Bref, aujourd'hui il m'est arrivé un truc un peu anodin mais je tiens quand même à le relater pour parler du communautarisme qui me pousse à être presque méchante. Je mangeais mon sandwich, toute seule, en allant vers la salle pour le prochain cours quand une fille me demande ce qu'on a fait au dernier cours, d'un accent très prononcé. C'est une asiatique, et plus précisément, une blédarde. Donc je lui réponds qu'on a fait telle et telle chose. Bien. Prochaine question, "tu es née ici ?". OUI JE SUIS NEE EN FRANCE, oui. Et je pense que tu ne devrais pas m'adresser la parole juste parce que tu pensais que j'étais étrangère comme toi et qu'on aurait pu former une jolie petite bande avec les autres blédardes made in china. Franchement, c'est pas que je renie ma communauté mais c'est vraiment un truc que je déteste, ces tentatives de rapprochement parce que j'ai les yeux bridés (en plus en vrai ils sont même pas bridés, j'ai les yeux en amandes !!), ça n'a aucun sens. C'est comme au lycée où THE bande d'asiatiques se mettait toujours à côté de moi en tentant de me rallier à leur cause. A force, ça a développé une sorte de racisme modéré, dans la mesure où j'ai davantage de mal à me lier d'amitié avec des asiatiques, de peur qu'ils fassent partie de ces asiatiques qui traînent qu'entre asiatiques, ce qui pour moi, témoigne systématiquement d'un manque d'ouverture d'esprit. Mon raisonnemment est bien rapide, je sais, mais je peux pas m'empêcher de le penser. Surtout quand à la cantine, j'entendais la table d'une dizaine de chinois qui parlaient tous chinois entre eux. Pourquoi ils vont pas voir ce qu'il se passe en dehors, un peu ? C'est comme si c'était rédhibitoire, qu'ils pouvaient pas fréquenter des noirs, des arabes ou des blancs. Le communautarisme, c'est vraiment un truc qui me fait péter des câbles.
Bref, cela me conduit à parler des remarques que je subissais de la part de ma grand mère, qui me disait tout le temps des trucs genre "Pfff t'aurais pas pu prendre un blanc !" lorsqu'elle me voyait rentrer avec Jeremy. Je pense pas en avoir déjà parlé sur mon blog, mais j'ai longtemps souffert du racisme de ma grand mère, par rapport à ma relation avec Jeremy. En fait, il est vietnamien et guadeloupéen. Pour ma grand mère, tous les vietnamiens sont des cons, et les noirs, n'en parlons pas. Du coup, Jeremy c'était un peu le combo fatal. C'était assez difficile à vivre, il fallait encaisser les remarques et les discours pendant des mois entiers, mais je me suis dit que de toute façon, c'est pas elle qui vivait la relation. Alors j'ai pris l'habitude de ne plus répondre, de la laisser parler et finalement, aujourd'hui lorsque je rentre tard chez moi, elle m'engueule en me disant "J'espère que Jeremy était avec toi hein !!!!!!". Celui qui était mon pervertisseur est devenu, en quelque sorte, un gardien qui rassure ma grand mère de par sa présence à mes côtés. Je sais pas si sa vision des noirs a changé mais je suis soulagée d'avoir à subir de moins en moins ses remarques désobligeantes.
Concernant ma mère, elle n'a jamais été dans ce cas là et accepte mes moeurs modernes et européennes. En parlant d'elle, elle vient d'avoir une semaine de vacances et c'est une toute autre personne, agréable à vivre, attentive et enjouée. Je pense que ce n'est pas sa personne en elle-même qui est insupportable, mais plutôt son travail qui l'aliène littéralement. J'aurais bien aimé qu'elle s'épanouisse professionnellement, ou qu'elle continue d'être femme au foyer après la naissance de mon frère. Mais sans autre revenu, cela est bien sûr impossible. Elle a repris le boulot aujourd'hui et rien que ce matin, moi, habituée à lui parler un petit peu depuis ses vacances, lui parle de Gran Torino, que j'ai vu hier et que j'ai trouvé TROPTROPTROPTRPORTPORP bien (surtout les jeux de lumière dans certaines scènes, et puis Walt est trop drôle). Sa réponse : "Hm.", alors qu'il y a trois jours, elle m'aurait répondu avec enthousiasme, comme quand je lui ai parlé de Duch le maître des forges de l'enfer, que j'ai vu en présence du réalisateur jeudi, un film sur les khmers rouges. Le lendemain, elle m'avait rapporté le dvd de La Déchirure avec John Malkovich, qui porte sur le même sujet. Bref, je cohabite littéralement avec deux personnes.
C'est ainsi que je prends conscience de l'importance de son métier, et que ça me rend ouf de savoir qu'il y a des jeunes qui laissent tomber la fac pour travailler au McDo, comme s'ils allaient faire ça de toute leur vie. Et qui s'en foutent littéralement. Je comprends qu'on puisse ne pas être obsédé par l'idée de "BIEN" gagner sa vie, mais le travail ne devrait pas être considéré aussi dérisoire par certains jeunes car l'indépendance s'acquiert par l'interdépendance. L'indépendance, avant d'être dans l'esprit, est selon moi, avant tout matérielle. Cette indépendance matérielle s'acquiert donc par le travail, qui sert à d'autres, comme le travail des autres nous sert. En fait, vivre en société, c'est tout un système dont ceux qui ont pour vocation de servir des frites toute la journée, n'ont pas conscience, j'ai l'impression. Surtout qu'aujoud'hui, même si la reproduction sociale est encore très présente, on peut choisir le métier que l'on veut exercer, ce qui assez cool pour l'épanouissement perso. Si tout le monde pouvait faire le métier qu'il veut, ce serait magnificos *_* (moi testeuse de matelas, de pizza ou d'hôtel de luxe).
Bon, j'arrête mon discours à la sauce de poneys sucrés.
PS : C'est bon, je réussis un peu à parler aux gens, au fait ! :D

9 commentaires:
J'aime ces posts qui s'allongent. (Une manière alternative de te dire : j'ai lu cet article, et je l'ai beaucoup aimé)
J'ai justement parlé de Gran Torino aujourd'hui avec quelqu'un de ma classe.
J'adore ce film, je l'avais vu au cinéma et je n'avais pas pu m'empêcher de pleurer x)
Je suis contente d'apprendre qu'Edward soit avec Alice :) ( Félicitation mec, si tu vois mon message) Mais,comment s'en es t'il prit au faite ? (je suis bien curieuse)
Par rapport au temps,ça fait vraiment du bien d'avoir du soleil !
J'ai aussi regardé Gran Torino sur la 1 : l'expression " rebu de rizière" m'a tué.
Hasta la vista :)
C'est avec mon coaching ;)
Je travaille dans un fast food et je suis très épanouie, pour la première fois depuis que je te suis je ne suis pas du tout d'accord avec toi. Alors quoi ? Quand tu va bouffer dans un fast food les gens qui te servent sont des branleurs qui n'ont rien compris ? C'est un métier comme les autres, peut etre même assez compliqué au niveau physique. Bref, j'suis pas d'accord avec toi. ^^
Non mais ma mère ne travaille pas dans un fast food !
J'parle pas de ça... Tu parles des jeunes qui quittent la fac pour aller bosser a McDo... Y a pas de honte a travailler la dedans je trouve
Ahhhh oui pardon pour le malentendu !
Bah il m'est difficile de concevoir une vie épanouie si on passe les 50 prochaines années à servir des frites. Je ne parle pas de honte, loin de là.
J'ai juste l'impression que c'est plus aliénant qu'autre chose, car tu as beau avoir un contact avec les gens, tu n'es pas intellectuellement stimulé, c'est comme un travail de machine qui te fait perdre ton humanité (Marx en parle, pour les ouvriers).
Mais si tu te trouves épanouie dans ce que tu fais et que dans dix ans, ce sera toujours le cas, j'ai envie de dire HEUREUSEMENT POUR TOI !
Je dis pas que les jeunes comme ça sont des branleurs, mais je me demandais juste s'ils ont conscience de leur choix. Si c'est ton cas, tu m'as montré que oui alors :)
Je ne suis pas d'accord sur un point : celui du travail, voici pourquoi : la plupart des gens ne choisissent pas de travailler chez mcdo pour s'épanouir, ces personnes là ont besoin d'argent. Il y a aussi les étudiants qui travaillent chez mcdo, et qui face à l'attrait de l'argent finisse par abandonner leurs études. Si je te dis ça, c'est parce que je l'ai vécu, je suis étudiante et j'ai un job, et je laisse volontiers le job prendre les dessus sur mon statut d'étudiante, car même si je touche une bourse, c'est bien l'argent de mon travail qui me fait vivre. Et parfois, je suis mal financièrement, à ne manger que des ramens à 45 centimes chez Tang et fréres jusqu'au dégoût, et là je me dit : ouais mais si tu avais un 35h tu pourrais manger mieux et à ta faim.
Si je continue mes études, juste pour le plaisir, car je n'ai pas encore envie de rentrer dans la vie active, car je sais très bien que je finirait vendeuse (ou un autre métier du genre). Et même si certains racontent à tout va qu'ils ont choisis de travailler chez mcdo, ce n'est pas pour autant vrai, chacun à sa fierté et il est préférable de faire passer cela pour un choix que comme une obligation.
De plus, aujourd'hui, ce n'est pas avec un bac+5 qu'on décroche ce que l'on veut : ma collègue, BAC + 5, 30 ans (ou aux environs), trilingue, a longtemps galéré pour trouver un post en 25h en tant que... vendeuse de chaussures...
Et puis, il n'y a pas de sous métiers, si chacun devenait cadre notre société s’effondrerait, qui nous coupera notre viande, qui fera pousser nos céréales, qui préparera nos burgers fétiches ?
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