Dans l'article précédent, j'ai oublié de mentionner que j'avais développé un bouclier psychologique non seulement à l'égard de la gent masculine, mais aussi au niveau de mes amitiés. Je veux dire que c'est quelque chose qui a fondamentalement pris place dans mon mode de vie. La différence, c'est que les mecs, je les prends et je m'en fous alors que dans mes relations sociales, j'ai plutôt élevé mon niveau d'exigence. Je ne suis plus la victime d'hier. Aujourd'hui, pour être mon ami (et non pas un pote ou une connaissance), il faut me jurer fidélité et loyauté, parce que je n'hésite plus une seule seconde à quitter ceux qui me font faux bond. Par conséquent, mon cercle d'amis proches s'est fortement réduit alors que mes relations sociales ont explosé (d'ailleurs je m'étonne moi-même de manger un bol de muesli en écrivant cet article alors qu'il est 1h et qu'on est vendredi soir). Aujourd'hui je suis capable de replier mes sentiments et de réduire mes relations amicales à néant si j'estime que ces relations n'en valent pas la peine. Je suis parvenue à une espèce de machinisation de mes relations et à un contrôle effrayant de mes émotions. Cela fait longtemps que j'ai arrêté de pleurer pour les gens. Je ne pleure plus que pour la fiction (dernièrement : Alabama Monroe). J'ignore si c'est mal, si c'est bien.
Je me suis rendue compte que j'étais incapable de faire preuve de sens critique sur mes propres choix. Autant je suis une bonne amie à qui on peut se confier et qui donne toujours de bons conseils, autant je suis incapable de prendre du recul sur ma situation. Enfin, c'est aussi le cas pour les fringues : je sais jamais si un truc me va ou pas, par exemple. C'est assez handicapant dans la vie quotidienne, je suis obligée d'appeler ma meilleure amie pour savoir. Et avec elle qui se refuse tout le temps de faire des jugements de valeur même quand je la sollicite... Je m'en sors pas. J'ai vraiment l'impression que ma vie est un chaos mais je ne sais pas par quoi commencer pour la ranger.
Je serais même incapable de dire si je suis heureuse ou non. Les sentiments ont déserté. Par contre, je passe ma vie à me poser des questions et à me prendre la tête, comme vous pouvez le remarquer. Je pense que de la fumée sortirait de mes oreilles si cela était possible. C'est très étrange, ce sentiment de cogiter des heures à propos de ma relation avec Lucas et se rendre compte qu'au final, je n'éprouve rien de spécial (je crois) à son égard. De la sympathie, à la limite. J'aime bien sa compagnie pour mater Jumanji sous la couette, le fait qu'il me prenne systématiquement dans ses bras ou qu'il m'embrasse le front quand il se réveille la nuit et puis sa simplicité. Il ne m'embête jamais. En écrivant ces lignes, je me demande si je m'attacherais à lui un jour. J'espère que ça ne me fera pas comme la dernière fois où je me croyais attachée, où je pensais que mon ex allait me manquer quand il m'a quittée, alors qu'absolument pas. J'ai pas envie de me rendre compte à nouveau que je n'étais pas celle que je pensais être.
En tout cas, je pense que c'est un des plus beaux garçons que j'ai fréquenté.
En tout cas, je pense que c'est un des plus beaux garçons que j'ai fréquenté.
