10 juil. 2014

Admission

Pour poursuivre l'article précédent sur mon niveau de bonheur actuel : je suis admise au Celsa !

Ceux qui me suivent depuis plusieurs années savent que j'ai toujours fait de cette école un bien trop big deal, ce qui, je pense, a causé mon échec l'année dernière. Cette année, heureuse à l'Institut Français de Presse, j'avais repassé le concours sans grande conviction et sans réviser par manque de temps (arrivée à une semaine du concours, je me suis décidée à bosser un jour avant de réaliser qu'il était ridicule de préparer un concours en une semaine). J'y suis allée, je me suis posée devant Foucault et le selfie (qui est le sujet complémentaire lié à ma filière) en écrivant une certaine quantité de bullshit, ce qui me faisait ricaner toute seule devant ma copie (oui le selfie bouleverse les tabous de la société occidentale, absolument) (je déconne pas, c'était vraiment le postulat de ma copie).

Sans vraiment de surprise, il s'avère que je suis admissible aux oraux (même sans réviser, j'étais intérieurement convaincue que l'IFP m'avait apporté un niveau académique suffisant pour cela). J'étais quasiment sûre d'échouer à ce niveau, et ce, pour plusieurs raisons : déjà d'une, j'étais en pleine période de partiels donc pas vraiment le temps de préparer de speech, de deux, j'avais eu 7/20 l'année dernière sans vraiment comprendre mes erreurs donc pas de chance de m'améliorer, et de trois, j'avais un partiel exactement le même jour que mes oraux.

Je me suis donc pointée aux oraux totalement suante, stressée (je devais courir de mon partiel au Celsa, ce qui représentait quasiment une heure de transports), déprimée (j'ai foiré mon partiel) et déjà à moitié vaincue. J'essayais de me rassurer avec le ressenti de mes camarades de promo qui étaient passés quelques jours avant moi. Apparemment, ce n'était pas le même jury que l'année dernière et il y a avait la responsable de la filière, une femme douce et bienveillante. Cool.

En fait non, se pointe sous mes yeux mon pire cauchemar, le responsable de la licence, celui qui m'avait fait passé l'année dernière, un homme charismatique dont culture semble infinie. Autrement dit, le mec qui m'intimide le plus au monde (et d'un certain côté, mon idole). Je tremble comme une feuille et je commence à avoir des palpitations. "Vont-ils me donner une seconde chance si je m'évanouis, là maintenant tout de suite ?" Un mec sort de la salle en clamant "OH LA LA, J'AI TOUT DEFONCE !!!! C'ETAIT GENIAL". Soit. A mon tour.

Je ne sais plus si je l'avais raconté ici mais voilà, je me suis transformé en gros caca incapable de garder confiance en moi parce que le jury ne m'emmenait pas où je voulais aller. J'avais fait quelques oraux blancs pendant la semaine avec des amis de ma promo, tout allait bien à ce moment là. Sauf que mon oral ne ressemblait pas du tout à ceux que j'avais passé.

Je parle de lecture sur la pornographie, au lieu de m'interroger sur la pornographie et sa communication (j'avais tout prévu), on me lance sur les éditions de ce bouquin, etc... Une vraie cata. Je repars remplie de regrets et de haine envers moi-même. Je sais que j'ai beaucoup d'assurance habituellement, et que je me laisse difficilement déstabiliser, alors POURQUOI à ce moment crucial de ma vie, je devenais le plus petit des poussins ?

Soit. Dans l'après midi vient l'anglais, où je tombe sur la curieuse histoire d'un militant cyborg. Le sujet m'a beaucoup plu et je remercie mon bénévolat chez RAGEMAG qui m'avait fait lire quelques jours avant sur la robotique au Japon. C'est un sujet sur lequel j'ai pu développé avec pleins d'exemples : Google Glass, le film Her (le jury s'est foutu de ma gueule, à cause de mon accent, je parlais du film Hair, ce qui n'a aucun rapport), l'excellente série Black Mirror et même quelques références philosophiques (Homo faber de Bergson, la perfectibilité de Rousseau, etc). J'étais contente de la richesse de mon exposé mais pas du tout convaincue par mon accent et mon niveau d'expression orale (qui craint, surtout en situation de dialogue).

A la fin de cette journée, j'étais totalement convaincue que je continuerai à l'IFP et que je ferai un master de recherche en sociologie des médias, et cela m'allait, même si un arrière goût persistait puisque je n'avais pas donné le meilleur de moi-même.

Aujourd'hui, une connaissance de mon ancienne université me félicite sur Facebook pour mon admission. Surprise, je vais sur le site consulter les résultats. J'y vois mon nom. J'implose. je consulte les autres listes : tous mes amis de l'IFP admissibles ont été aussi pris. J'explose. Au bureau, je lâche un "sa mère la pute, je suis prise au Celsa !!" Mes collègues m'ont offert un resto, une bière et ont passé Booba en mon honneur.

Nous sommes jeudi 10 juillet, il est 23h40. Après l'anniversaire de mes 21 ans, l'obtention de ma licence de sciences politiques et sociales ainsi que ma merveilleuse année remplie de bonnes rencontres, je suis heureuse de pouvoir déclarer que pour la première fois depuis plusieurs années, j'envisage mon avenir dans une meilleure perspective.

Aujourd'hui, je suis débarrassée de tout regret, remord, mélancolie, nostalgie, peine (à compléter).

Pour ceux qui ont passé des concours ou postulé à des masters ou autre, j'espère que vous avez eu ce que vous vouliez et que vous serez tout aussi heureux que moi.

8 commentaires:

Marie a dit…

Je te suis depuis des années donc lire que tu es enfin admise là-bas, ça me fait un petit quelque chose :)
Félicitations Tanane ! \o/

Angélique a dit…

BRAVO BRAVO!!
J'ai aussi été admise dans le master pro que je souhaitais à ma grande surprise (il avaient indiqué sur le site de la formation "maxi 15 places" et tous mes amis ont été pris. Pure intention dissuasive je pense).
Donc voilà, tout le monde il est content

ponychan a dit…

Bravoooooooooooo!!!!!!!!!!

A. a dit…

Toutes mes félicitations Tanane! Ça ne m'étonne pas!

Tanane a dit…

Merci à vous tous <3

Juliette a dit…

Salut Tanane!

Je t'avais déjà écris quelques fois ici, une fois il y a très longtemps quand j'étais en train de réviser mon bac français de première et que j'étais tombé par hasard sur ton blog, que j'ai continué de suivre, et une fois l'année dernière pour te dire que je t'avais croisée près du Luxembourg.
Et puis aujourd'hui je t'écris pour te féliciter pour le CELSA, et pour te dire que je me suis décidée à changer de cursus pour faire du journalisme. J'aimerai passer les concours des écoles cette année, et je voulais savoir s'il était possible d'assister à quelques cours magistraux au CELSA en auditrice libre, pour me donner une idée du contenu des cours, ou si tu pouvais m'envoyer quelques cours de l'IFP, toujours pour me donner une idée de ce qu'on fait dans les écoles.

Je te souhaite une belle journée sous ce soleil (presque) radieux,
Juliette

Tanane a dit…

Salut Juliette,

Merci pour ton message :)
Pour répondre à tes questions, il n'est pas possible d'assister aux cours magistraux du CELSA (enfin je n'ai jamais vu quelqu'un qui n'y était pas étudiant venir), mais je peux t'envoyer un cours de l'IFP si tu me donnes une adresse mail. Pour te faire une idée de ce qu'on y fait, je peux aussi te renvoyer à des références bibliographiques. Mais en gros, les plaquettes de programme sont disponibles en ligne :)

Juliette a dit…

Hello Tanane,

Merci de ta réponse! :)
Mon adresse mail : jfs.chartier@gmail.com

Par contre je n'ai pas trouvé les plaquettes des programmes en ligne de l'IFP, est-ce que tu pourrais m'envoyer des références du coup? Ou les plaquettes si tu les as?

En tout cas merci beaucoup !!!

Juliette