21 oct. 2013

Les nouvelles du dimanche

Hier, je lui ai dit que j'avais un peu repris mon blog. Il a rigolé en disant "Imagine tu parles de moi et tout, haha !". Un peu gênée, je lui ai dit que je parlais de mes relations sans trop avouer qu'il était le sujet principal de mes remises en questions actuelles. Thanks god, Blogspot permet de ne pas être répertorié sur les moteurs de recherche. 

Bref, comme je vous l'ai dit sans trop développer, je suis entrée à l'Institut Français de Presse. Et c'est dur. Le niveau est loin de celui de Paris VIII, ainsi que la charge de travail. La dernière fois que j'ai autant bossé que le week end dernier, c'était lors du bac. En gros, deux ans de complaisance intellectuelle qui ont ramolli non seulement mes capacités intellectuelles, mais aussi mes capacités de travail. Je n'arrive vraiment pas à me faire à mon nouveau rythme et je suis en permanence fatiguée (dur d'avoir cours tous les jours alors qu'on était habitués aux week ends de quatre jours).

Pédagogiquement, je dois reconnaître qu'il s'agit du jour et de la nuit. A Paris VIII, on laissait libre cours aux goûts et préférences de chacun, ce qui nous permettait de travailler sur nos domaines de prédilection. Le mien étant les enjeux de l'internet libre, j'ai pu écrire un article sur Aaron Swartz et être publiée dans l'Huma, analysé le discours médiatique concernant ACTA, étudié les liens entre conscience politique et Anonymous, etc... Alors qu'à l'IFP, c'est beaucoup dans l'excellence académique, chose que je recherchais en sortant du lycée. Aujourd'hui, je sais que j'aurai davantage d'opportunités professionnelles et un nom de prestige sur mon CV, mais je ne suis pas sûre que cela suffise à mon épanouissement. 

Mais bon, sinon, je suis aussi devenue secrétaire de rédaction chez RAGEMAG ! Je vous invite à découvrir ce super magazine qui fait des articles de fond et qui propose de l'information réelle qui peut nourrir vos esprits ! Je trouve leur initiative et leurs articles vraiment pas mal, c'est pourquoi je me suis engagée dans le projet. Je suis un peu stressée mais je pense que ça ira, l'équipe est plutôt sympa.

19 oct. 2013

Strike the pose

Pendant l'été, j'ai fait mon entrée dans le milieu queer.

"Queer est, à la base, un mot anglais signifiant « étrange », « peu commun », souvent utilisé comme insulte envers des individus gays, lesbiennes, transsexuels… Par ironie et provocation, il fut récupéré et revendiqué par des militants et intellectuels gays, transsexuels, bisexuels, adeptes du BDSM, fétichistes, travestis et transgenres à partir des années 1980."

Ca a commencé avec Nathan. Un bloggueur lyonnais, devenu un pote de longue date (depuis le collège ! C'est pourquoi je n'ai pas de blog à vous linker). Il était en week end à Paris et le vendredi soir, c'était l'échec total. On avait pas prévu le coup donc on était trop mal habillés pour sortir le soir, on nous a recalé au Nüba ainsi qu'au Wanderlust (pour les non-parisiens : il s'agit de boîtes très à la mode mais très péteuses, cela dit GRATUITES). Plusieurs fois. On était pas assez sobres pour ne pas faire les relous qui retentent trois fois. On avait pas d'endroit où rentrer alors on a arpenté Paris pour finir par manger un kebab à 4h du matin devant Beaubourg, vide. "Bon, demain, on rattrape tout ça", il me dit. Très bien.

Samedi soir, il m'emmène à la Java (une boîte de Belleville) à la soirée "Trou aux Biches", une soirée gay. Je ramène deux copines, de vagues connaissances récemment rencontrées. Au bout d'une heure, elles se barrent, ne supportant pas de ne pas être regardées (il faut admettre qu'elles sont très jolies). Un nouveau monde s'ouvre à moi. Pas d'inhibition. Je danse, je transpire et je finis à 4h du mat en soutif sans que personne ne me regarde. Je goûte à une forme de liberté sociale : je ne connais plus les normes. C'est l'éclate.

Emballée, je continue les soirées queer en tentant de ramener qui je peux : mon copain de l'époque, un couple de potes, un autre pote bloggueur sociologiquement curieux. Finalement, je rencontre deux potes gays dans le métro, par hasard, en allant à ma deuxième trou aux biches. Dreamteam.

Je suis récemment ressortie avec eux au Social Club pour Cakes Da Killa. Génialissime.

Avec toutes ces soirées, j'ai découvert le twerk (le vrai, pas celui de Miley Cyrus), le voguing et cette sensation d'enivrement de danser comme on veut sans se dire que les autres penseront qu'on est vulgaire.



Encore du bullshit, désolée



Dans l'article précédent, j'ai oublié de mentionner que j'avais développé un bouclier psychologique non seulement à l'égard de la gent masculine, mais aussi au niveau de mes amitiés. Je veux dire que c'est quelque chose qui a fondamentalement pris place dans mon mode de vie. La différence, c'est que les mecs, je les prends et je m'en fous alors que dans mes relations sociales, j'ai plutôt élevé mon niveau d'exigence. Je ne suis plus la victime d'hier. Aujourd'hui, pour être mon ami (et non pas un pote ou une connaissance), il faut me jurer fidélité et loyauté, parce que je n'hésite plus une seule seconde à quitter ceux qui me font faux bond. Par conséquent, mon cercle d'amis proches s'est fortement réduit alors que mes relations sociales ont explosé (d'ailleurs je m'étonne moi-même de manger un bol de muesli en écrivant cet article alors qu'il est 1h et qu'on est vendredi soir). Aujourd'hui je suis capable de replier mes sentiments et de réduire mes relations amicales à néant si j'estime que ces relations n'en valent pas la peine. Je suis parvenue à une espèce de machinisation de mes relations et à un contrôle effrayant de mes émotions. Cela fait longtemps que j'ai arrêté de pleurer pour les gens. Je ne pleure plus que pour la fiction (dernièrement : Alabama Monroe). J'ignore si c'est mal, si c'est bien. 

Je me suis rendue compte que j'étais incapable de faire preuve de sens critique sur mes propres choix. Autant je suis une bonne amie à qui on peut se confier et qui donne toujours de bons conseils, autant je suis incapable de prendre du recul sur ma situation. Enfin, c'est aussi le cas pour les fringues : je sais jamais si un truc me va ou pas, par exemple. C'est assez handicapant dans la vie quotidienne, je suis obligée d'appeler ma meilleure amie pour savoir. Et avec elle qui se refuse tout le temps de faire des jugements de valeur même quand je la sollicite... Je m'en sors pas. J'ai vraiment l'impression que ma vie est un chaos mais je ne sais pas par quoi commencer pour la ranger. 

Je serais même incapable de dire si je suis heureuse ou non. Les sentiments ont déserté. Par contre, je passe ma vie à me poser des questions et à me prendre la tête, comme vous pouvez le remarquer. Je pense que de la fumée sortirait de mes oreilles si cela était possible. C'est très étrange, ce sentiment de cogiter des heures à propos de ma relation avec Lucas et se rendre compte qu'au final, je n'éprouve rien de spécial (je crois) à son égard. De la sympathie, à la limite. J'aime bien sa compagnie pour mater Jumanji sous la couette, le fait qu'il me prenne systématiquement dans ses bras ou qu'il m'embrasse le front quand il se réveille la nuit et puis sa simplicité. Il ne m'embête jamais. En écrivant ces lignes, je me demande si je m'attacherais à lui un jour. J'espère que ça ne me fera pas comme la dernière fois où je me croyais attachée, où je pensais que mon ex allait me manquer quand il m'a quittée, alors qu'absolument pas. J'ai pas envie de me rendre compte à nouveau que je n'étais pas celle que je pensais être.

En tout cas, je pense que c'est un des plus beaux garçons que j'ai fréquenté.