Je viens d'avoir 21 ans.
J'ai réalisé que l'année de mes 20 ans a été une des plus heureuses de toute ma vie, mes moments les plus tristes ayant été relaté ici. Je n'arrive pas bien à écrire sur la joie et le bonheur, à relire mes derniers articles, on pourrait me croire en dépression, alors que c'est dans une joie immense que je me lève aujourd'hui chaque matin.
Premièrement, j'ai passé une excellente année scolaire, avec une certaine exigence académique (sans pour autant m'empêcher de vivre), ainsi qu'un enrichissement intellectuel certain (des cours de sémio sur Breaking Bad comme un peu de relations internationales). Mais aussi et surtout des rencontres. Contrairement à Paris 8 où je n'ai quasiment gardé aucun contact, j'ai pu me lier d'amitié avec une dizaine de personnes de ma promo, des gens drôles, passionnants, solidaires et brillants (une bonne partie s'en va à Sciences Po tandis qu'on était pas mal à être admissibles au Celsa). Hier à ma soirée d'anniversaire, j'étais tellement émue de les connaître que j'en avais les larmes aux yeux (mon côté drama queen s'exacerbe avec les caïpirihna, j'avoue).
Deuxièmement, je suis actuellement en stage dans une maisons d'éditions de presse numérique et j'aime beaucoup ce que je fais même si je ne suis que stagiaire. Je fais, en gros, de l'édition et des relations publiques. Pour l'instant, ils ont bien compris que mon but principal est d'arriver au bout en ayant fait évoluer mon intelligence sociale. Disons que j'ai ma personnalité et que je manque de souplesse et de capacité d'adaptation. Lorsque je rencontre quelqu'un d'hermétique, en général je l'envoie un peu se faire foutre, or j'aimerais être capable de jongler avec n'importe quel type de personnalité afin de vendre un produit (ici, du journalisme narratif). Ils sont cool et m'apprennent beaucoup plus, que ce soit en terme technique ou social, que mes quatre mois au Muséum d'histoire naturel il y a deux ans.
Ensuite, lors de certaines situations, j'ai pu aussi réaliser que j'avais atteint une sorte de paix intérieure. Je ne suis plus comme avant, je ne contiens plus de rancoeur ni de haine en moi. Je ne cherche plus à changer les gens, ne me situe plus dans une perspective de lutte ou de conflit : face à l'insatisfaction, je ne fais que partir. Et tout ce qui me faisait habituellement chier ou juste du mal, aujourd'hui je m'en fous. Cela me dépasse littéralement. Autrement dit, toutes les personnes qui m'entourent actuellement, je les aime profondément et les accepte tels qu'ils sont. S'il arrive qu'un jour, je me retrouve déçue de l'un d'entre eux, je partirai. J'ai perdu trop de temps à essayer de m'expliquer, de leur faire comprendre des choses, de rendre les choses meilleures mais j'avais pas compris qu'une relation était ce qui se situait entre deux entités indépendantes, et pas un truc "en soi". Je sais pas si je me fais comprendre, mais voilà.
Aujourd'hui, nous sommes le 6 juillet et vous vous trouvez face à une Tanane de 21 ans, heureuse et sereine.
6 juil. 2014
29 juin 2014
Omelette aux lardons
Je ne supporte plus ma mère et je me demande même comment elle fait pour continuer à exister.
En parlant avec mon frère, je me suis rendue compte qu'il avait envie de manger des légumes, chose qu'il n'a jamais faite jusqu'à maintenant vu que ma mère ne lui achète que ce dont il a envie (c'est à dire des plats préparés, des frites surgelées, etc). Pour remettre le contexte de la situation : ma mère sait cuisiner AU MAX une omelette et cela fait des années que je mange de façon absolument séparée (je fais mes propres courses, mes propres repas et me sustente à des horaires décalés). Les repas en famille, je n'ai jamais connu.
Bref, le problème ici, c'est que je reproche à ma mère de continuer de lui acheter des choses mauvaises pour sa santé (j'en avais déjà parlé à mon médecin qui me dit que osef tant que mon frère a un poids normal, OK CIMER) et qui vont à l'encontre des envies de mon frère. Elle me rétorque en soupirant qu'elle ne peut pas faire autrement s'il ne lui dit pas quoi acheter. Pardon ? Tu as besoin que ton fils de 14 ans prenne des décisions pour toi ? Qu'il te commande ? C'est toi la mère, non ? "Non mais après, j'achète des trucs que personne ne mange" MAIS PUTAIN MEUF c'est NORMAL, t'achètes que de la merde de gros porc (des charcuteries immondes genre museau de porc).
J'ai comme le sentiment que ça lui est égal de nous tuer à petit feu, comme si prendre une petite compote en fin de repas deux fois par semaine allait améliorer notre santé. Ses habitues alimentaires me sortent par les yeux et démontrent une telle stupidité que je me demande ENCORE comment cette femme peut être ma mère. Quant à moi, je suis en surpoids et je dois perdre environ trois kilos pour me préserver du diabète (ma mère ayant du diabète, du cholestérol et un cancer du foie, bien l'héritage génétique nan ?) et en plus de cela, j'ai un taux de cholestérol un peu trop élevé. Au lieu de m'aider et de me soutenir dans mon entretien corporel, ma mère me suggère de me faire une omelette aux lardons (les oeufs étant le meilleur ami du cholestérol et les lardons, inutile de préciser) ou me propose encore de finir le pot de glace. Je finis par entrer dans des colères noires et penser qu'elle veut me tuer. Mes accès de colère sont tellement répétitifs que je ne comprends pas comment ma mère peut réitérer ce type de suggestions en toute candeur.
Mes amis trouvent que je parle mal à ma mère. Même si je pense que le respect est un principe inconditionnel et absolu, je me rends compte que je n'arrive pas à avoir du respect pour ma mère, simplement parce que je trouve qu'elle n'en mérite aucun. Je continue de me demander comment aujourd'hui, n'importe qui peut encore engendrer la vie en toute impunité.
Blue moon
En ce moment, je suis quelque peu obsédée par mon (je l'espère) prochain copain. J'en rêve la nuit et tout. Je rêve parfois d'une personne à la figure plus ou moins floue qui me rend absolument heureuse. Ca peut etre n'importe quelle situation : une rencontre lors de la soirée d'une amie, un matin où je me réveille dans son lit, dans un lieu inconnu mais qui me semble totalement familier... Parfois, c'est rien de particulier. Je rêve ma vie, sauf que j'ai un mec que j'aime.
C'est une obsession assez classique et niaise, pour le coup, je veux bien l'admettre, mais c'est plus fort que moi. Chaque jour, j'y pense en me disant que j'aimerais qu'il soit comme ça, ou pas comme ça, ce qui revient à établir des critères d'une précision absurde et à construire une espèce de figure mythique et idéalisée de ce que je pense être le grand amour. Je ne veux pas tomber dedans, mais après ceux que j'ai connu, je ne veux plus vraiment m'accorder le droit à l'erreur. J'ai assez vécu pour moins me tromper dans mes choix, en théorie (comme vous le savez, ce n'est pas du tout le cas en pratique).
Hier, j'ai appris que mon ex m'avait trompé pendant notre relation. Moi qui pensais tout savoir, j'en apprends encore tous les jours. Cela ne m'atteint plus. J'étais triomphante et fière de moi de m'apercevoir que le pincement au coeur et le souffle coupé habituels n'avaient pas eu lieu. J'ai évolué, tandis qu'à ma grande déception, il est toujours le même, c'est juste quelqu'un d'autre qui souffre.
Aujourd'hui, je m'estime sereine et bien dans ma vie, même si quelques questions me tourmentent de temps à autre. Toujours les mêmes depuis un an : suis-je capable d'aimer à nouveau et puis-je m'attacher à un homme ? La seconde, je me la posais plus vraiment lorsque je voyais Lucas, j'étais convaincue d'être finalement attachée à lui et m'étais rassuré sur mon capital affectif : j'étais encore apparemment humaine. Maintenant que je ne le vois plus, je réalise qu'il ne m'a pas manqué une seule seconde, et que sa présence (ou son absence du coup) dans ma vie me laissait indifférente. J'accepte habituellement mes émotions telles qu'elles sont, mais je me fais quand même un peu flipper : sept mois avec un mec, et rien. Qu'est-ce qui ne va pas ? Vous allez me dire "gneuh, c'était pas le bon" , etc, mais je ne parle ici du grand amour, je parle juste de l'attachement, qu'il soit sentimental ou non (ici non). Et depuis que je me suis séparée de mon ex il y a maintenant un an et demi, je n'ai jamais pu vraiment me réattacher à quelqu'un (à part un imposteur tout droit sorti de One Direction, mais ça m'est vite passé). Et chronologiquement, plus le temps passe, moins j'en ai quelque chose à foutre.
Je m'inquiète, je voudrais pouvoir aimer.
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