J'admets que la réjouissance n'est pas au rendez-vous pour nos retrouvailles. Cette histoire m'aura arraché le coeur et je ne suis pas sûre qu'il en reste grand chose. C'est cette appréhension, cette attente de la claque qui ne viendra ptet jamais, qui me ronge. La naiveté du premier amour est tellement loin que j'ai l'impression de commencer une toute nouvelle histoire. Ses baisers, ses bras et son odeur me sont familiers mais pas ce que je ressens aujourd'hui.
On m'a mise au bord de la falaise, j'ai sauté. Aujourd'hui, on me remet à la même place, j'ai du mal. Je pense qu'il est préférable que l'on tempère la relation, quitte à vivre quelque chose d'ordinaire, plutôt que de retomber dans le passionnel qui a fini par me tuer. Je suis morte et aujourd'hui on me demande de revivre. Ce n'est pas si évident que ça.
Est-ce que c'est ça, la vie ? L'amour ? Les montagnes russes ? C'est le risque ? Pouvoir l'embrasser en sachant que d'autres lèvres y sont passées, entre mon premier baiser et celui que je viens de lui donner. L'entendre dire "Je t'aime" toute la nuit et le lendemain, me remémorer toutes la souffrance qu'il m'a infligé. Voir son regard amoureux et me dire que ce regard, il l'a ptet aussi posé sur l'autre fille, qu'il ne veut rien dire et que dans trois jours il me dira "J'ai changé d'avis, j'étais mieux avec elle" et qu'il me quitte et que je sente à nouveau le sol du métro m'engloutir. Retourner avec lui, c'est comme me jeter dans les bras de mon bourreau. J'en suis consciente et je le fais quand même.
Je trouve vraiment dingue comme l'amour est dénué de raison. La raison existe, elle est à côté, mais l'amour est sourd. Maintenant, je suis là, à écrire sur mon blog, à utiliser toute ma raison, mais une fois devant lui, je me laisse embrasser comme s'il ne s'était rien passé, parce que je me sens COMME S'il ne s'était rien passé. Sa présence me fait tout oublier momentanément, parce que je l'aime. Et je trouve ça totalement injuste pour ma fierté. Qu'en est-il pour celle là ? J'ai l'impression que mes sentiments lui disent d'aller se faire foutre et je trouve pas ça super sympa quand même.
J'ai envie d'être heureuse, mais je ne sais pas si je le peux encore, ni si j'ai le courage pour prendre les risques nécessaires. Je sais que vous, comme lui et moi, aurait aimé que l'histoire se finisse là, the happy end, mais ça n'est pas le cas. On a beau s'être retrouvé, je sais pertinemment que ce n'est pas la fin et qu'il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que je sois heureuse et que je reprenne goût à la vie.
En tout cas, je savais que c'était lui et seulement lui. Ça ne pouvait pas être un autre. Je ne pouvais pas commencer une nouvelle relation avec un autre. Le moment où je suis partie de chez lui après qu'il m'ai dit qu'il était jaloux de l'autre garçon avec qui j'étais et qu'il m'a embrassé tout doucement, je me suis pas dit "HEY 2012 commence bien pour moi !!!" mais "Oh shit, faut pas qu'il commence à jouer sur deux terrains". Une pensée relativement pessimiste, à vrai dire.
Enfin, je dois m'y faire.
En réalité, je suis pas fataliste de nature, mais là, je peux pas me défaire du "Lui ou rien" et j'ai jamais réussi, blog à l'appui haha. C'est vrai que je savais pas vraiment dans quoi je m'embarquais quand on s'est donné rendez-vous la première fois à Saint Paul à 15h, un mercredi après midi. J'avais pas rôdé le potentiel sentimental de ce petit bonhomme qui traficotait les touches de son Archos pendant que je m'approchais en me disant "Ok, je vais lui dire salut, lui demander si ça va et lui préciser que s'il trouve que je parle trop vite, il peut me demander de répéter". Ça a l'air idiot, mais c'est un moment qui aura marqué ma vie. J'avais quinze ans à l'époque, aujourd'hui j'en ai dix-huit et je vais sur mes dix-neuf. Il n'est plus ce mec que je décris, aujourd'hui il a un Ipod (ptite blagounette pour dédramatiser), il a changé, mais je l'aime toujours et je pense ne jamais avoir cessé de l'aimer malgré ce que je me suis dit et ce que j'ai dit aux gens.
J'ai aussi changé. Je sais pas ce qu'est vraiment une femme, mais je pense être désormais plus proche d'elle que de l'adolescente. Ça va plus loin qu'une question de chaussures à talons ou de rouge à lèvres mais je saurais pas dire de quoi ça relève exactement. Je me sens plus avertie. Au finalement, je pense que ce sont nos souffrances qui nous font mûrir et grandir. C'est un peu, genre, triste à penser quand même ! Ca signifie qu'on apprend la vie en souffrant. Quelle désillusion quand même. Comment peut-on aimer la vie après avoir pensé ça ?

5 commentaires:
"There's always that one person, no matter how long it's been, or how badly they've treated you, if they say I love you, you will say it back"
Hélas moi j'ai comme un sentiment de soumission quand je peux pas m'empêcher d'aimer, malgré toute la haine que j'ai ressenti envers quelqu'un, même si j'me suis dit 'jamais je lui pardonnerai' !!
Tu as raison, la fierté est complétement piétinée dans ces cas là.
J'espère que tu vivras un truc de bien; le meilleur conseil qu'on pourrait te donner c'est de ne pas trop t'attacher, de ne pas retomber dans la passion, mais je crois qu'en fait c'est un conseil pourri puisqu'il ne peut pas s'appliquer, on ne peut pas empêcher ces choses là d'arriver ... ce serait trop simple :)
réponds sur ton formspring! :)
Anonyme : Ah ouaaais désolée mais ça m'affichait pas de nouvelles questions (genre avant c'était Inbox (3)")! Je viens de voir en cliquant sur inbox.
Alixe : Le sentiment de soumission m'est passé parce qu'en sachant qu'il m'aime en retour, il est aussi soumis à moi. Je ne veux pas retomber dans la passion, c'est trop risqué, alors même si on empêche pas les sentiments, on peut s'empêcher de se voir trop, de trop envoyer sms, de réfréner sa jalousie en ne la manifestant pas, etc... :)
On aime la vie parce qu'on prend conscience que, ouais, on n'en a qu'une et qu'on va crever.
J'allais dire un truc similaire à Nebulae. Soit tu décides de t'en foutre et de vivre ta relation à fond. Si tu dois souffrir à un moment, autant que tu es vécue assez fort pour te dire que ça en valait la peine. Parce que ça en vaut la peine.
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