21 févr. 2014

Bad boys à fêlures

Suite de l'histoire.

Le mec m'a recontacté et j'ai pris un café avec lui la semaine dernière. Au risque de vous décevoir : ce n'est pas l'homme de ma vie, bien qu'il soit une agréable compagnie. Un mec plutôt sociable, ouvert, curieux et drôle. Et mignon. Mais bref. Je n'ai pas senti l'étincelle que je recherche depuis que je me suis mis en tête que je ne me mettrais en couple que lorsque je la trouverai. Peut être jamais. Peut être un mythe de jeunesse, mais bon, j'ai l'impression d'avoir vraiment ressenti quelque chose de spécial quand j'ai rencontré Jeremy, mon ex de quatre ans. Même si c'était virtuel, j'ai bien ressenti une alchimie particulière (celle qui fait que nous sommes plus que des exs, c'est pourquoi j'ai toujours une bonne relation avec lui aujourd'hui).

En tout cas, j'ai décidé de changé de style de mec, pour mon bien.

Ce soir, j'étais au tournage du nouveau talk-show d'Alessandra Sublet, avec Nicolas Bedos. Jusqu'ici, j'étais plutôt insensible à ce personnage. En sortant du plateau, je me suis dit que c'était typiquement le genre de mecs pour qui je craquais, voire dont je tombais amoureuse : instable, torturé, cultivé, intelligent, pianiste. En somme, un "bad boy à fêlures" comme j'aime les appeler. Je pensais que ça m'était passé, que j'étais vaccinée avec ce mec avec qui je suis plus ou moins sortie au mois de mai (sur qui j'ai d'ailleurs fait un article mais j'ai la flemme de le linker). Cela dit, au fond, je continue de me demander si je serai capable d'aimer un mec dit "bien", quelqu'un qui prendrait soin de moi et qui serait bien dans sa peau. Genre pas un égoïste narcissique à l'air arrogant. Celui que je vois en ce moment (depuis cinq mois, à vrai dire) est comme ça. Je vous l'ai déjà assez raconté, mais il est vraiment adorable et gentil. Et pourtant, quoiqu'en disent mes amis, je suis quasiment sûre que je n'en tomberai jamais amoureuse, et j'ignore pourquoi. Il aurait été bien pour moi, tout comme mon ex de cet été (un article lui est également consacré).

Je ne me comprends pas trop. Moi qui suis d'une rationnalité presque énervante, je n'arrive pas à me persuader de mépriser ces hommes qui ne me rendront jamais heureuse. 

9 févr. 2014

YOLO mode : epic

Bon, il vient de m’arriver un truc que je trouve assez ouf.

J’allais au ciné. On m’annonce que la séance est complète, bon. J’erre vers Beaubourg en me demandant si j’allais voir l’Île des Miam-nimaux à la place de Tel Père Tel Fils. Je croise le regard d’un mec pendant que je marchais. Tac tac tac. Oh mon dieu, c’est lui qui est derrière moi. « Excuse-moi. »

Je me retourne. Il commence à me parler, apparemment pas très à l’aise. « Euh. Tu vas, euh, à la bibli ? » Je réponds, gênée aussi. Habituellement, je suis une fille assez difficile à déstabiliser et je perds rarement mon assurance. Ici, elle s’était cassée à Ouagadougou. On est dimanche, je suis seule et je comptais me plonger dans une salle obscure : je n’étais ni bien habillée ni maquillée. Pas la bonne parure pour jouer à la femme fatale. La discussion est courte mais ridicule, j’essaie de répondre posément tandis qu’il bégaie pour me dire qu’il me trouve adorable. Merci.

« Bon bah, je te souhaite une bonne journée. » Je repars. Je fais 20m. Putain, merde. En quittant les sites de rencontres, n’est-ce pas l’imprévisibilité des rencontres que je cherchais ? Je décide de rebrousser chemin afin de lui proposer, je sais pas, un café par exemple, vu que je n’allais plus au cinéma.

Il a disparu. LES BOULES. Je commence à dramatiser, comme à mon habitude : j’ai raté l’homme de ma vie. Pendant que j’appelle mes potes pour leur faire part de mon désarroi, il réapparaît, cette fois accompagné de trois de ses amis. PUTAIN, JE FAIS QUOI.

Comme on dit, je me suis dit « YOLO ». J’ai rien à perdre et il se peut qu’on ne se recroise jamais. Je n’avais pas de papier sur moi, je prends mon bouquin, j’arrache la dernière page et je note mon numéro ainsi que mon prénom. On inspire, on expire. Je lui cours après, lui prie de m’excuser, lui donne le papier et repart, sans un mot. Si vous aviez vu la gueule de ses potes, putain. Ils étaient dans le WTF total.


J’ignore si je suis passée pour une bolosse timide ou pour une fille mystérieuse qui a des couilles, mais au moins je l’ai fait. J’ignore aussi si j’ai envie qu’il me recontacte. J’ai pas envie de m’apercevoir que c’est un con. Le désavantage des rencontres spontanées : pas de pré-sélection. Impossible de checker ses goûts et ses centres d’intérêts avant de donner mon numéro. J’espère qu’il sera cool.

6 févr. 2014

"La grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair." Pascal


Dans ma nouvelle école, j'ai fait la connaissance d'un mec de ma classe. Je l'ai abordé à la pause clope parce que j'avais vu qu'il connaissait PM (je ne veux pas être offensante vis à vis de sa popularité, mais c'est tout de même une situation improbable). Depuis, je traîne toujours avec lui.

C'est un grand lecteur. Tandis que l'on éprouve des remords quand on fait trop la fête ou qu'on a trop mangé, son truc à lui, c'est d'arriver en cours, mi-exalté mi-honteux d'avoir ENCORE acheté des bouquins chez le bouquiniste. Je trouve ça plutôt drôle. Je rencontre rarement des personnes avec lesquelles je m'entends quasi-parfaitement sur le plan intellectuel ET humain (souvent, c'est soit l'un soit l'autre). Avec lui, on rigole et on discute de trucs dont je ne peux pas forcément parler ailleurs sans qu'on me prenne pour une hystérique ou une obsédée (notamment toutes les questions liées au genre, au féminisme et à la pornographie).

Cet aprem, après les cours, je l'ai accompagné pour la première fois chez le bouquiniste, celui qui est juste à côté de la station de RER. C'était une question de cinq minutes, histoire de trouver un cadeau pour une pote. Au final, je suis rentrée chez moi 5h plus tard. Je crois que le voir dévorer les livres, et même devoir se cacher pour lire Proust (pour éviter mon regard inquisiteur à la bibliothèque, l'obligeant à réviser), m'a petit à petit redonné le goût de la lecture et plus spécialement de la littérature, que j'avais perdu non seulement avec l'arrivée d'internet, mais aussi lorsque j'ai commencé des études de sciences humaines et sociales. Ca fait deux ans et demi que j'ai arrêté de lire des romans, des autobiographies ou encore de la poésie pour lire des trucs de sociologie.

Et donc pendant ces 5h, sans compter la bière et le mcdo, on a flâné dans le quartier de Saint Michel, notamment à Boulinier. J'avais oublié ce que ça faisait. D'être quelque part sans attendre quelque chose. Quand j'ai besoin d'un livre, cela fait des années que j'ai l'habitude d'aller à la Fnac pour l'acheter ou juste le commander sur Amazon. Je ne me souviens plus de la dernière fois que je suis rentrée dans une boutique sans rien attendre de particulier, puis je me rends compte que je me suis enfermée dans un style de vie où je suis tout le temps occupée. Tout le temps un truc à faire, jamais le temps pour rien. Je suis dans une vie où je chronomètre quasiment toutes mes activités, parce que j'ai trop de choses à faire. Ok, un café avec A pour 2h, après je vais manger avec X puis je rentre faire ma préparation de texte, allez je me donne 3h, puis je mate la rediff de The Voice.  Je sais même pas ce que je fais, en vrai, mais j'éprouve le besoin de tout planifier pour ne pas perdre une miette de ma vie.

Mais en fait, c'est plutôt cool l'inattendu. Genre juste être là, regarder sans rien chercher de précis et repartir avec une dizaine de bouquins sous le bras, des bouquins qu'on a toujours voulu lire sans penser à les acheter. J'espère que je me donnerai du temps pour le faire.

- L'Amant aux éditions de minuit, quasi neuf pour 2,5€
- Le Deuxième Sexe I dans une édition bizarre et un peu moche mais limitée à 3000 exemplaires à 3€ (j'avais déjà commencé dans l'édition de poche normale)
- Anna Karénine en entier dans une édition des années 30 pour 4€
- Cocteau (Les parents terribles), parce que je sais que c'est une des inspirations principales de Xavier Dolan que j'adore, mais que je n'ai encore jamais lu 
- Les Pensées de Pascal, texte intégral, dans une très belle édition (bail du Cercle du Bibliophile.. ?), un bail un peu comme à Poudlard
- Manifeste du Parti Communiste (au fait, j'ai fait le test de Politest et je me suis découvert un peu plus à gauche que je ne le pensais haha)
TO BE CONTINUED