Plus je pense à ma relation avec Lucas, plus je me questionne sur ma capacité de discernement.
Après les lignes que j'ai pu écrire sur sa mignonnicité, quelques petits détails me reviennent concernant sa bêtise infinie.
Je me ressasse deux moments particuliers (outre bien sûr notre dernière rencontre où il a affirmé que j'étais Hitler parce que "tu fais tout ce que tu veux en te foutant de ce que les gens pensent de toi").
Le premier concerne l'écart qu'il y avait entre nos deux origines sociales. Issu d'un milieu bourgeois, il se savait chanceux d'avoir pu autant voyagé.
- Mais toi, t'es jamais allée au Vietnam [le pays d'origine de ma famille]?
- Non
- T'as pas envie ?
- Bah si
- Pourquoi t'y vas pas ?
- Ma famille n'a jamais eu assez d'argent [à savoir que je ne suis jamais partie en vacances en famille]
- Pourquoi ?
- Parce que ma mère est caissière et que j'ai pas de père
- Pourquoi elle change pas de métier ?
- Parce qu'elle a pas de diplômes
- Pourquoi ?
- Parce qu'elle a pas pu aller à l'école
- Mais pourquoi elle y va pas maintenant ?
- Parce qu'elle a une famille à nourrir
- Mais pourquoi...
Cette discussion semblait sans fin, et à ce moment là, j'ai compris que ne pas avoir d'argent était une idée qui dépassait son cadre mental. Il ne pouvait PAS considérer le fait qu'on puisse manquer d'argent, à croire que ça pousse sur les arbres. Même ayant vu plein de modes de vie différents au sien, vu la misère en Afrique et en Asie, il n'arrivait toujours pas à assimiler le fait qu'on n'ait pas toujours LE CHOIX de TOUT dans la vie, parce que lui, a toujours eu le choix. Ce n'est pas la fatalité de la bourgeoisie ni de la naïveté enfantine comme j'ai pu croire sur le moment, c'est simplement un manque de souplesse intellectuelle, à savoir un manque d'intelligence. Avec le recul, je suis désolée pour moi-même d'avoir passé autant de temps avec quelqu'un qui ne m'apportait vraiment rien, si ce n'est du divertissement. Il ne m'a pas manqué depuis qu'on s'est quitté. Pas une seule fois.
Alors comme ça, je suis encore capable de faire des mauvais choix. Après tout ça.
Quoiqu'il en soit, la deuxième discussion est beaucoup plus cruelle. Vers décembre/janvier, j'ai fait des piges pour le directeur très crapuleux d'un magazine local. Je n'ai toujours pas été payée et je racontais que ma pote avait été payée parce que son père avait appelé.
Lucas me dit : "Bah demande à ton père, toi aussi ! Ah bah non, t'as pas de père haha"
Sur le coup, je pense que j'étais dans le déni. Il n'a pas pu sortir ça. J'ai placé ça dans un coin de ma tête en ayant l'étrange sentiment que quelque chose n'était pas normal dans cette phrase, sans pour autant me sentir bizarre, énervée ou vexée. J'ai tilté il y a seulement, genre, trois jours. A ce stade-là, ce n'est plus de la maladresse mais de la simple et pure connerie.
Je n'arrive toujours pas à expliquer comment j'ai pu perdre mon temps ainsi, comment j'ai pu avoir du mal à me séparer de lui. Il n'était même pas ancré dans mes habitudes puisqu'il ne me manque pas. Peut-être que je sous-estime aussi mon niveau de connerie.
3 commentaires:
La première discussion m'a beaucoup choquée. Depuis que je suis à la fac, j'ai aussi cotoyé des gens d'un milieu social différent du mien. J'ai donc entendu des gens dire qu'ils étaient contre le principe de la méritocratie ou encore qu'il fallait que la retraite se fasse entièrement par capitalisation et que les gens "n'avaient qu'à mettre de l'argent de côté et se débrouiller sans l'Etat".
J'ai appris à faire la part des choses : ces gens vivent dans un monde à part où tout est tout beau, ce n'est pas de leur faute...
Soit plus cool avec toi-même, Tanane.
Ce mec n'était qu'un con. Okay, tu as l'impression d'avoir perdu ton temps avec lui. Et ?
Passe à autre chose et arrête de te rabaisser comme ça. Ca arrive à tout le monde de se tromper, de ne pas voir des signes. Je ne dis pas que c'est super chouette mais ça va, t'es humaine :)
L'important, ce n'est pas la chute, c'est le moment où l'on se relève. ET SURTOUT le moment où on comprend pourquoi on s'est glandé.
Tu as l'impression de tomber tout le temps sur le même genre de mecs (aka "Bad boys à fêlures") et tu recherches "l'étincelle". Soit. Si je peux te donner un conseil : arrête de chercher.
Lâche la pression.
Marie : Merci pour ton commentaire, tu as tout à fait raison et il est vrai que je passe peut être encore trop de temps dessus, à me construire des regrets au lieu d'aller "de l'avant" mais au vue de mon palmarès, j'ai vraiment pas de quoi être fière de mes choix, comme si JUSTEMENT, j'avais rien appris de mes précédentes relations (sérieuses ou non) et c'est ça qui est terriblement frustrant.
PS : en passant, Lucas était justement l'anti bad boy à fêlures, donc j'avais vraiment l'impression de trouver quelqu'un de bien. Je l'ai déjà précisé mais il ne s'agissait pas d'une relation de couple, juste un "sexfriend" comme on dit dans le jargon, j'ai jamais projeté quoique ce soit avec lui.
Mais j'écoute quand même mon conseil : je vais désintaller Tinder haha (mon compte adopteunmec étant fermé depuis un bon bout de temps).
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