2 sept. 2014

Fin de l'été.

Globalement, je demeure heureuse.

Mais ce soir, de douloureux souvenirs remontent à la surface et je me demande comment j'ai pu perdre à tel point le contrôle de ma vie. Je crois que je ne serais plus jamais aussi malheureuse que je l'ai été dans mon ancienne relation.

Et ça fait cinq minutes que j'essaie d'exprimer mon sentiment.
Je n'arrive pas à m'étendre dessus.

C'est en train de passer.

10 juil. 2014

Admission

Pour poursuivre l'article précédent sur mon niveau de bonheur actuel : je suis admise au Celsa !

Ceux qui me suivent depuis plusieurs années savent que j'ai toujours fait de cette école un bien trop big deal, ce qui, je pense, a causé mon échec l'année dernière. Cette année, heureuse à l'Institut Français de Presse, j'avais repassé le concours sans grande conviction et sans réviser par manque de temps (arrivée à une semaine du concours, je me suis décidée à bosser un jour avant de réaliser qu'il était ridicule de préparer un concours en une semaine). J'y suis allée, je me suis posée devant Foucault et le selfie (qui est le sujet complémentaire lié à ma filière) en écrivant une certaine quantité de bullshit, ce qui me faisait ricaner toute seule devant ma copie (oui le selfie bouleverse les tabous de la société occidentale, absolument) (je déconne pas, c'était vraiment le postulat de ma copie).

Sans vraiment de surprise, il s'avère que je suis admissible aux oraux (même sans réviser, j'étais intérieurement convaincue que l'IFP m'avait apporté un niveau académique suffisant pour cela). J'étais quasiment sûre d'échouer à ce niveau, et ce, pour plusieurs raisons : déjà d'une, j'étais en pleine période de partiels donc pas vraiment le temps de préparer de speech, de deux, j'avais eu 7/20 l'année dernière sans vraiment comprendre mes erreurs donc pas de chance de m'améliorer, et de trois, j'avais un partiel exactement le même jour que mes oraux.

Je me suis donc pointée aux oraux totalement suante, stressée (je devais courir de mon partiel au Celsa, ce qui représentait quasiment une heure de transports), déprimée (j'ai foiré mon partiel) et déjà à moitié vaincue. J'essayais de me rassurer avec le ressenti de mes camarades de promo qui étaient passés quelques jours avant moi. Apparemment, ce n'était pas le même jury que l'année dernière et il y a avait la responsable de la filière, une femme douce et bienveillante. Cool.

En fait non, se pointe sous mes yeux mon pire cauchemar, le responsable de la licence, celui qui m'avait fait passé l'année dernière, un homme charismatique dont culture semble infinie. Autrement dit, le mec qui m'intimide le plus au monde (et d'un certain côté, mon idole). Je tremble comme une feuille et je commence à avoir des palpitations. "Vont-ils me donner une seconde chance si je m'évanouis, là maintenant tout de suite ?" Un mec sort de la salle en clamant "OH LA LA, J'AI TOUT DEFONCE !!!! C'ETAIT GENIAL". Soit. A mon tour.

Je ne sais plus si je l'avais raconté ici mais voilà, je me suis transformé en gros caca incapable de garder confiance en moi parce que le jury ne m'emmenait pas où je voulais aller. J'avais fait quelques oraux blancs pendant la semaine avec des amis de ma promo, tout allait bien à ce moment là. Sauf que mon oral ne ressemblait pas du tout à ceux que j'avais passé.

Je parle de lecture sur la pornographie, au lieu de m'interroger sur la pornographie et sa communication (j'avais tout prévu), on me lance sur les éditions de ce bouquin, etc... Une vraie cata. Je repars remplie de regrets et de haine envers moi-même. Je sais que j'ai beaucoup d'assurance habituellement, et que je me laisse difficilement déstabiliser, alors POURQUOI à ce moment crucial de ma vie, je devenais le plus petit des poussins ?

Soit. Dans l'après midi vient l'anglais, où je tombe sur la curieuse histoire d'un militant cyborg. Le sujet m'a beaucoup plu et je remercie mon bénévolat chez RAGEMAG qui m'avait fait lire quelques jours avant sur la robotique au Japon. C'est un sujet sur lequel j'ai pu développé avec pleins d'exemples : Google Glass, le film Her (le jury s'est foutu de ma gueule, à cause de mon accent, je parlais du film Hair, ce qui n'a aucun rapport), l'excellente série Black Mirror et même quelques références philosophiques (Homo faber de Bergson, la perfectibilité de Rousseau, etc). J'étais contente de la richesse de mon exposé mais pas du tout convaincue par mon accent et mon niveau d'expression orale (qui craint, surtout en situation de dialogue).

A la fin de cette journée, j'étais totalement convaincue que je continuerai à l'IFP et que je ferai un master de recherche en sociologie des médias, et cela m'allait, même si un arrière goût persistait puisque je n'avais pas donné le meilleur de moi-même.

Aujourd'hui, une connaissance de mon ancienne université me félicite sur Facebook pour mon admission. Surprise, je vais sur le site consulter les résultats. J'y vois mon nom. J'implose. je consulte les autres listes : tous mes amis de l'IFP admissibles ont été aussi pris. J'explose. Au bureau, je lâche un "sa mère la pute, je suis prise au Celsa !!" Mes collègues m'ont offert un resto, une bière et ont passé Booba en mon honneur.

Nous sommes jeudi 10 juillet, il est 23h40. Après l'anniversaire de mes 21 ans, l'obtention de ma licence de sciences politiques et sociales ainsi que ma merveilleuse année remplie de bonnes rencontres, je suis heureuse de pouvoir déclarer que pour la première fois depuis plusieurs années, j'envisage mon avenir dans une meilleure perspective.

Aujourd'hui, je suis débarrassée de tout regret, remord, mélancolie, nostalgie, peine (à compléter).

Pour ceux qui ont passé des concours ou postulé à des masters ou autre, j'espère que vous avez eu ce que vous vouliez et que vous serez tout aussi heureux que moi.

6 juil. 2014

Twenty one

Je viens d'avoir 21 ans.

J'ai réalisé que l'année de mes 20 ans a été une des plus heureuses de toute ma vie, mes moments les plus tristes ayant été relaté ici. Je n'arrive pas bien à écrire sur la joie et le bonheur, à relire mes derniers articles, on pourrait me croire en dépression, alors que c'est dans une joie immense que je me lève aujourd'hui chaque matin.

Premièrement, j'ai passé une excellente année scolaire, avec une certaine exigence académique (sans pour autant m'empêcher de vivre), ainsi qu'un enrichissement intellectuel certain (des cours de sémio sur Breaking Bad comme un peu de relations internationales). Mais aussi et surtout des rencontres. Contrairement à Paris 8 où je n'ai quasiment gardé aucun contact, j'ai pu me lier d'amitié avec une dizaine de personnes de ma promo, des gens drôles, passionnants, solidaires et brillants (une bonne partie s'en va à Sciences Po tandis qu'on était pas mal à être admissibles au Celsa). Hier à ma soirée d'anniversaire, j'étais tellement émue de les connaître que j'en avais les larmes aux yeux (mon côté drama queen s'exacerbe avec les caïpirihna, j'avoue).

Deuxièmement, je suis actuellement en stage dans une maisons d'éditions de presse numérique et j'aime beaucoup ce que je fais même si je ne suis que stagiaire. Je fais, en gros, de l'édition et des relations publiques. Pour l'instant, ils ont bien compris que mon but principal est d'arriver au bout en ayant fait évoluer mon intelligence sociale. Disons que j'ai ma personnalité et que je manque de souplesse et de capacité d'adaptation. Lorsque je rencontre quelqu'un d'hermétique, en général je l'envoie un peu se faire foutre, or j'aimerais être capable de jongler avec n'importe quel type de personnalité afin de vendre un produit (ici, du journalisme narratif). Ils sont cool et m'apprennent beaucoup plus, que ce soit en terme technique ou social, que mes quatre mois au Muséum d'histoire naturel il y a deux ans.

Ensuite, lors de certaines situations, j'ai pu aussi réaliser que j'avais atteint une sorte de paix intérieure. Je ne suis plus comme avant, je ne contiens plus de rancoeur ni de haine en moi. Je ne cherche plus à changer les gens, ne me situe plus dans une perspective de lutte ou de conflit : face à l'insatisfaction, je ne fais que partir. Et tout ce qui me faisait habituellement chier ou juste du mal, aujourd'hui je m'en fous. Cela me dépasse littéralement. Autrement dit, toutes les personnes qui m'entourent actuellement, je les aime profondément et les accepte tels qu'ils sont. S'il arrive qu'un jour, je me retrouve déçue de l'un d'entre eux, je partirai. J'ai perdu trop de temps à essayer de m'expliquer, de leur faire comprendre des choses, de rendre les choses meilleures mais j'avais pas compris qu'une relation était ce qui se situait entre deux entités indépendantes, et pas un truc "en soi". Je sais pas si je me fais comprendre, mais voilà.

Aujourd'hui, nous sommes le 6 juillet et vous vous trouvez face à une Tanane de 21 ans, heureuse et sereine.