J'avais passé l'entretien d'embauche et suite à ça, ils m'avaient demandé de leur envoyer quelques écrits. Aujourd'hui ils m'ont répondu pour me dire :
- Qu'ils avaient >>>> vraiment <<<< bien aimé, trouvé ça intéressant
- Mon style est clair, précis et très personnel (je leur avais envoyé aussi l'article sur Megaupload)
- Mes critiques cinématographiques sont >>>> très <<<< pertinentes
- Mes interviews sont bien menées et structurées
Et que j'aurais une réponse d'ici 15 jours !
Sans vouloir me la jouer Laura Ingalls, à la lecture de ce mail, mon coeur s'est emplit de joie. En ce moment je bénéficie d'une reconnaissance de la part des professionnels qui me donne non seulement confiance en mon futur, mais ça regonfle aussi la motivation que je peux avoir pour les cours. Tout cela ne serait donc pas fait si vain que ça...
Si tout se passe bien, je ferais donc mon stage au Muséum jusqu'à mi septembre, puis j'enchaînerais en temps partiel pour l'association pour l'apprentissage des nouvelles technologies dans un but culturel. Je vais enfin me sentir active, utile et THANKS GOD je vais enfin commencer à apprendre des choses concrètes qui vont me grandir humainement.
Petite ombre. En recevant le mail, j'étais tellement fière de moi que j'ai voulu le lire à ma mère qui m'a répondu "ok c'est bien". Juste "ok c'est bien", comme si je lui avais annoncé que j'avais gagné 2€ au Millionnaire. Un "ok c'est bien" qui sonne comme un "ok mais s'ta vie". C'est vraiment ignoble de devoir vivre en se passant de la reconnaissance de ma mère. J'ai le sentiment que même si j'étais complètement abrutie et illétrée, ça aurait pareil. Grandir dans l'indifférence la plus totale et faire comme si c'était normal. Je ne peux pas lui dire "Mais tu t'en fous ou quoi ?" parce qu'elle ne me répondrait que "Bah non !!" sur un ton tout aussi nonchalant que son "ok c'est bien".
J'en souffre moins qu'avant, c'est sûr, parce que j'ai le soutien mon copain et de mes amis, mais personne ne pourra remplacer ma mère. J'ai beau souvent dire que j'en ai rien à foutre d'elle, mais elle compte quand même. Rien que pour mon ego personnel, je voudrais qu'elle reconnaisse que d'être parvenue dans la situation dans laquelle je suis aujourd'hui, par rapport à l'environnement auquel elle m'a destiné, c'est quand même pas mal. Et que tout ce que j'ai développé, c'est loin d'être grâce à elle.
Je voudrais pouvoir la voir un jour être fière de ma mère, ce qui ne se réalisera probablement jamais.
5 commentaires:
C'est marrant, j'ai le même truc avec mon père. Quand j'ai eu mon bac avec mention et mon acceptation en prépa, il a dit "Ah." ; quand j'ai commencé la prépa et que j'avais du mal à bosser à fond, il m'a dit "ouais, c'est déjà un échec" et quand j'ai été hypra malade de la mort qui tue avec 12 000 trucs à rendre en même temps alors que j'étais sous antibios, il m'a dit "oui oui, t'es malade. Toi et la moitié de la France". Ouais, merci pour le soutien, pap'.
Et sinon, c'est génial pour ta réponse ! Ca doit faire du bien au moral :) Courage, accroche toi pour les cours !
C'est génial que tu aies (peut-être) cette opportunité !
Je vis dans un environnement assez semblable au tien : mère célibataire immigrée, borned and raised in da EAAAAST COAST nigga etc... et je rencontre le même problème que toi avec ma mère. Je pense, sans vouloir traiter ta mère (et la mienne par la même occasion) de déficiente mentale, qu'elle n'est juste pas capable d'apprécier tes succès à leur juste valeur, elle en saisit très certainement pas l'ampleur. Est-ce qu'elle connait le Muséum National d'Histoire Naturelle et l'association où tu travailleras ensuite ? Si non, triste constat après de nombreuses années passées en France et bla bla bla mais tu "devrais" plus être désolée pour elle que la blâmer. Puis j'ai remarqué que les blédards avait du mal à franchement féliciter leurs enfants, ou même à extérioriser leurs sentiments (mis à part colère et mécontentement bien sûr)... question de culture.
Je ne lui en veux pas de ne pas connaître, je lui en veux de ne pas s'y intéresser, de ne pas chercher à connaître justement.
Je comprends qu'elle n'a pas les moyens financiers, le temps, la forme physique (problème d'arthrose) ni les outils intellectuels pour accéder à la culture "musée", c'est lié à sa classe sociale, mais le souci, c'est que voilà, elle s'en fout de moi. Et je sais même pas pourquoi. Je la blâme pour son manque de curiosité, d'intérêt pour sa fille. Oui c'est un musée, oui c'est un monde inconnu, et alors ?
Pour moi qui adore ma mère et réciproquement, ça me remue ce que tu écris.
Je ne te connais pas, mais je te trouve exceptionnelle, par ta mentalité et ton parcours.
Je veux que tu sois ministre au gouvernement d'ici quelques années, tu ferais un boulot d'enfer avec un pep's pareil.
Enregistrer un commentaire