18 avr. 2012

Entretien avec Louise

Je sais que j'écris pas beaucoup mais je manque de temps, entre le boulot et le dodo. Hier, je suis juste allée chez le coiffeur, j'aime pas trop ma nouvelle coupe parce que ça fait bitchy bizarre mais ça passe relativement. Je me suis aussi évanouie au Charlotte Bar et je me suis éclatée la lèvre contre le sol. Du coup, une de mes dents me fait un peu mal et j'ai trop peur qu'elle tombe. Je me suis évidemment tapé la grosse honte, donc je pense que je n'y retournerai jamais. Je n'ai pourtant bu qu'un verre, mais c'est comme si je m'étais subitement endormie pour me réveiller dans la rue avec mon pote à côté. Quoiqu'il en soit, voilà le premier truc que j'ai fait pour mon entretien d'embauche. Je le poste car j'ai besoin de différents avis, autres que ceux de mes potes pas forcément objectifs, pour voir si ça va. Un peu modifié pour préserver l'anonymat de ma pote quand même ! N'ayez pas peur de me vexer, mais faites dans le constructif quand même, merci d'avance ! (et corrigez moi les fautes d'orthographe, d'inattention, etc...)


Louise est une jeune bachelière parisienne, fraîchement émigrée au Canada. Confrontée au choc culturel, elle doit aussi faire face à l'inconnu, à l'indépendance, mais aussi aux aléas de la vie étudiante. Trois mois après s'être installée, elle nous parle avec entrain de son quotidien.

En quête d’indépendance
Après un baccalauréat littéraire au lycée L à Paris, Louise décide de partir à Montréal, motivée par une amie qui, quelques années auparavant, la faisait rêver en lui parlant d’études à New York. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle avait aussi soif d’aventures et d’émancipation. Elle ne rentrera qu’une fois par an, pour Noël. Quitter le cocon familial fut difficile, mais son besoin de voler de ses propres ailes et surtout de prouver qu’elle en était capable a pris le dessus. « Connaitre autre chose, se confronter aux difficultés de la vie, être seule pour grandir... Montréal c'est loin, c'est cool, c'est différent, ça parle français... Parfait ! » nous raconte-t-elle, en glissant qu’elle avait aussi choisi Montréal parce que Vancouver, « c’était pas possible, j'avais un niveau d'anglais à faire mourir de rire une vache espagnole... ».

La découverte du nouveau continent
Quelques mois avant son départ, elle avait tout idéalisé. En arrivant dans la ville, « rien ne ressemble à ce que je m'étais imaginé, mais c'est encore plus génial qu'en rêve », lâche-t-elle avec un sourire béat qui semble fixé à jamais. Cela dit, les premiers déboires arrivent vite. La jeune fille vit dans une résidence universitaire, à 45 minutes à pied de toute station de métro. « Ca m’est arrivé souvent de rentrer bourrée ou crevée par -20°C parce que mon bus n’arrivait pas. Je pense que je vais chercher une colocation plus près du centre quand mon bail sera fini », précise-t-elle. Elle dort alors dans une chambre plutôt grande, avec une salle de bain, mais dispose d’une cuisine collective assez loin de sa chambre : « ma vaisselle s’entasse dans ma chambre, et j’ai rarement le courage d’aller me préparer de gros repas… » Du coup, à la place du fameux poulet rôti de maman, elle se fait des œufs durs dans sa bouilloire électrique. Mais pour nous rassurer, elle précise qu’elle a tout de même des « plans pour manger gratos », dans son bar préféré où on lui offre des nachos.

Les études au Cégep du Vieux Montréal
Louise s’est engagée dans un cursus de sciences humaines, et plus précisément, en « action sociale et médias » où elle étudie la sociologie, l’histoire et le journalisme. Elle est au Cégep du Vieux Montréal : il s’agit d’un programme pré-universitaire pour deux ans que 6500 élèves intègrent vers leurs 17 ans, après le « Secondaire », l’équivalent du lycée, avant de se diriger vers l’université. Pour sa part, ce sera l’Ecole de Journalisme en spécialisation Radio de l’Université du Québec à Montréal (Uqam).

Une éducation à la canadienne
Pour l’instant, les cours se rapprochent de ceux du lycée, mais elle note que la pédagogie et les critères d’évaluation ne sont pas du tout les mêmes qu’en France : le travail est plus participatif, on privilégie l’oral et les activités de groupe. « Comme les étudiants québécois ont l’habitude de ce système, c’est assez intéressant, ça ne finit pas en débat stérile comme en philo au lycée du genre ‘’Moi je pense que l’art c’est trop bien’’ avec l’autre qui répond  ‘’Pourquoi tu dis ça ? Ca sert a rien, ah ouais’’», imite-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Quant au lieu, il ne ressemble pas du tout à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qu’elle a fréquenté en auditrice libre, loin de là : « 11 étages, un café étudiant avec des sandwichs bio, des graffitis un peu partout, une salle de mixage ouverte à quasiment tous les étudiants qui oseront imposer leur style musical, une piscine, 12 gymnases, une salle d’exposition pour les étudiants en arts plastiques, une grande bibliothèque avec de grands sièges et pleins de livres que tu peux lire avec vue sur Montréal » nous énumère Louise, les étoiles dans les yeux. De quoi faire rêver les frenchies !

Au cœur d’un mouvement social
Ces infrastructures ont évidemment un coût. En nous en parlant, son expression se transforme car « même si le Québec est la région où l’accès à l’éducation est le moins cher en Amérique du nord, c’est quand même plus cher qu’en France. Le gouvernement est actuellement en train d’essayer de faire passer une hausse des frais de scolarité de 1600 balles par an… La grève générale illimitée a été décrétée il y a maintenant 9 semaines, donc 9 semaines que je ne vais pas en cours… ». Elle nous raconte qu’elle porte fièrement son carré rouge, symbole des étudiants contestataires. Le mouvement a grandi et on voit maintenant des journaux mettre ce fameux carré rouge en Une, mais aussi des grands parents le porter. Elle a récemment participé à une manifestation de 200 000 personnes : « La ville entière assaillie par des drapeaux rouges. C’était très beau. » . Elle dénonce cette hausse et pense que l’argent ne contribuera pas à améliorer les conditions d’études des étudiants mais reviendra plutôt aux multinationales qui investissent dans les universités.

La vie sociale
De nature sociable, elle se fait rapidement des amis, mais pas dans sa résidence universitaire, au troisième étage, où les étudiants se connaissaient déjà depuis plusieurs années. A cette difficulté, elle rajoute « et aussi parce qu’ils n’ont pas exactement les mêmes intérêts que moi ». En effet, ils sont en… Thanatologie ! C'est-à-dire qu’ils étudient la mort. Certains seront médecins légistes, d’autres embaumeurs… Elle préfère en rire : « Les discussions dans la cuisine collective ne sont pas forcément hyper appétissantes ». En dépit de cela, elle se plaît beaucoup au Québec : « cela ne fait que 3 mois que je suis là et parfois, je me dis que j’aimerais rester ici toute ma vie », nous confie-t-elle, rêveuse.

7 commentaires:

Someone_PM a dit…

http://bonpatron.com/
Ceci s'apparente plus ou moins à Dieu pour ce genre de recherches de fautes d'orthographe.
Peut-être devrais-tu faire attention aux répétitions de mots ?
"par une amie qui, quelques années auparavant, lui parlait d’études à New York qui la faisaient rêver." = double "qui"
"Quelques mois avant son départ, elle avait tout imaginé, tout idéalisé. En arrivant dans la ville, « rien ne ressemble à ce que je m'était imaginé," = double "imaginé" qui fait un peu effet de paraphrase. D'ailleurs c'est je "m"étais", et non je m'était.

Sinon, je trouve ça très cool et original, c'est frais, ça se lit bien, sans te flatter, félicitations ! Mes yeux de novice (de client potentiel!) sont très contents.

Tinhy a dit…

J'ai bien aimé, c'est intéressant et je trouve que les découpages que tu as fait rendent bien. C'est très bien organisé et très bien écrit :)

Petites corrections :
Dans "La découverte d'un nouveau continent" : il doit manquer un mot dans la phrase de ton amie entre guillemets et je trouve que le "et que" fait bizarre, non ?
"Une éducation à la canadienne" : la majuscule à "Québécois" et dans la même phrase, je pense qu'une petite virgule après "système" pourrait faire bien ( je suis accro aux virgules, désolée, ahah ). Quand tu parles de la salle de mixage, il doit aussi manquer un mot je pense ( "à, à peu près,..." ).
Dans le paragraphe suivant, tu as as oublié un "s" à "9 semaines".
Tu as oublié un autre "s" à "appétissants". ( en fait, non ! Je sais pas, tu ne parles pas des discussions, si ? )

Bref, ça m'a beaucoup plut ! J'espère que mes corrections ne te "vexeront" pas, surtout venant de moi qui suis loin d'être la mieux placée pour corriger les gens, ahah.

Roxane a dit…

Les expressions « à Québec » et « de Québec » sont utilisées pour parler de la ville, et « au Québec » et « du Québec » pour parler de la province ou de la nation québécoise en général.

;)

Chloé a dit…

T'a oubliée un mot dans l'expression:
"et que j’ai rarement le courage d’aller me PREPARER de gros repas… »
Voilà !
J'ai du oublier de lire un de tes articles mais c'est pour quoi ce texte ?

Tanane a dit…

C'est pour un entretien d'embauche, où j'ai dit que je savais écrire des articles, alors que j'en avais pas à montrer haha.

Chélicère a dit…

Hihihi, owi un "avis", j'adore donner mon avis !

Alors :

Tout d'abord, fais attention à ne pas utiliser trop d'expression scolaires, un peu naïves et maladroites, comme :

"en plus du choc (...)" = le 'en plus' en début de phrase me semble un peu maladroit.

Evite aussi les formules toutes faites genre "comme tous les jeunes de son âge". A la rigueur, préfère "beaucoup de jeunes de son âge".

Attention aussi aux légères incohérences temporelles, comme dans phrase : "quitter le cocon familial était difficile, mais son besoin (...) a pris le dessus" j'veux dire, le fait d'utiliser l'imparfait dans la première partie de ta phrase laisse sous-entendre que quitter le cocon est trop difficile, voire impossible. Je crois que "a été" ou "fut difficile" conviendrait mieux.

L'expression "imite-t-elle sur le ton de la plaisanterie" est un peu redondante aussi, si elle imite, on se doute bien qu'elle plaisante. Enfin je crois.

"on voit maintenant des journaux qui mettent ce carré" => on voit mtnt des journaux mettre ce carré. Le "qui" fait un peu enfantin, de même que "elle dénonce (...) car...", ça fait un peu dissert', le lien logique est trop évident, ça donne une impression un peu scolaire.

Ah, et puis : "De nature sociable, elle se fait rapidement des amis"(...)"A cette difficulté, elle rajoute..." => la façon dont tu présentes les choses montre qu'il s'agit de tout sauf d'une difficulté, on dirait que le fait d'être sociable constitue un handicap.

Essaie aussi d'étoffer un peu la définition rapide de "thanatologie". Je ne sais absolument pas ce que sait, mais n’importe quel clampin peut deviner qu'il s'agit d'un truc en rapport avec la mort (Eros et Thanatos vu en cours de philo et hop c'est plié). Tu peux peut-être rajouter deux trois précisions.

De plus dans la phrase "qq mois avant le départ, elle avait tt idéalisé" est un peu bancale, on dirait que Louise idéalise d'un coup, comme on prépare une valise, à une date précise (les "quelques mois")... J'sais pas si mon explication est très claire, je fais ça au feeling. x)

J'crois bien que c'est tout. Pardon si je t'ai semblé sèche ou pédante, je te jure que j'ai été 100% honnête, et je te demande de pas prendre au pied de la lettre mes critiques, qui restent de toute façon très personnelles, et t'as parfaitement le droit de trouver mes remarques abusives ou injustifiées. Seulement, quand je dis que telle formule fait "enfantine", ne va surtout pas t'imaginer que j'suis en train de dire que t'es une grosse gamine, hein ! (non mais je préfère préciser parce que j'ai déjà eu des soucis avec ça, ahem. et puis je sais que même si c'est sincère, ça fait jamais du bien à l'ego, donc bon.)

Sinon pour les points positifs, j'aime beaucoup les petits titres-résumés, c'est vachement agréable, ça éclaircit le texte, on a vraiment l'impression d'un truc organisé et pas d'un boudin d'informations indigeste. Tes paragraphes ont une taille parfaite, ni trop longs ni trop courts. Et t'as une façon très naturelle de caser les citations de la personne interviewée, ça vient à point, le rapport texte/citation me semble très bien dosé. Et puis ta façon de conclure l'article sur une citation et une note d'espoir en guise d'ouverture fait très pro, enfin je trouve. :)

Eugeenie a dit…

J'aime beaucoup la façon dont s'est écrit! Je ne vois pas trop quoi ajouter d'autres et je ne suis pas une bête en littérature/écriture pour changer quoi que ce soit, c'est déjà chouette comme ça et les commentaires précedents sont assez complets là dessus ^.^

Juste une petite faute il me semble "d’aller me de me préparer " :)