4 juil. 2012

J'ai acheté du Monoi parfum des îles.

J'me sens débile à sans cesse être jalouse des filles de l'entourage de Jeremy. J'arrive pas à me débarrasser de la fille que j'aurais aimé être, de cette vision fantasmatique sans intérêt. Au lieu de me concentrer sur ce que "je possède", je me vois tout le temps comme une meuf perfectible. Bon ok en soi c'est cool de pas penser que tout est acquis, mais à côté de ça, ça devient ridicule et j'me sens tellement bête d'avoir acheté du Monoï pour bronzer sur l'herbe pendant ma pause déjeuner, de désirer ardemment un Iphone ou des trucs comme ça. GENRE comme si j'allais devenir une winneuse si j'ai la peau doré et un Iphone. Comme si c'était des facteurs d'épanouissement personnels.

Donc voilà, y'a ma jalousie qui me dicte que je serais mieux si j'étais bronzée, mince, sans cernes et riche, et y'a mon côté fuckeuse de société qui me dit que tout ça n'est qu'artifice et que je me fais littéralement baisé par la société de consommation. C'est un état des choses qui manque sans doute de nuance. Et j'en ai marre que dans ma tête, je vive de la sorte, que je ne trouve pas.. LA PAIX INTERIEURE. Comme si j'étais en permanence torturée, même en temps de bonheur, comme si justement, je pouvais pas m'échapper de cette lutte perpétuelle entre moi et moi-même. Je pensais que ça passerait avec l'âge, mais finalement, je suppose qu'il en restera toujours des soubresauts qui m'empêcheront de ne pas "me prendre la tête". Car oui, 99% des gens qui me côtoient soutiennent que je me prends beaucoup trop la tête (sondage IFOP). Je me pense pas moins bien lotie qu'un tas de gens, ni que je souffre beaucoup plus que vous, mais il est vrai que j'ai pas l'impression de croiser beaucoup de gens qui sont, je me cite, "en lutte perpétuelle" avec leur myself. 

Dans ma tête, voilà. Il y a celle que j'aimerais être, celle que je suis et celle que je pense être. Entre ce que je suis et ce que je pense être, je ne pense pas qu'il y ait tant de décalage : je suis quelqu'un qui ne connaît pas la modération, que ce soit lorsque je bois, lorsque je suis amoureuse ou lorsque je travaille. Et pourtant, il y a un fossé abyssal entre la fille fantasmée et l'état actuels des lieux. Je sais que je serais pas plus heureuse si j'étais cette fille fantasmée, si j'étais bronzée avec un Iphone. Ca n'a pas de sens. Je peux pas être aussi conne, au point de croire que des trucs aussi artificiels peuvent faire mon bonheur. J'arrive même pas à croire comment j'ai pu acheter l'huile de Monoi (que je compte malgré tout utiliser vu que il faut vraiment que je bronze). Faut que j'apprenne à vivre avec mon nokia 6700 slide, sans complexe. Comme si avoir Google Maps dans la rue pouvait faire mon bonheur. NON NON ET NON Tanane, on s'en fout de ça. Y'a des choses plus importantes.

Ah oui, comme quoi ?

Question sans réponses.

Comme si ma génération vivait dans le tout tactile, le matérialisme le plus profond. Quand on avait pas "tout ça", peut être qu'on réfléchissait plus, qu'on était moins bouffés par ces désirs crées artificiellement, nan ? Je me trouve naïve de penser ce que je soutiens en ce moment, mais je n'arrive pas à sortir de mes présupposés pour en tirer quelque chose de vraiment moins stéréotypé. Je viens de lire que les femmes qui possédaient un chat se suicidaient davantage. Je suis allergique, donc je n'en n'aurais pas, mais je crois quand même que plus tard, je vais finir comme un stéréotype. Et je sais pas si c'était fantasmé ou réel mais j'ai l'impression que j'étais davantage "unique" quand j'étais plus jeune. Alors, est-ce que c'est la société qui m'a taillé les hanches pour me mettre dans les cases prédéfinies, ou alors est-ce je n'étais que dans un ego-trip adolescent ? 

Nouvelle question sans réponses.

Je perds de mon unicité. Je deviens comme tout le monde (à moins que je ne l'ai toujours été mais qui êtes vous pour juger ?). Je ne ferai sans doute jamais rien de grand dans ma vie. Je me lèverai à la même heure chaque matin, pour faire la même chose toute la journée et sans un soupçon, je serai arrivée à la fin de ma vie. Une fourmi parmi d'autres. Le commentaire de ma prof d'anglais de troisième, "Tanane sort des sentiers battus", ne prend plus aucun sens maintenant que j'ai 19 ans. Je suis sur le chemin du retour. Le retour dans les sentiers battus. Le chemin du goulag.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Tu as vraiment un sérieux problème d'ego Tanane. Tu ne peux pas le nier.

Anonyme a dit…

Mdr !

Meredith B. a dit…

Tu ne reviendras pas sur le chemin du goulag si tu ne le souhaites pas. Et puis il y a différents niveaux de "comme tout le monde". Oui peut-être que tu auras aussi la vie métro boulot dodo un jour, et que tu seras pourtant épanouie.

De toute façon Tanane, rappelle toi que tout ce que nous faisons est inutile. Nous sommes des singes accrochés à un caillou qui tombe dans l'espace. Alors voilà deux choix: abandonner tout de suite et viser le suicide collectif ou tenter de rendre notre séjour le plus agréable possible et tenter le tout pour le tout afin de faire ce que l'on désire le plus. Je vote pour la seconde option.