17 juin 2013

Cigaretts on cigaretts, my mama thinks I stink

Ce soir, j'me sens grosse et moche. J'ai l'impression d'être condamnée à vivre une vie que je veux pas vivre, l'impression que pour mener ses relations à bien, on peut pas être comme on est. Je suis toujours trop impliquée, trop spontanée. Ca, ça veut dire trop naïve. Parce que je crois que les gens sont de bonne volonté et de bonne foi comme moi, alors que non. Je suis la nana trop conne qui se jete dans la relation sans filet parce qu'elle se dit que ça ira, qu'on prend un risque à deux, et parce que la citation de Musset était bien, quand même.

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : " J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."

Au final, j'aurais que dalle vécu et je serais surtout blasée des relations.

10 juin 2013

Oral du Celsa : briefing

Vendredi dernier, j'ai passé l'oral d'admission du Celsa (oui parce que j'étais admissible aux écrits !).

Je m'assois. Le directeur de la licence me reconnaît, me dit qu'il m'a déjà vu et me demande si c'est la deuxième fois que je passe l'oral. Non non, en fait c'est parce que je viens aux portes ouvertes depuis quatre ans. En gros, ouais, je suis un peu la psychopathe de service quoi haha.

Bon, on papote sur ma licence actuelle, pourquoi je veux partir de ma fac, etc... Puis on parle de mon lycée, qui a sa petite renommée et son petit monoprix à côté. "Vous alliez au monoprix ?" Oui. "Quel auteur et quelle théorie pouvez-vous me citer pour analyse le positionnement stratégique de Monoprix ? Que pouvez-vous me dire de plus là dessus que Morandini ?" J'en ai aucune idée, j'essaie de rebondir sur autre chose, je parle de leur tapenade qu'ils appellent "la petite robe noire de l'apéritif", on me recadre. "C'est pas grave..." à cet instant, je sens mon arrêt de mort.

Ensuite, ça découle sur mes lectures, sur mon intérêt pour les procédés manipulatoires, sur le cinéma, "vous aimez les blockbusters ?" Bien oui, comme tout le monde vu que c'est fait pour plaire au plus grand nombre. Et puis voilà, ça passe. J'ai l'impression d'avoir fait un speed dating, d'avoir parlé cinq minutes. Je ressors, les autres candidates me disent que je suis restée une bonne vingtaine quand même.

J'étais à l'aise, souriante, mais incapable de parler de théorie. Je sais pas à quoi m'attendre, mais j'essaie d'y croire tout de même. Aucune question sur mon stage ni sur mon projet professionnel ni sur mon bénévolat...

Concernant l'anglais, à la première écoute de l'extrait que je dois présenter, je ne comprends absolument rien. A la seconde, je comprends "sausages", "horse" et "kazakhstan". Okay, sur quoi suis-je tombée ? Sur un extrait sur les saucisses de cheval kazakhs. Oui, parfaitement. Avec une petite amorce de 2sec sur un vague scandale en europe sur la viande de cheval retrouvées dans des burgers et des meatballs. Bienvenue au Celsa, cette école de taré obsédée par la bouffe (le sujet d'anglais écrit portait déjà sur la nourriture et les différences culturelles haha).

Dédicace à tous ceux qui pensaient que le Celsa serait trop difficile pour moi. Je l'ai eu alors que je sortais d'une rupture (et vous même vous savez dans quel état j'ai pu être). Sans prépa à 2000 balles haha.

Salades tomates oignons à vie, c'est de plus en plus sûr !

Bon, entre le dernier article et celui-ci, j'ai eu le temps de me mettre en couple puis de me séparer plus ou moins officiellement, j'ai arrêté la psy parce que c'était trop inutile, et j'ai ralenti ma vie sociale même si je rentre chez moi avec les premiers métros au moins deux fois par semaine. J'ai l'impression de laisser la vie sociale et superficielle me contaminer, pour ne plus avoir à penser et pour ne plus être triste. Quand je me mets à réfléchir, à être lucide, ne serait-ce qu'un peu, je tiens des discours étonnamment emplis de désespoir. Certains disent que je croque la vie à pleines dents, d'autres diront que je mène une vie qui n'est pas la mienne. Mais voilà, aujourd'hui je pense que la séduction repose quasi-totalement sur des rapports de force. Je n'ai même pas vingt ans et je suis déjà en train de perdre mes idéaux. Je pense que globalement, je vais bien. Je suis bien, mais désabusée. Surtout des relations. A partir du moment où je mène le jeu, l'autre me voudra toujours, parce qu'il sait qu'il ne m'aura jamais. Et quand cet ordre se renverse, on devient le boloss de l'autre et on se perd. Et aujourd'hui, la première fois depuis six mois, je crois que je me perds.