27 févr. 2012

Appeler ophtalmo.

Ca fait bien un mois que j'ai un post it "appeler ophtalmo" qui pourrit dans mon agenda, et que je reporte à chaque semaine. POURQUOI j'appelle pas pour prendre rendez-vous, pour que ce soit ENFIN fait ?

C'est comme si y'avait un démon en moi qui m'empêchait de faire tous ces trucs du style "prendre un rendez-vous". Avant, appeler des inconnus, ça me rendait folle, genre sudation extrême des mains et tout. J'exagère même pas, c'était tellement une angoisse que c'était pareil que si j'allais faire un discours d'investiture devant le monde entier. Bref, je pense que ce stress m'est passé et que je gère un peu mieux les discussions d'ordre administrative, donc je vois pas ce qui m'empêcherait.

Je n'ose même pas fouiller dans mes articles pour chercher depuis quand je vous parle de mon envie de nouvelles lunettes. Franchement, six mois facile quoi. Le temps que je me décide concrètement à appeler, que j'appelle, que j'obtienne un rendez vous, que j'aille au rendez vous, qu'en attendant dans la salle d'attente, mon tour vienne, que je regarde le petit point au bout de l'horizon et que j'aille chez Jimmy Fairly essayer des paires, que je commande la mienne et que je la reçoive, j'aurais pas de lunettes avant disons... 2600.

Je m'exaspère. Parce que d'un côté, je suis quelqu'un d'extrêmement impulsif, qui démarre au quart de tour, je suis du genre à faire les choses le plus rapidement possible (oui je suis l'idole des foules car je me suis toujours avancée dans mon travail scolaire) mais de l'autre côté, quand il s'agit de choses que je devrais faire immédiatement, je ne le fais pas comme appeler ma conseillère banquaire pour avoir ma carte de crédit, ce qui pourrait être très utile, vous pensez pas ?

Bref, tout cet article pour dire que j'en ai marre de moi et que je veux une nouvelle monture couleur écaille brune, plus grosses et qui ne coupent pas mon regard de femme fatale. Pour le moment, j'ai fait une petite sélection de mes préférences, VOTEZ POUR VOTRE CANDIDATE PREFEREE :

Clayton

Yellowstone

Brooklyn (favorite pour le moment)

Difficile de choisir si vous ne connaissez pas ma tête MAIS C'EST PAS GRAVE, en gros, j'ai un visage rond/oval et je suis tchingtchangtchong mais avec des yeux en amandes, des lèvres de fatou et un gros front comme celui ci :


Merci pour vos futurs conseils.

Faut aussi que je m'achète des bottes en fripes, des robes et que j'utilise le DianaF+ que Jeremy m'a offert.

25 févr. 2012

Sous X

Message perso : Edouard, je t'ai répondu ! Et tiens moi au courant par mail steupléééé :D

Aujourd'hui, j'ai reçu le dossier à remplir pour la bourse.

De la paperasse, comme d’habitude. Mais cette fois-ci, un peu plus poussée. Ils demandent de remplir les cases genre « père », je ne mets rien, « beau père », je ne mets rien non plus. C’est là que ça me fait mal. Il me fallait le certificat de décès de mon père. Ma mère m’a rappelé quelque chose que j’avais oublié : je suis une enfant née sous X. Je ne cherche pas à savoir le pourquoi du comment, mais ce qui est sûr, c’est que ça montre que je ne suis pas le fruit d’un quelconque amour. Soit mon père n’a pas voulu me reconnaître, soit ma mère n’a pas voulu qu’il me reconnaisse. Pourquoi n’a-t-on pas voulu que je grandisse dans un milieu sain et stable ? Pire : normal ? Est-ce que c’est trop demander que de réfléchir un minimum et de penser au futur d’un enfant ?

Ca me rappelle la fois où elle m’a dit que si elle avait su ce que je deviendrais, elle aurait avorté. Moi je pense qu’elle aurait du avorter tout court. Comment est-ce qu’on a pu penser que j’aurais pu être heureuse dans cette situation familiale, en grandissant dans un amour factice ? Pourquoi on fait pas passer un test aux gens avant qu’ils ne deviennent parents ? Quand j’y pense, j’ai envie de pleurer. Je suis triste, affligée parce que la normalité je saurais JAMAIS ce que c’est. Avoir un appartement, une chambre, un père, une mère, un frère. Manger ensemble à table, partir en vacances, aller au cinéma en famille. Ce sont des choses que je ne connaîtrai pas jusqu’au jour où je fonderai ma propre famille, avec un homme que j’aime et une situation stable. Pourquoi les gens font des enfants si c’est pour les laisser, se barrer à l’autre bout du monde et refaire une autre famille ? Pourquoi ma mère m’appelle « trésor » et « chérie » alors que de toute ma vie, on est jamais allées au cinéma ensemble, ne serait-ce qu’une fois ? Et pire, pourquoi a-t-elle décidé de refaire la même erreur en accouchant de mon frère ? Je crois avoir entendu une discussion un jour, apparemment c’était pour encourager son père à arrêter l’alcool.

Ca me met hors de moi, c’est quoi ces cons qui s’en foutent de ce que peut être un humain. Je vais pas vous raconter dans quelles conditions matérielles on vit, mais mon frère vit comme un étranger, un visiteur de passage chez moi. Ca me tue qu’il fasse venir ses copains pour avoir un semblant de normalité, alors que chez nous, c’est très loin d’être comme chez les autres. Je n’ai jamais fait venir mes amis chez moi, parce que ce n’est comme chez personne.

Je veux bien que les parents se séparent, c’est normal. Mais ma mère gagne à peine le smic, je n’ai jamais eu de pension alimentaire et de père, j’en ai jamais eu. Alors ça me tue de devoir remplir ces putain de papiers pour me rappeler à quel point ma famille n’en est pas une. Il est inutile d’en parler à ma mère, ça ne fait que m’énerver, que de voir ce tas larvique me balancer des choses telles que « ton père ne t’as pas reconnu » comme si c’était la chose la plus normale qu’il soit.

J’avais commencé à relativiser sur elle, à regretter toutes les choses horribles que j’ai pu dire à son propos, mais finalement, je pense qu’il y a une part d’elle qui relève réellement de la connerie. Qu’est-ce qui lui a pris de faire un enfant si c’était pour le priver consciemment d’un père, d’un foyer structuré, d’une vie normale ? Je sais que ma situation n'est pas la pire. Quand j'vois les enfants de roms, ça m'hallucine. Ils sont enfants, encore un peu insouciant, mais après... ? Ils ne vont pas à l'école par peur de l'expulsion, donc ils sont condamnés à vivre dans la clandestinité, l'illétrisme et la mendicité. Les parents n'en ont donc rien à foutre ou quoi ? Qu'est-ce qu'ils pensent lorsqu'ils couchent ensemble ? "Un bébé, ce sera plus rentable quand on ira mendier" ? C'est pas possible, c'est même pas humain.

Vous ne savez pas comment je vis tous les jours, et je vous le dit : ce n’est pas normal. J’en ai rien à foutre que tout le monde puisse lire ce que j’écris aujourd’hui, qu’ils en tirent des conclusions hâtives, ou que ce sont des choses qu’ils n’ont pas à savoir. Mais je le dis aujourd’hui, pour tout ceux qui me sous-estiment et qui ne savent rien de moi : ce que je suis aujourd’hui, je ne le dois pas à ma famille. Alors toute ma façon d’être, je l’ai développé SEULE en apprenant SEULE en allant voir la normalité ailleurs, que ce soit dans les foyers de mes amis ou à l’école. Je ne dois rien à ma mère, ni à mon père, si ce n’est que du fric et de la bouffe. Alors non, je suis pas la science infuse, mais je n'ai pas honte de dire que je suis fière de la personne que je suis devenue et peu de gens se seraient aussi bien débrouillé. Seulement, je n'y arrive plus. Je suis comme une enfant sauvage qui imite pour s'intégrer, mais je ne me trouve pas. Je suis l'enfant de personne, alors je suis personne. J'aurais beau faire le maximum pour que ma condition familiale soit normale, elle ne l'est pas. Comment alors peut-on fonder une famille si on a qu'une idée abstraite de ce que c'est ? Comment puis-je entrevoir un avenir si mon passé n'existe que par ma construction maladroite ? Je ne sais pas qui je suis parce que la personne que je devrais être n'existe pas, mais celle qui vous écrit n'est que le fruit de mes fantasmes de normalité. Je ne suis qu'une illusion que je me suis donnée.

24 févr. 2012

La sociabilité à la fac

Bon, en fait, je crois que je suis victime, MAIS PAS AU BORD DU GOUFFRE ON S'CALME, d'un problème social qui m'empêche de créer de nouveaux liens durables avec les gens de la fac. Je sais pas pourquoi.

Je parle aux gens et tout mais je n'arrive pas à me faire d'amitiés "durables" genre me trouver quelqu'un avec qui je parle d'autre chose que de cours, avec qui rester tout le temps, etc... J'ai bien des filles sympas avec qui je me mets pour faire des travaux parce qu'on sait qu'on fonctionne bien ensemble, mais je pense que notre lien est davantage lié à notre compatibilité de méthode de travail plutôt qu'à de réels intérêts communs. 

C'est assez chelou parce que d'un côté, je me dis que j'ai pas besoin d'amis pour vivre à la fac, dans la mesure où tout est tellement mouvant que si on est seul, tout le monde s'en foutant de notre vie, genre c'est normal et toléré. Par exemple, manger seul au resto U est commun, même si je ne le fais pas étant donné que je n'ai pas de pause déjeuner dans mon emploi du temps (OF COURSE). En tout cas, jressens plus cette pression sociale qu'il y avait, lorsqu'on se retrouvait seul au lycée, style "han elle a pas d'amis". C'est trop con mais vous savez ce que je veux dire ! Du coup, la solitude est nettement plus vivable. Mais d'un autre côté, je me sens terriblement triste. Mes amies du lycée me manquent. Entre les pétages de câble de l'une et les débordements d'affection de l'autre, j'étais dans un excellent trio au lycée, qui me permettait un certain équilibre pour mon année de première et de terminale. 

En gros, actuellement, je passe ma vie à dire bonjour à 50 personnes dans la journée et pourtant, je n'ai pas d'amis fixes, jcrois que ça participe aussi à mon non-épanouissement dans la fac. J'arrive dans la salle de cours le matin, je finis de lire mon bouquin ou mon journal, le cours commence, je note le cours, à la pause, je pars faire pipi puis je continue mon bouquin, le cours reprend, je note la suite du cours, à la fin je remballe et je change de salle pour mon prochain cours où je réitère le même processus. Des fois je discute avec des gens sympas, mais rien d'approfondi. Le genre de situation où le sujet ne va jamais au delà de la fac.Ca parle du cours, de la bouffe et des profs quoi. 

J'sais pas quoi faire. Et surtout, j'sais pas COMMENT faire. Lorsque la folie m'empare et j'ose parler aux inconnus, ma tête se vide et je ne trouve plus rien à dire. Dans ce cas là, c'est très uber awkward, du coup je fuis. "Je vais aux toilettes", "je vais me chercher à manger", "je vais prendre un café". C'est horrible à vivre, surtout que je pense que je ne véhicule pas l'image que je voudrais renvoyer. Comme lorsque j'essaie d'être bienveillante et de donner des conseils, quand j'y réfléchis, ça fait plus la meuf prétentieuse qui se croit au dessus de tout le monde qu'autre chose. Gros fail. 

J'ai du mal avec ma communication non-verbale et ma voix qui bégaie en situation de stress (quand je parle aux inconnus en étant seule), d'autant plus que je parle super vite sans articuler, alors je dois faire un double effort de concentration pour penser au contenu de ce que je dis, mais aussi à la façon dont je le dis. 

Au final, c'est beaucoup trop compliqué pour moi de parler aux gens, du coup je n'arrive plus à me motiver alors je ne fais que lire mes trucs dans mon coin. MAIS j'en ai ras la zézette de passer ma vie à écrire ce genre d'article d'handicapée sociale, je comprends pas ce qui est difficile et pourquoi j'ai développé tant de difficultés dans mes relations humaines alors que je suis pas du tout née comme ça... Jme demande comment ça se passera pour le reste de ma vie. Si je reste comme ça, je suis in da shit.