12 mai 2014

Rien

Dans ma promo, il y a un peu d'étudiants qui ont eu l'occasion de vivre à l'étranger étant plus jeune. Ne parlons pas de ma fac qui doit exploser le record du nombre de fils ou filles de bourgeois au mètre carré. Certains arrivent en taxi le matin.

Je suis la fille qui, derrière ses airs de "OUAIS J'ASSUME TOUT, KESKIA", n'aime pas beaucoup parler de ma situation personnelle et familiale, de ce que j'ai pu vivre dans mon enfance. En fait, j'en parle jamais. Un de mes meilleurs amis a même récemment appris que je n'étais même pas née au vietnam. Je parle volontiers de moi (en témoigne ce blog), mais de moi et moi seule. J'ai toujours redouté les fiches personnelles à remplir à la rentrée. J'ai déjà préféré écrire que ma mère était au chômage plutôt que d'indiquer son vrai métier. Je voulais faire peser le poids de la misère familiale sur l'Etat et la crise économique plutôt que sur ma famille.

Dans les conversations, je redoute toujours le moment où on ne connaît pas trop l'autre mais tout de même assez pour pouvoir lui demander ce que font ses parents dans la vie. D'habitude, j'ai peur de rien. Vraiment. Et surtout pas du regard de l'autre (enfin plus maintenant). Mais aujourd'hui, la voix tremblante, je m'oblige à annoncer que ma mère est caissière et que je suis née sous X de père.

Pour autant, cela fait quelques mois que je fais cet effort sans l'accepter dans ma vie sociale. J'ai peur qu'on me juge, que je perde du crédit ou qu'on ne me considère plus de la même façon une fois que l'on sait d'où je viens.

Je n'arrive même pas à aller plus loin dans l'article. Pourtant, je voulais dire plein de trucs. Encore une fois, j'ai honte.

1 commentaire:

Lema a dit…

C'est fou, je reconnais dans ces lignes des reflexions personnelles que j'ai déjà eu auparavant. Ma mère est femme de ménage. Je n'ai jamais vécu avec mon père, je ne porte pas son nom et il est chômeur. La plupart des gens que je fréquente ont un milieu social nettement plus "prestigieux" et j'ai longtemps eu du mal à assumer "d'où je venais" et comment ça se passait chez moi.
Maintenant ça va mieux, je n'en parle pas pour autant, je considère que la vie qu'on a chez nous (chez nos parents) nous regarde, mais si on m'interroge, je réponds sereine. Après tout, les choix, et non-choix de vie de mes parent ne définissent ni qui je suis, ni qui je deviens...
Désolée pour ce petit monologue, j'en avais envie
Belle soirée, bisous, Amel