20 janv. 2014

Aujourd'hui, c'est ambiance doctissimo

Je n'ai jamais eu de problème de santé dans ma vie. Suite à ma grande fatigue liée à mon insomnie et à mon nouveau rythme de vie étudiant épuisant (l'IFP donne un travail monstre), j'ai fait des tests sanguins qui m'ont appris que j'avais un peu de cholestérol mais rien d'affolant. Soit. Je sais pas pourquoi mais depuis (donc depuis genre un mois), je développe une espèce de psychose autour de tout ce qui peut m'arriver. 

Du coup, après ça, j'ai pris rendez-vous chez une gynécologue que je voyais pour la deuxième fois, dans l'optique de checker et de renouveler ma pilule. Elle m'a diagnostiqué une mycose alors que je n'avais strictement aucun symptômes, après avoir vérifié sur internet quelques témoignages. Un peu sceptique : elle a déclaré ça après avoir maté mon intimité à l'oeil nu. Attends, mais les champignons c'est microscopique normalement, non ?

Soit. Même en ayant le doute, je prends son traitement. Après tout, elle est médecin non ? J'attends quand même deux jours avant, pour être sûre d'avoir un truc. Passé ce délai, toujours rien. Pas une once de démangeaisons, d'écoulements ni de rougeurs (je me suis contorsionnée avec un miroir de poche). Bon. Quelques jours après la prise du traitement, je commence à saigner. Ce sont pas mes règles : je suis en cours de pilule. Affolée, je cours vers ma pharmacie préférée, où ils sont avenants. Ils m'ordonnent d'arrêter de suite le traitement parce qu'il est actuellement en train de détruire ("décaper", ont-ils dit) ma flore vaginale. Puisque je n'avais rien.

Et depuis, j'enrage. J'ai la haine contre tout le corps médical que je peux rencontrer. Car quelques jours avant, ma généraliste m'a suggéré de prendre des anti-dépresseurs. 

- Vous êtes déprimée ?
- Pas du tout
- Vous êtes sûre ?
- Absolument

Et pourtant.
Elle insiste.

Je la tue de mon regard. T'es qui pour décider que ma vie était trop triste pour être vécue ? Oui ma grand mère est morte, oui ma mère est malade, oui je dors mal et oui je n'ai pas grandi dans des conditions faciles. Cela signifie-t-il que je vais mal ? Vous qui me lisez savez très bien que cela faisait des années que je n'étais pas aussi bien et épanouie dans ma vie. Ca m'enrage de savoir que mon propre médecin veuille me persuader que je vais mal rien que pour me refourguer des médocs et se sentir socialement plus utile. Puis de toute façon, même si j'allais mal, je n'autoriserai personne à faire commerce de mon malheur.

Elle m'a fait une lettre de recommandation pour que je fasse des exams pour évaluer mon activité cérébrale. Elle y raconte mes conditions de vie et le fait que je fasse "beaucoup de reproches à sa maman". N'apporte-t-elle pas directement un regard biaisé à son collègue qui me recevra ? Il pensera tout de suite que si je ne dors pas, c'est parce que ma maman est incapable et malade. C'est ridicule. Je sais que ce n'est pas ça. C'est autre chose. Je ne dors pas simplement parce que j'aime trop le silence de la nuit. Et que je déteste la perspective de "aller se coucher". J'adore dormir. Je m'endors n'importe quand quand je ne pense pas que je "vais dormir". C'est étrange, j'aimerais me reposer davantage, mais je n'y arrive pas la nuit.

Quoiqu'il en soit, je rajouterai en troisième épisode que mardi, je me suis réveillée avec la lèvre enflée. Je vais à une pharmacie (pas ma préférée, une au pif) pour un diagnostic puisque je voyais Lucas le soir-même. Je voulais savoir s'il y avait un risque de contagion, même si ça ne ressemblait pas du tout à un bouton de fièvre. Ils me disent que si et me vendent un truc à appliquer à quinze balles. Je sais pas pourquoi je l'ai pris alors que j'avais déjà commencé à mépriser le corps médical. Le soir même, ça avait disparu, c'était pas du tout ça. Du coup, je me retrouve avec un flacon entier qui coûte 15 balles. Bravo moi. Bravo eux. 

J'ai peur de tomber dans la paranoïa. Ca a donc commencé comme ça, et aujourd'hui, je me retrouve à vérifier tous les produits de mes cosmétiques. J'utilisais une crème chanel depuis quelques jours et ça m'a filé des boutons. J'en ai conclus que VRAIMENT, on peut faire confiance à rien ni personne. Pour l'instant, je me contente des produits Lush qui, même s'ils ne sont pas bio, sont faits de produits naturels, même si ce qui est naturel n'est pas forcément  bon, contrairement à ce que la communication sémiologique des temps modernes nous a inculqué. Mais voilà.

Je sais pas comment finir cet article. Je sais même pas pourquoi je l'ai écrit. Je crois que je suis vraiment énervée.

PS : ça me rappelle aussi mon ancienne psy qui me disait que j'étais en colère contre la société et qui voulait absolument qu'on parle de ma famille. Psychanalyse de merde.

4 commentaires:

Anonyme a dit…


Je comprends ta colère envers le corps médical, cependant fais gaffe lorsque tu dis : "même si j'allais mal, je n'autoriserai personne à faire commerce de mon malheur." Y a des gens que les AD aident vraiment, et OUI, désolé, mais l'industrie du médicament existe, de même que psychiatre est un métier rémunéré. Sous couvert de donner ton avis tu culpabilises les malades. Etre dépressif et essayer de se soigner, c'est loin de """"faire commerce de son malheur""""

Emeline a dit…

Wow, sur ce coup-là tu n'as vraiment pas de chance ! Tomber sur des gens qui veulent absolument vendre, sans se soucier du bien être du patient et du gaspillage (de temps, d'argent, de produit et de bonne humeur).
Courage !

Tanane a dit…

Anonyme : Bien évidemment, mon choix de refuser les anti-dépresseurs est strictement personnel et ne regarde que ma situation. J'estime que mon malheur n'a pas à servir les industries, c'est ainsi que je le vois et non pas comme une aide (toujours dans ma situation), après avoir été confrontée à un corps médical financièrement intéressé qui n'essaie non pas de me soigner mais de littéralement tirer profit de mon pseudo-malheur. Dans tous les cas, excuse-moi si tu l'as perçu comme une culpabilisation des malades, ce n'est pas ce que je voulais signifier.

Meredith B. a dit…

Chez ma psy j'ai découvert que la chose qui me met la plus mal à l'aise/en colère au monde, c'est les hommes.

J'ai arrêté d'y aller parce que je vois plus trop l'utilité.