Metropolitan Museum of Art, NYC, 1988. Photo by Elliott Erwitt.
Demain, le bac. J'espère que tous les terminales qui me lisent ont bien révisé. Même si je l'ai déjà, je ne m'en sens pas plus légère puisque mon copain et une de mes meilleures amies le passent.
Je m'en rappelle comme si c'était le mois dernier (sans exagération), et je ne me suis toujours pas détachée de mon lycée. Quant à mes choix APB, tout le monde continue de me rétorquer que j'aurais mieux fait de faire une prépa. STOP ça suffit. Même si je ne me fais pas à ma fac, je ne regrette toujours pas mon choix d'orientation. Je ne nie pas que la prépa m'aurait apporté à peu près dix milles trucs de plus (notamment pour mon ego) que ma licence, mais ce n'était vraiment pas ce que j'avais envie d'apprendre. Je ne voulais pas rester dans le pur scolaire, les dissertations d'histoire ni reprendre le latin.
En regardant sur mon année scolaire passée en licence information-communication, j'ai le vague sentiment d'avoir passé une année sabbatique. Et pourtant, ce serait prétentieux et égoïste que de penser que les profs que j'ai eu, aussi laxistes qu'ils soient, ne m'ont apporté. Sans me pousser intellectuellement, je pense qu'ils ont quand même pas mal encouragé ma créativité et the self expression, dans la mesure où j'ai pu pas mal exercer ma plume, aussi modeste qu'elle soit, à travers des articles, des critiques de films, des dissertations où mes ironiques "cher président" (à l'époque : Sarkozy) sont joints d'un "Oui !" au stylo rouge. Ah oui, j'ai aussi pu faire une analyse socio-culturelle du public, après douze heures d'observation aux ventes aux enchères à Drouot, en anthropologie. C'était un dur labeur, mais une fois les quinze pages imprimées, on est content de soi.
Tout ça pour dire qu'en dépit de toutes mes critiques et plaintes à propos de mes cours, au final, c'était PAS SI terrible que ça quand on y pense. C'est juste que tout est amplifié à cause du fait que je me suis pas fait d'amis et que je n'arrive pas à m'habituder au jemenfoutisme ambiant vu que j'ai été "élevée" dans une bonne classe, où tout le monde était attentif, ou du moins, paraissait l'être. Il faut juste que j'arrête de faire la comparaison lycée-fac et de passer mon temps à parler de mon époque lycéenne comme un ancien régime politique. C'est un autre monde, c'est tout. Mon lycée existe encore, je suis juste passée à autre chose. Enfin en théorie.
"En deuxième année, ça ira mieux", me dit-on. J'espère. Cette nouvelle année scolaire s'annonce comme étant plus laborieuse que la première (un bien pour un mal ou un mal pour un bien, who knows ?) : Travail pour l'association, cours plus high level (enfin j'espère) et SURTOUT, préparation pour le Celsa (concours en Avril). J'étais chaude au début de cette année, je travaillais déjà de mon côté mais gagnée par mon image d'intello en mode "mais t'es folle ou quoi ?" et ma flemme, j'ai arrêté mes séances de révisions hebdomadaires... Je suis faible, je sais. Cela dit, un de mes profs du premier semestre (un super prof), le dernier jour, m'a proposé de me coacher personnellement pour le Celsa en me donnant et corrigeant des sujets. Je dois lui écrire un mail dès la rentrée (NE PAS OUBLIER NE PAS OUBLIER, de toute façon, COMMENT OUBLIER) parce qu'il n'assure que des cours de L1 du coup je ne serais pas dans sa classe.
Ah oui et autre mémo : NE PAS SE REPOSER SUR SES LAURIERS, NE PAS SE REPOSER SUR SES LAURIERS. Je pense que la confiance que les profs ont en moi, ainsi que leur éloge ne m'aide pas particulièrement. Oui ils me rassurent et m'encouragent, mais d'un autre côté, je pense que j'ai pas mal tendance à me reposer sur mes acquis. Par exemple, j'étais à table avec les parents d'une copine et mon copain, puis on parlait des projets d'avenir, du coup j'ai évoqué le Celsa et entendre mon copain marmonner dans son coin "mais bien sûr qu'elle va le torcher ce concours", ça me fait rire mais d'un côté, ça m'énerve aussi. D'ailleurs en sortant des portes ouvertes, on s'était violemment disputé dans la rue à ce propos (anecdote largement relayée par une connaissance à la fac. Vie de people.) parce que les gens ont tendance à tellement avoir confiance en mes capacités que je ressens vraiment une illégitimité par rapport à ça. J'ai des lunettes, je suis asiatique, CA Y EST tout de suite je suis en mode hard working. Ca ne veut rien dire. Je peux échouer. Et je vais probablement échouer, j'en suis consciente. Mais dans l'esprit des gens (ici, les gens = les profs + mon entourage très proche à part ma mère), j'ai déjà tout gagné. Et ça me fout une pression, mais tellement énorme. Je m'imagine déjà déverser mon seum et leur en vouloir, crier sur mon copain "mais pourquoi tu m'as dit que je l'aurais ???" comme si c'était de leur faute qu'ils croient en moi. Mauvaise foi. Faut pas que je me laisse convaincre par ces débordements de confiance, je dois voir le concours comme un Everest à conquérir, rien ne m'est du. Et ça, il faut aussi que les autres le comprennent.
Autre mémo : ARTICLE A RELIRE QUAND J'AURAIS LA FLEMME DE REVISER.

8 commentaires:
Ca ma fait la même avec le concours scpo. C'très énervant en effet surtout quand après tu dois annoncer ton échec cuisant à tout le monde. Menfin, la vie continue, c'pas si grave que ça nn plus.
Bosse dur, et ça devrait le faire.
Si tu le rates, tu peux le retenter l'année d'après ?
Estelle
Non non t'inquiètes je suis pas un fan d'un jour une histoire au point de passer mes aprem' à regarder la 6, ahah ! Mais voilà il m'est arrivé de tomber sur certains films et il y en avait des pas mal. ( l'autre jour, il y avait PS : I love you ! )
Estelle : Ca dépend de comment chacun le vit. Moi je pense que j'en ferais le drame de ma vie.
Sinon, oui, je peux le retenter l'année d'après mais je "perds" un an parce que du coup, je ferai deux L3...
Si ça peut te "rassurer" : tu as plus de chances de louper le Celsa que de le réussir. Le bosser seul, c'est vraiment dur, beaucoup de prépa n'y arrivent pas même en passant par HK/K.
Voilà voilà :)
Je te comprends tellement pour ce qui est des gens qui croient toujours que tu vas tout réussir... Je vis ça depuis des années et ça met une sacrée pression. Tout le monde d'attend toujours à ce que je réussisse tout, parce que j'ai sauté une classe et que j'ai toujours été bonne élève. Et là, y en a déjà qui sont sûrs que je réussirai l'ENM alors que c'est dans 2 ans quoi !!! Bref, ça rajoute une pression supplémentaire assez incroyable, parce que j'ai limite l'impression qu'ils ne me verraient plus de la même façon si je ratais...
Sinon, par rapport à ton commentaire sur mon blog, je reconnais que le mot "normal" n'est pas vraiment approprié, mais c'est le seul que j'ai trouvé au moment d'écrire mon article pour exprimer ma pensée. Et par là, j'entendais surtout une année à peu près calme en fait. Je sais très bien qu'on a toujours des soucis, mais de plus ou moins grande importance. Et ces deux dernières années, les "gros" soucis ont largement dominé, sans jamais une interruption pour me permettre de souffler un peu. Donc c'est juste ça que je voulais dire : une année calme, avec comme unique souci celui de réussir mes exams et de bien travailler. Voilà. Plus de gros problèmes à gérer à droite à gauche et en continu.
J'ai pensé au nutritionniste aussi, mais ma mère pense que dans mon cas c'est inutile, et s'emploie elle-même à jouer ce rôle... Du coup j'essaie aussi au max de surveiller ce que je mange, et je pense me mettre très prochainement au sport, quand j'aurai un peu plus de force... On verra bien... Merci de tes conseils en tout cas :)
Et bon courage pour ton stage, l'asso et tout le reste, j'espère que tout se passera comme tu le souhaites :)
Oui mais en HK/K, tu n'as aucun cours de communication. Or, moi je n'ai que ça :) Chacun ses avantages.
En HK/K, tu acquiers une culture générale sans trop te faire chier que tu ne peux pas avoir aussi facilement à la fac. Puis tu acquiers aussi une vraie aisance à l'écrit, faut pas croire qu'on nous demande des travaux scolaires, au contraire. Mais enfin je ne voulais pas faire l'apologie de cette élite qui n'en est pas une.
Ouais c'est sûr pour la culture générale et l'écrit. C'est pour ça que je disais "chacun ses avantages".
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