31 mai 2012

Fin de l'année...


Finalement, j'ai réfléchi. Le problème, ce n'est pas ma formation. Au final, c'est assez enrichissant du côté pratique parce qu'après un an, j'ai une tonne d'interview et d'articles à présenter aux professionnels. Je trouvais ça chiant qu'on nous laisse dans la nature et qu'on fasse des trucs créatifs comme de la rédaction d'articles plutôt qu'étudier les théories de la communication mais au final, c'est pas mal. Finalement, c'est ce côté pratique qui m'avantagera pour l'écrit du Celsa : on m'a dit que ce qu'il comptait, c'était sortir du lot. Et les théories de la communication, on trouve ça dans les bouquins sur lesquels bosseront les prépas. Le style et les connaissances seront à peu près uniforme alors que "l'originalité" de ma fac apportera quelques aspérités quand à mes connaissances : j'ai notamment vu l'évolution du Héros des séries nord américaines depuis les années 50, j'ai fait un dossier sur  l'identité discursive de Madmoizelle, un exposé sur une exposition du 104... Bref, des trucs qui me plaisent et assez peu communs ou académiques. Et surtout, je rencontre souvent des professionnels comme des communicants et des journalistes comme le directeur de la rédac de Slate Afrique, un ancien de Libé, des journalistes aux Inrocks comme à Cosmo, du coup ça crée des contacts (hé oui, j'ai leur mail héhé) et une vision du milieu plus proche et pratique. D'autant plus que cet aprèm, la journaliste de Cosmo est une ancienne de la filière et a fortement déconseillé Paris 3 (La Sorbonne Nouvelle) en Master à cause de l'aspect justement trop théorique de la formation. En gros, depuis le début, je me plains peut être un truc qui est bien pour moi...

De cet aspect (que je trouve trop) pratique, je suis habituée à rédiger des articles, à modifier mon style selon les lignes éditoriales (les derniers articles postés sur la télévision sont pour un dossier d'un Causette fake), à traiter de sujets divers... C'est plutôt pas mal pour travailler sa plume, mais du coup, on est appréciés non pas grâce à nos connaissances académiques (primordiale pour les concours) mais pour notre personnalité. Espérons que les correcteurs du Celsa soient du même style... En fait ça me stresse parce que c'est comme si je passais le bac sauf que j'ai ni d'exemples de copies ni d'examen blanc.

En réalité, ce qui me pose problème, c'est l'attitude de certains. Le fait de recevoir le PDG d'un distributeur de films indépendants qui vient nous parler de la promotion d'un film à l'international et qu'on se casse de la salle pour fumer une clope sous prétexte que "nan mais ça m'intéresse pas", ça me laisse plus que perplexe. C'est cette ambiance blasée en permanence qui fait que je déprime. Peu de gens prennent du plaisir à faire ce qu'ils font, s'intéressent aux problématiques qui devraient nous concerner en tant que futurs communicants ou journalistes... Ils ne jouent pas le jeu.

Par exemple, aujourd'hui et demain, on a des débats à faire devant toute la promo (on pioche un sujet et un prof nous attribue le "pour" et le "contre"). Un concept intéressant, qui pourrait être ludique et agréable... Mais moi ça me soule. Y'a pas de coeur à l'ouvrage du coup ça ressemble pas à un talk show comme ça devrait l'être, pour les profs. Du coup, ça me fait trop chier alors qu'à la base, si ça avait été avec des gens qui "jouent le jeu", ça aurait pu être marrant quoi. Je trouve ça plutôt dommage.

Télévision, épisode 25727425


La grille et mon cerveau :
Ambiance barbecue

En famille, entre potes ou en amoureux, la télé nous lie, c’est pourquoi la grille de programmes est savamment construite à partir des activités sociales. Logique commerciale que tu nous tiens… Elle est fondée sur le pouvoir d’achat des différents publics visés : la ménagère et les retraités c’est l’aprèm (ambiance Navarro ou téléfilms romantiques, au choix), les messieurs c’est pendant la pause du PSG-OM et les chômeurs, on s’en fout…


Le matin, je me réveille. Les enfants sont déjà devant la télé devant leur programme favori. Je les emmène à l’école, je rentre chez moi et en tant que parfaite ménagère de moins de 50 ans obnubilée par la propreté du carrelage de ma salle de bain, je regarde le télé-shopping et j’achète à peu près tout ce qui relève du gadget. Puis treize heures sonne, un carrefour de la journée, une heure de grande écoute, un peak time, comme on dit. C’est le JT de Claire qui se finit sur une petite note gentillette, histoire d’effacer la guerre et la faim dans le monde des mémoires. Les enfants retournent à l’école et moi, mère au foyer que je suis, je me prends ma petite pause. C’est l’heure du téléfilm allemand pourri de M6, mais qui est en réalité une bonne leçon de vie et d’espoir. Un peu de paix dans ce bas monde !

Les mioches rentrent. Je leur fait à bouffer en attendant Chéri, pendant l’heure de l’access prime-time, entre 18h et 20h, où entre les jeux télévisés radiophoniques, les publicités matraquent auditivement mon inconscient. Comme ça, je sais que Carglass répare, Carglass remplace, que Groupama sera toujours toujours là pour moi et que les lave-linges durent plus longtemps avec Calgon. Un sacré moyen mémo-technique, encore mieux qu’un post-it.

On mange tous ensemble devant le JT, un ton plus grave et plus sérieux que tout à l’heure. A côté de ça, il y a France 3 qui fait de la contre-programmation avec Plus Belle La Vie (PBLV pour les intimes). Être en marge, c’est vraiment leur truc ! Mais bon, pour finir la soirée, on regarde plutôt une fiction pour se détendre. Hier c’était une série scientifique. Forte captation oblige. Tiens, y’a la Joséphine ce soir. Ambiance bons sentiments et niaiserie dégoulinante : je suis conquise.

En deuxième partie de soirée, maintenant que les enfants sont couchés et que depuis 20h, c’est là où ils vont se faire plus de la moitié de l’argent de la journée, ils ont intérêt à garder notre attention jusqu’au bout. On zappe sur une émission joliment appelé « culture-infos » dans le programme télé. En réalité, on a le choix entre une enquête au cœur des gangs latinos, ultra-sensationnel, et l’intégrale d’une télé réalité non-censurée. En d’autre terme, de la violence ou du sexe. Que de belles représentations du monde j’ai, en allant au lit avec Chéri ! A force, j’en oublierais presque que la télé est un miroir déformant de la réalité.

27 mai 2012

Lonely Boy


Aujourd'hui, je suis allée à la représentation de danse de mon frère au 104. Bon, en soit c'était un mélange douteux de break dance et de danse contemporaine, mais c'était étrange de le voir comme un être indépendant. Genre pas qu'en tant que mon frère quoi. J'étais et je suis toujours très fière de lui qu'il pratique un moyen d'expression artistique et surtout qu'il s'affranchie de sa timidité et de la dépendance du regard des autres. Je sais plus si je l'ai déjà dit mais il est né avec un handicap qui pourrait changer le regard des autres sur lui. Sa fente labiale a été évidemment opérée mais physiquement, il reste des séquelles que les gens pourraient éventuellement trouver bizarre. Je crois qu'il manque un peu confiance en lui et qu'il pense qu'il est inintéressant parce que ma mère ne lui accorde pas d'attention. En parlant d'elle, elle n'est bien sûr pas venue sous prétexte qu'il faisait trop chaud. En mode jmenbalécouy quoi. Moi j'ai trouvé ça extrêmement important de le soutenir parce que c'est pas pour répondre aux préjugés, mais c'est pas comme s'il faisait du foot (il aime bien le foot aussi). Faire de la danse en tant que garçon, c'est un peu difficile vu que ça va à l'encontre des stéréotypes...

Du coup, le voir comme ça, se mouvant sur scène, je sais pas, ça m'a donné les larmes aux yeux. Bon, c'est vite passé, mais ça m'a foutu la boule dans la gorge quand même. Il devient quelqu'un, il se construit et j'assiste à l'élaboration de sa personnalité, de sa façon d'être, ce qui guidera ses goûts et ses choix. Il a arrêté de n'être que mon frère, il devient quelqu'un, enfin. Je repense souvent à mes douze ans et me compare à lui. C'est pas pour faire ma tata Josie mais ça pousse vite ! Je le revois encore tout ptit, me cassant les couilles, et je me revois écrire dans mon journal intime "JE N'EN PEUX PLUS DE MON FRERE" en rayant de toute mes forces son prénom. En vrai, c'est un frère formidable et je pense qu'avec le temps, il n'en deviendra que meilleur. Vu ses fréquentations actuelles, je n'ai pas à m'inquiéter de ce qu'il adviendra (j'ai toujours flippé qu'il vire mal, vu notre contexte socio-économique familial).

Sinon, pour revenir à la question d'indépendance, mais sous un autre angle, j'ai parlé à ma mère de partir de chez moi avec l'argent de la bourse et le salaire que j'aurais peut être si je suis prise dans l'association. Elle a pété un câble et moi aussi. Pour elle, si je pars, on aura plus rien à se dire. La meuf refuse de m'aider. En gros, je vais devoir attendre d'avoir mon premier job stable pour partir, c'est à dire dans pas mal de temps. Elle ne m'aime pas et pourtant, refuse de m'aider pour mon indépendance. C'est une rapiat en soif de pouvoir. Si elle croit que je vais me laisser pourrir chez moi pendant encore cinq ans, elle peut toujours aller courir. Par tous les moyens je partirais de chez moi avant. Si j'entre au Celsa, j'ai décidé de faire un prêt pour vivre toute seule (ou en colocation) trois ans avant d'avoir mon diplôme.

Bon, après la dispute j'étais upset donc j'ai pretexté aller dormir dans mon lit alors que je pleurais. Ma grand mère est venue me voir et on a parlé une bonne heure. Elle a dit que je devais pas en vouloir à ma mère parce qu'elle n'a jamais rien compris à la vie et que c'est comme ça. Puis elle a pleuré de joie parce qu'apparemment, elle est trop fière de moi et qu'il fallait pas que je sois triste parce que tout ce que je fais la maintien en vie (elle a une tumeur). C'était un moment très très très awkward. Je savais plus où me mettre alors que je textotais à mes potes, pur stéréotype de l'ado de la génération Y mais c'était pour me cacher quoi.

PS : Au fait, j'ai retrouvé mon journal intime disparu ! Même que je croyais que les cambrioleurs l'avait subtilisé pour se foutre de ma gueule là. Il était sous un tas de chaussures.