18 juin 2014

La connerie n'a pas de nom, cet article n'aura donc pas de titre

Plus je pense à ma relation avec Lucas, plus je me questionne sur ma capacité de discernement.

Après les lignes que j'ai pu écrire sur sa mignonnicité, quelques petits détails me reviennent concernant sa bêtise infinie.

Je me ressasse deux moments particuliers (outre bien sûr notre dernière rencontre où il a affirmé que j'étais Hitler parce que "tu fais tout ce que tu veux en te foutant de ce que les gens pensent de toi").

Le premier concerne l'écart qu'il y avait entre nos deux origines sociales. Issu d'un milieu bourgeois, il se savait chanceux d'avoir pu autant voyagé. 

- Mais toi, t'es jamais allée au Vietnam [le pays d'origine de ma famille]?
- Non
- T'as pas envie ?
- Bah si
- Pourquoi t'y vas pas ?
- Ma famille n'a jamais eu assez d'argent [à savoir que je ne suis jamais partie en vacances en famille]
- Pourquoi ?
- Parce que ma mère est caissière et que j'ai pas de père
- Pourquoi elle change pas de métier ?
- Parce qu'elle a pas de diplômes
- Pourquoi ?
- Parce qu'elle a pas pu aller à l'école
- Mais pourquoi elle y va pas maintenant ?
- Parce qu'elle a une famille à nourrir
- Mais pourquoi...

Cette discussion semblait sans fin, et à ce moment là, j'ai compris que ne pas avoir d'argent était une idée qui dépassait son cadre mental. Il ne pouvait PAS considérer le fait qu'on puisse manquer d'argent, à croire que ça pousse sur les arbres. Même ayant vu plein de modes de vie différents au sien, vu la misère en Afrique et en Asie, il n'arrivait toujours pas à assimiler le fait qu'on n'ait pas toujours LE CHOIX de TOUT dans la vie, parce que lui, a toujours eu le choix. Ce n'est pas la fatalité de la bourgeoisie ni de la naïveté enfantine comme j'ai pu croire sur le moment, c'est simplement un manque de souplesse intellectuelle, à savoir un manque d'intelligence. Avec le recul, je suis désolée pour moi-même d'avoir passé autant de temps avec quelqu'un qui ne m'apportait vraiment rien, si ce n'est du divertissement. Il ne m'a pas manqué depuis qu'on s'est quitté. Pas une seule fois. 

Alors comme ça, je suis encore capable de faire des mauvais choix. Après tout ça.

Quoiqu'il en soit, la deuxième discussion est beaucoup plus cruelle. Vers décembre/janvier, j'ai fait des piges pour le directeur très crapuleux d'un magazine local. Je n'ai toujours pas été payée et je racontais que ma pote avait été payée parce que son père avait appelé. 

Lucas me dit : "Bah demande à ton père, toi aussi ! Ah bah non, t'as pas de père haha"

Sur le coup, je pense que j'étais dans le déni. Il n'a pas pu sortir ça. J'ai placé ça dans un coin de ma tête en ayant l'étrange sentiment que quelque chose n'était pas normal dans cette phrase, sans pour autant me sentir bizarre, énervée ou vexée. J'ai tilté il y a seulement, genre, trois jours. A ce stade-là, ce n'est plus de la maladresse mais de la simple et pure connerie.

Je n'arrive toujours pas à expliquer comment j'ai pu perdre mon temps ainsi, comment j'ai pu avoir du mal à me séparer de lui. Il n'était même pas ancré dans mes habitudes puisqu'il ne me manque pas. Peut-être que je sous-estime aussi mon niveau de connerie.

29 mai 2014

Fin de l'histoire.

A @basicallysad : Désolée pour mon MP un peu agressif, je suis un peu méfiante envers les demandes de following d'inconnus, surtout sans PP et tout, tu as bien sûr le droit de me follow (je m'adresse à toi à travers cet article vu que je ne peux pas te répondre à cause de ton unfollowing). 

D'ailleurs, vous pouvez tous suivre mon bullshitage quotidien sur twitter (@tanane00).

J'ai mis un peu de temps pour me décider à écrire cet article.

Il y a déjà longtemps, je voulais arrêter ma relation avec le mec que je vois depuis sept mois en raison de divers événements qui m'avait soulé (genre des disputes où il hurle "ET PUIS J'EN AI MARRE DE TES TRUCS DE FEMINISTES DE MERDE") mais je me suis toujours dégonflée. Je le trouvais trop gentil pour pouvoir le lâcher pour de simples disputes. 

Jusqu'à une aventure trop croustillante pour que je puisse la relayer sur mon blog. J'ai réalisé que cette relation n'était pas adaptée à mes aspirations réelles (sexuelles), j'ai donc balancé un "ça me soule, on arrête les bails" sur Facebook après une énième prise de tête. Il a demandé à ce qu'on se voit pour clarifier la situation, ce que l'on a fait deux semaines après.

Il arrive en m'embrassant, on discute à un café de tout et de rien jusqu'à ce que je mentionne le fait que je ne comprenais pas son baiser après ma décision. S'en suit un sketch improbable. Tandis qu'il ne comprenait pas ma décision ni ce dont j'avais envie et en quoi il ne pouvait pas me le donner, je lui expliquais que je préférais mettre fin aux choses plutôt que de lui demander de changer ou de s'adapter à moi. "Mais t'écoutes jamais rien de ce qu'on te dit, et puis je voulais pas te le dire pour pas te blesser, mais mes amis trouvent que tu te la pètes, mais GRAVE". Je réponds que je m'en bats les couilles de ce que ses amis peuvent penser de moi, ce qui le met hors de lui et le lance dans un monologue que je ne peux interrompre puisqu'il me coupe : "Non mais je sais déjà ce que tu vas dire, je réponds d'avance", ce qui me met hors de moi puisque je ne supporte pas que l'on puisse supposer mieux me connaître que moi. Blablabla tu es comme ça, tu es comme ci. Mec, j'en ai rien à foutre de ce que tu penses de moi. Si tu m'aimes bien, tant mieux, si tu m'aimes pas, je m'en fous. Je force personne à traîner avec moi.

Je pars du principe que mes amis m'apprécient et que cela m'est égal que l'on pense du mal de moi vu que je n'oblige personne à supporter ma présence. Il s'insurge : "Quoi ? T'en as rien à foutre de ce que pensent les autres de toi ? T'es Hitler en fait, tu fais que ce dont tu as envie et ceux qui pensent du mal de toi, ils vont se faire enculer quoi" Je réponds par l'affirmative. Il entre dans une colère noire tandis que je me retiens de rire. Moi. Hitler. Il se lève en affirmant avec fougue que je fais partie de ces mauvaises personnes qui ont participé aux périodes les plus noires de l'histoire. 

Et je m'en fous, mais terriblement. Même après tout ce temps passé avec lui, je ne suis pas une seule seconde touchée par ses propos. Insensible ? Peut être. "Ne fais pas comme si cela ne te touchait pas, tu trembles des lèvres et tu rougis". Ridicule. Je rappelle que nous sommes en terrasse et que je suis bien trop peu couverte pour le temps qu'il faisait, et qu'il était de notoriété publique que l'alcool rougit mon visage (mais vraiment). Quoique : je suis excédée par sa connerie et sa simplicité d'esprit. Manichéen. 

Il part sans un mot, sans me saluer, visiblement très énervé, me plantant en plein milieu d'un café après avoir tapé une scène aux Halles. Je suis sur le cul : comment ai-je pu passer autant de temps avec cet individu ? Toujours le même schéma quand une relation finit avec un mec. Je suis ridicule. Mon manque de discernement dans le choix de mes mecs me surprend. A chaque fois, c'est pareil. Je me dis "celui là est différent !". Non.

Tandis que je marchais jusqu'à l'appart de Jeremy (mon ex) pour lui raconter cette aventure, je reçois un texto. Lucas me traite de grosse salope, textuellement parce que j'en ai rien à foutre de ce que pensent les autres de moi. "Moi j'ai toujours été bien avec toi, tu l'as dit toi même, franchement c'est dur ce que j'entends." Je ne répondrai jamais. 

Fin de l'histoire.
Et sinon, je suis de nouveau admissible au Celsa !

12 mai 2014

Rien

Dans ma promo, il y a un peu d'étudiants qui ont eu l'occasion de vivre à l'étranger étant plus jeune. Ne parlons pas de ma fac qui doit exploser le record du nombre de fils ou filles de bourgeois au mètre carré. Certains arrivent en taxi le matin.

Je suis la fille qui, derrière ses airs de "OUAIS J'ASSUME TOUT, KESKIA", n'aime pas beaucoup parler de ma situation personnelle et familiale, de ce que j'ai pu vivre dans mon enfance. En fait, j'en parle jamais. Un de mes meilleurs amis a même récemment appris que je n'étais même pas née au vietnam. Je parle volontiers de moi (en témoigne ce blog), mais de moi et moi seule. J'ai toujours redouté les fiches personnelles à remplir à la rentrée. J'ai déjà préféré écrire que ma mère était au chômage plutôt que d'indiquer son vrai métier. Je voulais faire peser le poids de la misère familiale sur l'Etat et la crise économique plutôt que sur ma famille.

Dans les conversations, je redoute toujours le moment où on ne connaît pas trop l'autre mais tout de même assez pour pouvoir lui demander ce que font ses parents dans la vie. D'habitude, j'ai peur de rien. Vraiment. Et surtout pas du regard de l'autre (enfin plus maintenant). Mais aujourd'hui, la voix tremblante, je m'oblige à annoncer que ma mère est caissière et que je suis née sous X de père.

Pour autant, cela fait quelques mois que je fais cet effort sans l'accepter dans ma vie sociale. J'ai peur qu'on me juge, que je perde du crédit ou qu'on ne me considère plus de la même façon une fois que l'on sait d'où je viens.

Je n'arrive même pas à aller plus loin dans l'article. Pourtant, je voulais dire plein de trucs. Encore une fois, j'ai honte.