15 mai 2012

Le journalisme à la télé : pas trop cathodique


Pour un cours, je dois refaire un journal ou un magazine en deux semaines. Premier article, d'après l'intervention de deux journalistes en classe.

Le journalisme à la télé : pas trop cathodique

Habituellement relégué à la presse spécialisée, la terrible peopolisation menace la déontologie du journalisme généraliste et surtout audiovisuel. Soif d'audimat, jeu de séduction, valeurs mises à mal : Pierre Grundmann, directeur de rédaction de SlateAfrique.com et Pierre Cherruau, écrivain, journaliste et reporter indépendant, reviennent sur une redéfinition du métier de journaliste où le public et ses attentes jouent un rôle un peu trop majeur.

Quand on leur parle de motivations, Grundmann mentionne d'abord le goût des rencontres, l'intérêt qu'il peut y avoir à rencontrer des milieux sociaux différents car le journalisme serait "un métier social" qui demande une capacité d'adaptation. Il parle même de l'importance du mouvement : "on a plus d'idées dans un train que lorsqu'on est statique". Une belle idée abstraite qui soulève des interrogations plus dérangeantes. Entre Laurence Ferrari confortablement installée et soigneusement tartinée de maquillage sur son siège à la Plaine Saint Denis et Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express qui représente à lui seul 4% des invitations à l'émission C dans l'air (France 5), heureusement qu'on a le petit Harry Roselmack qui va à la rencontre des SDF (mais attention, ceux qui ne sont pas trop bourrés ni trop sales) pour "Harry Roselmack en immersion" pour sauver la profession, n'est-ce pas ?

Quant à la façon d'exercer leur métier, ils se présentent d'abord comme des passeurs entre spécialistes et lectorat. Par contre, les reportages de qualité demandent du temps et de l'argent, la rentabilité est donc de mise. Quoiqu'on en dise, "il faut trouver les clés pour intéresser les gens". Jean-Pierre Pernaut l'a bien compris. La clé de l'audimat, c'est bien les reportages dans la France, bien que profonde, joyeusement authentique, sans oublier l'interview du vieux fondeur de cloches et sonnailles que les frontistes apprécient dans un doux soupir de nostalgie.

En dépit de l'engagement à la notion d'information et du combat éthique pour un traitement juste de l'info, les deux hommes n'estiment pas les journalistes-vedettes comme journalistes et soulignent la variété, pour ne pas parler de fossé, de cette sphère professionnelle. Le journalisme audiovisuel, c'est carrément anxiogène pour Cherruau, qui dénonce des images formatées qui font voir le monde via une lentille hollywoodienne. "Il faut lutter contre la dictature du mensonge", soutiennent-ils. Ne pas gober la propagande, abattre la dictature de l'émotion, comme si le journalisme audiovisuel était un régime totalitaire. C'est peut être abusif, mais les enjeux n'en sont pas loin. Celui-ci combine un ensemble de points convergeants vers une rentabilité facilitée et une transformation de la pratique journalistique, qui mène à une domination de l'infotainment dont « On n’est pas couché » est un pur archétype. Et les premières victimes sont les vieux. Il y a bien un enjeu social et politique dans la bipolarisation qui se forme entre une presse « de référence, » réservée à un public favorisé intellectuellement et économiquement, et des médias populaires, bon marché voire gratuits, qui pratiquent la confusion des genres.

Rien ne sert de dénoncer les dérives du métier que tout le monde a à l’esprit. Pour sauver nos mamies du brainwash, on ferait mieux de penser à des plans de rébellion avant qu'il ne soit trop tard. Il y a un prix à payer pour cette revalorisation du journaliste : un sérieux examen de conscience, pour distinguer le tragique du superflu, quitte à rendre le vieux fondeur de cloches inconnu du grand public. Pauvre homme. 

6 commentaires:

Someone_PM a dit…

Fin du 4° paragraphe : "les vieux" Je trouve que ça jure après toute la clarté de ton article, mais c'est une impression personnelle.
Et "on est pas couché" ne prends pas de S il me semble.

Sinon, comme d'habitude, c'est bien, c'est original, c'est Tanane :)

Paola a dit…

Bon j'ai pas trop de crédibilité pour te dire ce qui va ou pas mais puisque tu demandes...
" l'intérêt qu'il peut y avoir d'aller rencontrer" je trouve que "l'intérêt qu'il peut y avoir à rencontrer" ça suffit, d'aller rencontrer ça sonne bizarre.

"fondeur de cloches et sonnailles que les frontistes apprécient dans un doux soupir de nostalgie." tu dois ré-écrire Libé où t'es pas censée prendre parti ? Non parce que ma vielle tante aussi elle aime bien le journal de Pernault.. mais elle vote Hollande.
Non parce que dire que ça n'a aucun intérêt journalistique je veux bien, aller chercher les frontistes sur le sujet me semble légèrement superflu quoi.

Paola a dit…

Je me doute bien que tous les kiffeurs de TF1 ne sont pas frontistes (et inversement, d'ailleurs) mais j'avais compris "que les frontistes apprécient dans un doux soupir de nostalgie" dans le sens "si tu aimes ces reportages t'es frontiste, CQFD."

Anonyme a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=MqaMEMIBPIw
http://www.youtube.com/watch?v=2sIDKWskyAY
http://www.youtube.com/watch?v=sk6TgpwlbiI&ob=av2n (!!!!!!!!!!!)
http://www.youtube.com/watch?v=XW_HMJLKHso&feature=relmfu (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)
http://www.youtube.com/watch?v=ybUqM8jf3mU
http://www.youtube.com/watch?v=b1uWwsmkhjA
http://www.youtube.com/watch?v=TXmLjbTBcdU

Tanane a dit…

J'aime trop Here We Go Magic :)
J'avais oublié que Kate Nash existait. Elle fait quoi now ? Trop disparue de la circulation alors que sa reprise de Fluorescent Adolescent m'avait trop trop trop trop plue (càd en boucle pdt un mois)

Spector c'est excellent, trop frais, trop cool. Je trouve qu'on manquait de ça en ce moment ! Exactement ce que j'avais envie d'écouter, MERCI.

Magazine, je suis pas du tout fan, on dirait une imitation cheap d'un autre groupe mais j'sais pas lequel.

Otis Redding, c'est un de mes chanteurs préférés, aussi niais soit-il !

Tanane a dit…

J'aime trop Here We Go Magic :)
J'avais oublié que Kate Nash existait. Elle fait quoi now ? Trop disparue de la circulation alors que sa reprise de Fluorescent Adolescent m'avait trop trop trop trop plue (càd en boucle pdt un mois)

Spector c'est excellent, trop frais, trop cool. Je trouve qu'on manquait de ça en ce moment ! Exactement ce que j'avais envie d'écouter, MERCI.

Magazine, je suis pas du tout fan, on dirait une imitation cheap d'un autre groupe mais j'sais pas lequel.

Otis Redding, c'est un de mes chanteurs préférés, aussi niais soit-il !