bébé à penser que s'il ne savait pas pourquoi il m'aimait, ça voulait dire que ça ne fondait sur rien. C'est totalement faux. Là je ne saurais même pas dire pourquoi je l'aime, pourquoi lui, après toute la douleur qu'il m'a infligé. De toute façon, depuis quand l'amour est-elle régie par la raison ?
Il m'apporte un tel réconfort quotidien, non pas par ses paroles (il est plus du genre à m'engueuler, exaspéré parce qu'il pense que je me sous-estime trop, plutôt qu'à dire des trucs gentils style "Je suis sûr que ça se passera bien, je te connais un peu quand même, tu seras parfaite :)" comme un ami me dit) ou ses câlins, mais juste par sa présence dans ma vie et l'exclusivité que l'on entretient en étant en couple. Il n'y a que dans ses bras que j'arrive à m'endormir facilement, que je ne suis pas torturée par mon flot de pensées incessantes. Il me repose.
Cela dit, en ce moment et sans raison, je vis dans l'angoisse qu'il me trompe. Je ne sais absolument pas pourquoi, ça m'est venu soudainement. Je pense que dans mes relations amoureuses, je serai toujours angoissée, insecure. C'est chiant à vivre. Mais bon, il m'a acheté un lémurien en peluche sur lequel j'avais flashé, en mode surprise pendant que j'avais le dos tourné à Nature&Découvertes.
Je crois que c'est l'une des choses les plus mignonnes qu'il ai pu faire depuis trois ans. Je lui cherche un nom, j'avais pensé à Nelson ou Léon. Je trouve que ça va bien à leur tronche :
(Les yeux de la peluche sont moins flippants, je vous rassure)
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