11 juil. 2012

Adiooos

Je viens de quitter l'association.

J'avais envoyé un mail pour savoir si on était déjà en contact avec les personnes à interviewer (corps du message : une ligne). Le boss m'a répondu un pavé assez scandaleux qui soutient plus ou moins subtilement que :

- Préparer une interview sans entrer en contact avec la personne concernée, c'est "croire en ses rêves".
- Si on a une interview, c'est pas moi qui irait
Et pourquoi ??
- Je ne crois pas aux idées que soutient l'association.
- Il sait quelle vision du journalisme j'ai
Alors comme ça, il paraît que je veux interviewer que des gens connus et je crois que la vie est simple
- Il a peut être fait une erreur en voulait me DONNER MA CHANCE 
Ahem, pour info : je bosse en bénévolat
- Ce qui m'intéresse, c'est uniquement les stars.

Stupéfaite par l'idée faussée qu'il s'était fait de moi alors qu'on s'est vus que 3 fois (1 entretien de motivation et 2 réunions), j'ai préféré partir plutôt que de bosser avec des gens qui ne croient pas en moi, et qui pensent que je suis écervelée alors qu'ils sont loin d'avoir matière à juger. Question d'ego ou de dignité, l'écart est mince.

Pour moi, avant de préparer une interview (qui, dans mon cas, demande de la documentation, du temps et de la réflexion), il faut déjà contacter les personnes non ? C'est une partie intégrante d'interview et c'est logique. Dommage qu'il pense que fonctionner comme ça signifie ne pas croire à ses idées. Mais ce qui m'insupporte le plus, c'est vraiment le fait qu'il se permette de penser qu'il me connaît alors qu'il ne sait même pas écrire mon prénom correctement. Et surtout, qu'il remette en doute mes idées concernant la démocratisation culturelle. J'aimerais que les jeunes issus de milieux défavorisés comme le mien puissent ne pas se priver de déjeuner pour aller voir des expos, ne pas sortir seule à 7 ans pour aller à la bibliothèque, et qu'on leur dise d'arrêter de se retenir de pleurer face à la pression morale familiale par rapport à l'argent qu'on dépense en ces "choses inutiles" que sont les bouquins et les CD. Et en rejoignant l'association, je voulais justement faire en sorte que mon histoire ne soit plus aussi exceptionnelle que pense la plupart des personnes que je croise. 

Je lui ai bien sûr répondu, quitte à être insolente. Mais c'est tout de même d'une incroyable condescendance que de soutenir de telles choses sans même avoir discuté individuellement avec moi. Comment présenter des travaux à quelqu'un, qui, avant même que le boulot n'ai commencé, pense que vous êtes une kikoolol complètement conne qui veut être journaliste people.

Je ferais mes preuves ailleurs.

Avantages :
- Plus de temps pour le concours du Celsa
- Engagement dans une ONG possible (je viens de postuler pour ATD Quart Monde)
- Je pourrais me faire des sessions films à la BU gniaaaah (oui en fait j'ai découvert très récemment l'abondance audiovisuelle de ma fac, shame on me)

ON RELATIVISE.