26 oct. 2014

Incubateur

Ca fait quatre jours que je n'ai pas adressé une parole à ma mère.

Mardi dernier, j'ai appris que l'association culturelle de l'école avait choisi mon projet. Un truc sur lequel je bosse depuis un mois a été sélectionné. Je suis donc devenue présidente de l'association en question et prépare actuellement un grand événement qui se déroulera en septembre 2015.

Je me suis sentie extrêmement heureuse et fière des nouvelles copines avec qui je bosse, ainsi que de notre travail. Ce sera le plus gros projet de ma vie pour l'instant, j'ai jamais entrepris un truc aussi grand de A à Z, encore moins en le dirigeant.

En rentrant, je l'annonce donc à ma mère. Allongée devant la télévision, elle me demande alors ce que je gagne. Je réponds que je gagne le fait de pouvoir réaliser mon projet. "Ok" Je commence à avoir un peu les boules et lâche un "ok tu t'en fous en fait".

- Mais non.
- Bah si, tu dis ok alors que ça fait un mois que je bosse dessus et que c'est un projet qui va me prendre un an !!
- Je sais pas, tu gagnes rien en fait, donc bon.

Et là, je sais pas, je me suis sentie imploser. Cette meuf, c'est une blague. Elle serait plus heureuse et fière de moi si je gagnais de la thune en bossant au Mcdo, sans avoir jamais fait d'études (puisque je ne rapporte rien) ni même intégré mon école.

"Mais pourquoi tu cries ?"

Cette femme n'a même pas l'intelligence pour reconnaître la colère de sa fille. Même en mettant le mépris à côté, je me pose sincèrement des questions sur les capacités de cette femme, si elle n'a pas de léger retard mental. Il n'est pas possible autrement d'avoir un comportement pareil, même ma grand mère qui était analphabète, qui ne comprenait pas grand chose de ce que je vivais, était capable de ressentir de la fierté à mon égard, juste par le fait de me voir fière de moi même. 

Le pire : je suis faible, je ne peux rien faire sans être soutenue.
Et si je n'avais les filles avec qui je travaille ? Pas mes amis ?
Je n'aurais même pas pu compter sur ma propre mère pour vivre. 

2 commentaires:

Zoïle a dit…

Tombée sur ton article par hasard, il fait du bien pour le côté franc-parlé vis à vis des parents, c'est assez rare de le voir exprimé... sans culpabilité derrière! C'est un truc que j'ai pu ressentir aussi vis à vis des miens, le côté "retour sur investissement"... Bourdieu a écrit un bouquin là dessus il me semble; sur les rapports économiques au sein de la famille... mais jme rappelle plus du titre!

Azé a dit…

Plus rien ?